‹ Le Triomphe de Marie dans son Immaculée Conception [microforme]Chapitre 16 sur 39 · PIE ÉVÉQUE SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU · texte numérisé non relu

PIE ÉVÉQUE SERVITEUR DES SERVITEURS DE DIEU

Pour qu'il en soit toujours mémoire

Dieu , qui est ineffable, dont les voies sont la miséricorde la vérité, dont la volonté est la toute-puissance même, nt la sagesse atteint d'une extrémité jusqu'à l'autre irré- Bistiblement. et dispose avec douceur toutes choses, voyant “Mans sa prescience, de toute éternité, la ruine lamentable . “@e tout le genre humain, suite de la transgression d'Adam, ‘@ voulant, dans le secret de son conseil caché dès l'origine æs siècles , accomplir par le mystère plus caché encore de Pincarnation du Verbe, l'œuvre primitive de sa bonté , afin Que l'homme, poussé dans le mal par la perfidie de l’iniquité \Mbolique , ne périt pas contre le dessein de sa miséricorde, et que ce qui devait tomber dans le premier Adam fût relevé ns le second par un bonheur plus grand que cette inforne, choisit et prépara, dès le commencement et avant les ècles, une Mère à son Fils unique, pour que d'elle fait air il naquit dans l'heureuse plénitude des temps, et il ima entre toutes les créatures d'un tel amour, qu'il mit en

* Nous sommes heureux de recevoir à temps la Bulle dogmatique S. S. Pig IX sur l’Immaculée Conception , pour la placer à la fin Be cet opuscule, Trois cents millions de catholiques vont y lire avec ansport , dans les deux mondes. la parole de tous les siècles dans lle du successeur de saint Pierre,

elle seule, par une souveraine prédilection, toutes ses complaisances.

L'élevant incomparablement au-dessus de tous les Esprits angéliques et de tous les Saints ; il la-combla de l'abondance des dons célestes, pris au trésor de la divinité , d'une manière si merveilleuse, que toujours et entièrement pure de toute tache du péché, toute belle et toute parfaite, elle avait en

elle la plénitude d'innocence et de sainteté la plus grande

que l'on puisse concevoir au-dessor:: de Dieu et telle que, sauf Dieu , personne ne peut la comprendre. Et certes, il était tout à fait convenable qu'elle brillât tonjours des splendeurs de la sainteté la plus parfaite, et qu'entièrement exempte de la tache même dé la faute originelle, elle remportât le plus complet triomphe sur l'antique serpent, cette Mère si vénérable à qui Dieu le Père a voulu donner son Fils unique, engendré de son cœur, égal à lui, et qu'il aime comme lui-même , et le donner de telle sorte qu'il est naturellement un seul et même et commun Fils de Dieu le Père et de la Vierge , Elle que le Fils lui-même a choisie pour être substantiellement sa Mère , Elle de laquelle le Saint-Esprit a voulu que par son opération fût conçu et naquit Celui de qui lui-même procède.

Cette innocence originelle de l'Auguste Vierge si parfaitement en harmonie avec son admirable sainteté et avecla dignité sublime de Mère de Dieu , l'Eglise catholique, qui, toujours enseignée par le Saint-Esprit , est la colonne et l'appui de

la vérité , agissant comme maîtresse de la doctrine divi-

nement reçue et contenue dans le dépôt de la révélation céleste , n a jamais cessé de l'expliquer , de la proposer , de la favoriser tous les j jours de plus en plus par toutes les voies et par des actes éclatants. Cette doctrine, en vigueur depuis les temps les plus anciens, profondément gravée dans les âmes des fidèles et propagée d'une manière merveilleuse dans tout l'univers catholique par les soins et les efforts des Pontifes sacrés, cette doctrine , l'Eglise elle-même l'a, en effet , très-clairement enseignée lorsqu'elle n'a pas hésité à proposer la Conception de la Vierge à la vénération et au culte public des fidèles. Par cet acte solennel , elle l'a pré-

sentée pour être honorée comme extraordinaire , admirable, pleinement différente des comniencements du reste des hom-

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me et tout à fait sainte , car l'Eglise ne célèbre par des jours de fêtes que ce qui est saint. Et c'est pourquoi elle a coutume d'employer, soit dans les offices ecclésiastiques , soit dans la liturgie sacrée , les termes mêmes des divines Ecritures parlant de la Sagesse incréée et représentant ses origines éternelles , et d'en faire l'application , l'élection primordiale de cette Vierge, qui, par un seul et même décret , fut résolue avec l'Incarnation de la Sagesse divine.

