UNE AFFICHE ROSE
Vigne à vendre. Je ne verrai plus les enfants
qui venaient au pressoir avec des tabliers blancs.
Ils ouvraient la claie. Le père et la mère
riaient en leur disant : ici votre grand-père
s'asseyait pour tuer les grives du figuier...
Petit à petit, ces pauvres diables,
on ne sait trop comment, ils se sont ruinés.
J'appartiens maintenant à un créancier
qui me revend sans m'avoir vue. C'est un banquier.
L'après-midi, chez le notaire.
... Alors monsieur... C'est entendu? Monsieur Louvin ne lient plus sa parole, et ne veut plus donner à sa fille la dot qu'il avait indiquée?
LE NOTAIRE Eh non, monsieur...
FONDEAU
Eh bien, dites à monsieur Louvin que puisque c'est ainsi, j'irai chercher ailleurs, et qu'il est pour moi d'autres partis que sa fille. . .
LE NOTAIRE Mais non.... Réfléchissez La pauvre jeune fille...
FONDEAU On ne vit pas d'amour, monsieur, comme l'on dit.