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L'histoire nous dit qu’à la fin du quatorzième et au com. mencement du quinzième, il y eût un grand schisme en Occident. Il y avait des Papes à Avignon, et Rome avait les siens. Ces Papes se lançaient mutuellement des anathêmes. Durant ce schisme, les chrétiens étaient divisés en deux obédiences : les uns obéissaient aux Papes d'Avignon, les autres aux Papes de Rome. Il est vrai que eette obéissance soit aux Papes illégitimes ou aux Papes légitimes a produit des Saints, tant d'un côté comme de. l’autre. Mais cela n'empêche pas de penser et de croire que los chrétiens attachés aux Papes d'Avignon regardaient leurs frères obéissant aux Papes de Rome comme n’appartenant pas aux successeurs légitimes de Pierre, et que les chrétiens romains faisaient de même par rapport à leurs frères d'Avignon.
Les chrétiens d’alors étaient-ils responsables de ces dissendences entre les représentants de l’autorité relig'euse ? Non. Ils s’attachaient à la doctrine sainte de l'Eglise et prati. quaient les vertus qu'elle commande. Voilà pourquoi ce schisme n’affectuit nullement le lien moral qui constitue l'unité chez les chrétiens catholiques.
Ces chrétiens se trouvaient en présence de deux Papes. Ils écoutaient celui que leur conscience leur disait d'écouter.
Quant à nous, co ne &--t pas les Papes de Rome ni les Papes d'Avignon qui nous demandent l’obéissance. C’est, d’un côté, le libéralisme qui est parvenu à tromper le Préfet de la Propagande au point de le forcer à nous ordonner de regarder comme une illusion les atteintes portées par ce mal moderne à la vie politique, à la vie sociale, à la vie religieuse du peuple canadien. C’est, d'un autre côté, la sainte doctrine de l'Eglise et les droits inviolsbles de la raison humaine dans ses frontières.
Notre condition est pire que celle dans laquelle étaient les chrétiens du granü schisme d'Occident. Ils avaient à choisir entre des Papes qui d’ailleurs étaient aussi bons les uns quo les autres.
Mais les bons catholiques de ce pays sont convaincus que Rome a été trompée par les représentants du libéralisme canadien qui ont plaidé devant la Propagande, et ils savent à quoi s’en tenir.
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Ils comprennent qu'ils n'ont pas à choisir, malgré les foudres du libéralisme triomphant en Canada. Ils obéissent, c'est-à-dire qu’ils adhèrent plus que jamais à la doctrine de Mgr. Bourget et de Mgr. Lafièche, laquelle est la véritable doctrine de l'Eglise.
Ce n’est pas de notre faute si l'autorité religieuse se divise. Qu'on laisse au moins aux bons catholiques de cette Province leur qualité d'êtres intelligents. Car sans cette qualité, la foi à ce que croit et enseigne l'Eglise et la soumission à la discipline de cette bonne mère, seraient absolument impossibles.
Je ne désobéis pas en écrivant et en publiant cet ouvrage. Mes lecteurs ne désobéissent pas en le lisant.
Au dix-septième siècle, lorsque Galilée lançait l’astronomie dans des voies nouvelles, on l’a accusé d’être en contradiction avec le récit biblique. On l’a excommunié ; on a ordonné aux fidèles de ne pas avoir de communication avec lui ; on le plongea dans de sombres cachots, et il fut contraint d’'abjurer à genoux ses doctrines. Tout cela était le fait de théologiens, prêtres, évèques et même cardinaux.
Pourtant Galilée avait raison. Sa vaste intelligence avait enrichi la science des plus belles conquêtes. Mais l'autorité infaillible, sachant toujours respecter lu frontière du domaine propre de la raison humaine, n'a jamais repoussé les données scientifiques de Galilée. Néanmoins les représentants de l'autorité religieuse, qui croyaient voir une contradiction entre la science de Galilée et les Saintes-Ecritures, ont publié des lettres et mandements pour obliger les chrétiens d’alors à repousser les doctrines de ce grand savant. Ceux qui comprenaient que le père de l'astronomie moderne était dans le vrai. exerçait sa raison dans un ordre de choses appartenant exclusivement au domaine de l'intelligence, se trouvait bien loin de choquer quoi que ce soit dans la Bible, ceux-là, dis-je, étaient-ils tenus de ne pas regarder comme injustes et comme criminelles tous les épreuves dont on accablait cet illustre astronome ?