Toutes ces choses, connues partout des fidèles, montrent suffisamment avec quel soin l'Eglise romaine, mère et maîtresse de toutes les Eglises, s'est appliquée à propager cette doctrine de l'Immaculée Conception de la Vierge ; mais cette Eglise, centre de la vérité et de l'uuité catholique, dans laquelle seule la religion a été inviolablement gardée et de laquelle il faut que toutes les autres Eglises empruntent la tradition de la foi, a une dignité et uae autorité telles qu'il convient d'en rappeler les actes en détail. Elle n'eut jamais plus rien à cœur que de soutenir , de protéger , de promouvoir et de défendre par les voies les plus éclatantes l'Immaculée Conception de la Vierge, son culte et sa doctrine. C'est ce qu’attestent et proclament tant d'actes solennels des Pontifes romains Nos prédécesseurs, à qui, dans la personne du prince des Apôtres , Notre-Seigneur Jésus-Christ a luimême divinement confié la charge et le pouvoir suprême de paître les agneaux et les brebis , de confirmer leurs frères , de régir et de gouverner l'Eglise universelle.

Nos prédécesseurs , en effet, se firent gloire d'instituer dans l'Eglise romaine, en vertu de leur autorité apostolique, la fête de la Conception avec un office et une messe propres, où la prérogalive de l'exemption de la souillure héréditaire était affirmée de la manière la plus claire et la plus manifeste. Ils s’attachèrent de plus à accroître l'éclat de cette fête et à propager par tous les moyens le culte institué, soit en l'enrichissant d'indulgences , soit en autorisant les villes, les provinces , les royaumes , à se placer sous le patronage de la Mère de Dieu, honorée sous le titre de lImmaculée Conception, soit en approuvant des confréries \ des congrégations , des communautés religieuses instituées en l'honneur de la Conception Immaculée , soit en excitant par leurs louanges la piété de ceux qui érigeaent des mo-

nastères, des bépitaux, des autels, des temples sous ce titre , ou qui s engageaient sous la foi du serment à défendre énergiquement l'Immaculée Conception de la Mère de Dieu. Ils furent surtout heureux d'ordonner que la fête de la Conception fût célébrée dans toute l'Eglise comme celle de la Nativité, et ensuite qu'on la célébrât avec octave dans l'Eglise universelle, puis qu'elle fût mise au rang des fêtes de précepte et saintement observée partout; enfin, que chaque année, le jour consacré à la Conception de la Vierge, il y aurait chapelle pontificale dans Notre basilique patriarcale libérienne, Désirant inculquer chaque jour plus profondément dans les âmes des fidèles cette doctrine de l'Immaculée Conception de la Mère de Dieu, exciter leur piété à honorer et à vénérer la Vierge conçue sans péché , ce fut avec une grand” .oie qu'ils permirent de proclamer la Conception Immaculée de la Vierge dans les litanies de Lorette et dans la préface même de la messe , comme pour établir la loi de la croyance par la loi de la prière. Pour Nous, marchant sur les traces d'un si grand nombre de Nos Prédécesseurs, nca-Seulement Nous avons reçu et approuvé ce qu'ils ont si sagement et si pieusement établi, mais encore, Nous souvenant de l'institution de Sixte IV , Nous avons revêtu de la sanction de Notre autorité un office propre de l'Immaculée Conception , et à la grande consolation de Notre âme, Nous en avons accordé l'usage à l'Eglise universelle.

