RÉFLEXIONS SUR LA FÊTE OÙ 8 DÉCEMBRE
Le 21 juin de l'année 4314 , route ia ville d'Ephèse étail dans l'activité et dans l'anxiété. Deux cents et quelques Evêques présidés par le grand sant Cyrille d'Alexandrie, légat du souverain Pontife romain étaient réums dans l'église de Sainte-Marie. L'objet de cette solennelle assemblée était d'examiner et de condamner les erreurs enseignées par Nestorius, et en particulier sa croyance au sujet de la maternité de la sainte Vierge, à laquelle il refusait le titre de veritable Mère de Dieu. Cette erreur blessait au cœur ie peuple chrétien , auquel le titre contesté était particulièrement cher, et c'est pourquoi les habitants de la ville d'Ephèse, réunis autour de l'Assemblée épiscopale , attendaient impatiemment le résultat de ces délibérations. La session dura depuis le matin jusqu'au coucher du soleil ; mais rien ne put lasser la pieuse inquiétude des fidèles. Les uns, dans te sanctuaire de la famille, demandaient avec ferveur quel'hérésiarque Nestorius fût condamné et que Marie fût conservée dans la possession du titre de Mére de Dieu ; les autres, entourant l'église où les Evêques étaient réunis attendaient leur sortie pour connaître plus tôt ce qu'ils auraient prononcé. ii
Enfin la réunion se termina, et quand on sut que le :Æ Concile avait décidé que Marie devait être appelée Mère de # Dieu et prononcé l'anathème contre quiconque penserait autrement, tout le peuple fit entendre une immense acclamation de joie. Ce fut un spectacle plein d'émotion ; la tristesse fit place aussitôt à la plus vive allégresse. Toute la ville fut spontanément illuminée et parée de ses ornements de fête : des feux furent allumés sur les places publiques , et les Evêques furent reconduits à leur domicile par une multitude ivre de bonheur qui portait des torches allumées et répandait sur les pas des Pères du Concile des : parfums et des fleurs. Voilà le prodige que, au cinquième
ècle, produisit dans une grande cité la foi du peuple
chrétien et son amour pour Marie.
: Rome vient de voir un spectacle qui ne le cède en rien celui que nous venons de rappeler. Le dix-neuvième siècle 54. produit une fête qui n'honore pas moins la foi de ses Menfants et leur piété pour la Reine des cieux. Le nombre des Evêques rassemblés à Rome le 8 décembre 1854 était même qu à Ephèse. L'objet de leur réunion était aussi la Proclamation d'un des plus glorieux priviléges de Marie, de Mpelui qui est le fondement de tous les autres et sans lequel ææ titre même de Mère de Dieu ne lui eût pas été sans doute onféré par le Très-Haut. Comment Dieu aurait-il choisi pour #83 mère une créature qui eût pu être pour un seul instant la $ujette de Satan et la fille du péché? Non moins cher au peuple chrétien, le titre dont on vient d'assurer la posseson à la Reine des vierges était, depuis le berceau de Eglise , l'objet de la croyance universelle, et tous les siècles avaient soupiré après l'oracle qui en proclamerait l'irréfragable vérité. Comme à Ephèse, tout le peuple chrétien était ans l'attente et l'anxiété, demandant à Dieu que ses vœux ssent entendus et que Marie fût proclamée sans souillure t sans tache et immaculée dans sa Conception. Mais plus eureux que le pape saint Célestin, Pie IX pouvait présider i-même l'assemblée de ses frères les Cardimaux, les atriarches , les Archevêques et les Evêques de toute la rre, Il n'avait point à frapper un de ses frères dans l'épiscoat, et l'orgueilleux Nestorius n'avait point d'émule dans auguste assemblée de Rome. La gloire de Marie n'avait à e défendre contre personne, et dans cette victoire éclatante remportée par la Reine des cieux. il n'y a de vaincu que mpiété : l'enfer seul a frémi; l'Eglise tout entière a battu See es mains, et le dogme proclamé le 8 décembre dans la On, HAUTS" “basilique du Prince des apôtres par le Vicaire de Jésüse. Toute la christ, était proclamé d'avance par la voix de tous les Evé- ? ses One Mques et par les prières et les supplications ardentes de tous
laces publ Mes enfants fidèles de l'Eglise universelle. lomicile pat M Décrivons donc, autant que la chose est possible, une es torches te que tant de saints ont désirée, que tant de siècles ont Concile des appelée de leurs vœux, que tant de Pontifes ont désiré cinquième VW} donner à l'Eglise, et que le Seigneur , dans son infinie misé-