Les choses qui appartiennent au culte tiennent étroitement et par un lien intime à l'objet même du culte, et elles ne peuvent se maintenir déterminées et fixes, si cet objet demeure dans un état de doute et d'ambiguité. C’est pourquoi Nos prédécesseurs les Pontifes romains, en mettant tous leurs soins à accroître le culte de la Conception , s'appliquèrent avec sollicitude à en déclarer et à en inculquer l'objet et la doctrine. Ils enseignèrent donc clairement et ouvertement que la fête avait pour objet la Conception de la Vierge, et ils proscrivirent , comme fausse et contraire à l'esprit de l'Eglise, l'opinion de ceux qui pensaient et affirmaient que ce n'est point la Conception, mais la Sanctification que l'Église honore. Ils ne crurent pas devoir agir avec plus de ménagement envers ceux qui, pour ruiner la doctrine de l'Immaculée Conception de la Vierge, avaient ima-

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giné une distinction entre le premier et le second instant ao la Conception, disant que l'Église, à la vérité, célèbre la Conception, mais qu'elle n'entend pas l'honorer dans son premier instant ou premier moment. Nos prédécesseurs, en effet, regardèrent comme leur devoir de protéger et de propager avec le plus grand zèle, non-seulement la fête de la Conception de la Bienheureuse Vierge, mais encore la doctrine que la Conception, dès le premier instant, est le véritable objet de ce culte. De là ces paroles tout à fait décisives par lesquelles Notre prédécesseur , Alexandre VIT,

déclara la véritable intention de l'Eglise « C’est l'ancienne

et pieuse croyance des fidèles chrétiens, que l'âme de la Bienheureuse Vierge Marie, dès le premier instant de-sa création et de son union au corps, a été , par grâce et privilége spécial de Dieu, et en vue des mérites de Jésus- Christ, son Fils, Rédempteur du genre humain, préservée et exempte du péché originel, et c'est en ce sens qu'ils honorent et célèbrent avec. solennité la fête de sa Conception (1). » ;

Nos prédécesseurs s'attachèrent surtout , avec un soin jaloux et une vigilance extrême, à maintenir inviolable et à l'abri de toute attaque la doctrine de l'Immaculée Conception de la Mère de Dieu. Non-seulement ils ne souffrirent. jamais que cette doctrine fût en aucune façon censurée et outragée ; mais allant beaucoup plus loin, ils proclamèrent, par des déclarations formelles et réitérées, que la doctrine en vertu de laquelle Nous confessons l’Immaculée. Conception de la Vierge, est pleinement en harmonie avec le culte ecclésiastique ; et que cette doctrine antique et universelle, telle que l'Eglise romaine l'entend, la défend et la propage, est digne à tous égards d'être formulée dans la Sacrée Lithurgie elle-même et dans les solennités de la prière. Non contents de cela, pour que cette doctrine de la Conception Immaculée de la Vierge demeurât inviolable , ils défendirent, sous des peines sévères, de soutenir soit publiquement , soit en particulier, la doctrine contraire, voulant par les coups répétés portés à cette dernière, la faire succomber. Et afin que ces déclarations éclatantes et réitérées ne parussent

{») Alesandre VIS, Const. Sollicitudo omnium Ecciesiarum, 8 décembre 1665.

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pas vaines , ils les revêtirent d'une sanction. Notre prédécesseur Alexandre VII, que Nous venons de citer, a rappelé toutes ces choses en ces termes :

« Considérant que la sainte Eglise romaine célèbre solennellement la fête de la Conception de Marie sans tache et toujours Vierge, et qu'autrefois Elle avait ordonné un office propre sur ce mystère , selon la pieuse et dévote disposition de notre prédécesseur Sixte IV ; voulant à Notre tour favoriser cette louable dévotion , ainsi que la fête et le culte qui en est l'expression , lequel n'a jamais changé dans l'Eglise romaine depuis qu'il a été institué, et désirant, à l'exemple des Pontifes romains Nos prédécesseurs, protéger et favoriser cette piété et cette dévotion qui consistent à honorer et célébrer la Bienheureuse Vierge comme ayant été, par l'action du Saint-Esprit, préservée du r éché origine] ; enfin, pour conserver le troupeau du Christ dans l'unité d'esprit et dans le lien de la paix, pour éteiadre les dissensions et faire disparaitre les scandales ; sur les instances et les prières des Evêques susnomniés , unis aux chapitres de leurs Eglises , ainsi que sûr les instances et les prières du Roi Philippe et de ses

royaumes , Nous renouvelons les constitutions et les décrets

que les Pontifes romains, Nos prédécesseurs, et spécialement Sixte 1V, Paul V et Grégoire XV ont portés en faveur du sentiment qui affirme que l'âme de la Bienheureusc Vierge Marie, dans sa création et dans son union avec le corps, à été pourvue de la grâce du Saint-Esprit et préservée du péche originel, et aussi en faveur de la fête et du culte de la Conception de la même Vierge, Mère de Dieu , lesquels lui sont offerts comme il est dit plus haut dans Île sens de cette doctrine , et Nous commandons que l'on garde lesdites constitutions et décrets sous les peines et censures qui y sont spécifiées. :

« En outre, quant à tous et à chacun de ceux qui cherchent à interpréter ces constitutions et décrets de manière à diminuer la faveur qui en résulte pour la doctrine en question , et pour la fête ou le culte rendu dans le sens de cette doctrine , ou qui s'efforcent de mettre en discussion cette doctrine ou ce culte, ou d'en faire l'objet de leurs attaques, soit directement, soit indirectement , même sous le prétexte d'examiner si cette doctrine peut être définie, de commenter

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ou d'intérpréter d'Ecriture sacrée , ou les Saints Pères, ou les Docteurs ; tous ceux, en un mot, qui auraient l'audace, par quelque motif que ce puisse être et de quelque façon que ce soit, de parler , de prêcher, de traiter, de disputer contre elle, par écrit ou de vive voix, en déterminant ceci ou cela, en affirmant , en faisant valoir des arguments ou en laïssant sans solution les arguments allégués , ou quel que puisse être le moyen employé dans le même but ; quant à tous ceux-là, outre les peines et censures contenues dans les constitutions de Sixte IV, auxquelles Nous entendons les soumettre et les

soumettons par les présentes, Nous voulons que, par ce

seul fait et sans autre déclaration , ils soient privés du pouvoir de prêcher, ce professer ou d'enseigner et d'interpréter, ainsi que de toute voix active ou passive dans toute élection : ils seront donc ipso facto, et sans autre déclaration, frappés à perpétuité d'incapacité de prêcher , professer , enseigner et interpréter , et ils ne pourront être absous ou dispensés de ces peines que par Nous-mêmes ou par nôs successeurs; et Nous entendons les soumettre encore aux autres peines que Nous ou les Pontifes romains Nos successeurs pourront leur infliger, comme Nous les y soumettons par les présentes, renouvelant les constitutions ou décrets ci-dessus rappelés de Paul V et de Grégoire XV. »

:« Quant aux livres dans lesquels la doctrine susdite, la fête ou le culte rendu dans le sens de cette doctrine, setrouverait révoquée en doute, ou dans lesquels, en quelque manière que ce soit, quelque chose serait écrit contre elle, ou qui contiendraient des discours, disputes ou traités destinés à la combattre , Nous prohibons tous ceux qui ont été publiés postérieurement au décret cité de Paul V ou qui seratent publiés à l'avenir , et cela sous les peines et censures spéciliées à l'index des livres prohibés, et Nous commandons'et

voulons qu'ils soient tenus et considérés comme expressé-"

ment prohibés ipso facto et sans autre déclaration. ». Tout le monde sait avec quel zèle cette doctrine de FImmaculée Conception de la Vierge Mère de Dieu a été professée , soutenue et défendue par les ordres religieux les plus illustres, par les académies de théologie les plus célèbres et par les docteurs les plus versés dans la science sacrée. Tout le monde sait également combien les Evêques ont toujours

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