Ils obéissaient ; ils donnaient leur adhésion à cet enseignementde l’Eglise qui dit de respecter les frontières du domaine de l'intelligence, Ils ne pouvaient s'empêcher de voir en les persécuteurs de Galilée des violateurs des droits de la conscience et de la pensée.
Eh bien! nous faisons de même par rapport aux représentants de l’autorité religieuse qui veulent quand même le triomphe du libéralisme canadien.
Ce libéralisme est comme un voleur qui nous enlève tout ce que nous avons de plus précieux. Il va à Rome et affirme qu’il n’est pas un voleur et qu'il est bon garçon; il a recours à l'hypocrisie et au mensonge pour établir son affirmation. La Propagande se laisse surprendre, comme la chose est arrivée quelquefois dans tous les temps et arrive encore aujourd’hui sans que pour cela l'autorité de cette Congrégation soit diminuée, et, en vertu d’un jugement ainsi obtenu, on nous impose le silence et l’ordre de demeurer inactifs, à nous qui sommes volés!
Nous sommes sur le terrain de la saine doctrine de l'Eglise ; nous voulons que les droits de la pensée soient respectés. Personne ne peut nous forcer à abandonner ce terrain et à fouler aux pieds ces droits.
Nous avons la conviction que deux représentants de l’autorité religieuse en Canada, Mgr. l’Archevêque de Québec et Mgr. l'Evêque de Montréal, prennent tous les moyens, en
) vue de favoriser le libéralisme et l'Université Laval, de nous " faire sortir de ce terrain et de nous contraindre à mécon- | naître ces droits.
Pouvons-nous faire autre chose que de nous dire les uns aux autres de serrer les rangs pour resister à ceux qui viennent nous causer du mal.
Je regrette beaucoup d’avoir éte dans la nécessité de mettre en évidence les personnes vénérables de Mur. l’Archevêque de Québec et de Mgr. l'Evêque de Montréal.
Mais il m'x fallu mentionner les noms de ceux qui sont | causes du mal dont nous souffrons aujourd'hui. | Maintenant, lecteurs, il ne faut pas nous contenter de | toutes ces considérations sur le mal dont nous sommes at-
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Le libéralisme est sur le point détendre sa domination sur notre pays ; dans quelques instants, il sera maître de nous, si nous ne redoublons de courage et d'attention.
Levons-nous donc et allons sur le sommet de la véritable doctrine de l'Eglise, allons sur le roc immuable de l’infaillibilité de l’enseignement de l'Eglise, allons sur les hauteurs des droits de la raison humaine. Allons tous sur ces hauteurs et là nous serons invincibles,
Tous ensembles, cherchons la route qui nous mène sur ces places élevées et imprenables ; voyons si à la clarté de la démonstration des six propositions suivantes, nous pourrions y arriver.
Dans autant de brochures, nous nous avancerons guidés par la démonstration do ces six propositions.
lo. Nous ne désobéissons pas en prenant les moyens de rester sur le terrain de l’orthodoxie catholique et de revendiquer les droits méconnus de l'intelligence.
20. Le libéralisme professé par le parti libéral canadien est le libéralisme condamné par l'Eglise. Pour le prouver, nous déterminerons les notes, les marques, les caractères du libéralisme considéré en lui-même, ensuite nous verrons si ces notes, ces marques, ces caractères sont identiques avec les principes et les actes du parti libéral cauadien.
30. Le libéralisme canadien n’est pas maitre de la politique comme le libéralisme européen.
40. M. L. O. David, rédacteur de la Tribune, ne peut pas avec droit nous accuser de libéralisme, comme Ini et le parti libéral canadien l'ont été.
5o. L'Université Laval abat le vol de l'esprit a Montréal.
6. Les protestants n’ont pas raison de se scandaliser de nos luttes actuelles.
Je lisais dans un livre très-intéressant “ qu’un journal “ doit êrte en même temps une œuvre de guerre et une ‘œuvre de paix.”
Tel est le travail que je viens d'entreprendre. Je combats l'erreur; je veux que la vérité triomphe. C’est un devoir et un honneur de servir la cause du bien.
Je ne crains pas ceux qui s’irriteront contre ma franchise. Je ne reculerai pas devant les obstacles que la malice hu-
maine peut me susciter, et je continuerai mon œuvre comme si tout le monde me donnait son approbation.
J’avertis le lecteur que je n’ai pas le temps de m'occuper de la forme de rette ouvrage.
Le lecteur sera indulgent. S'il voit des fautes contre le style et même contre lu grammaire, je le prie de ne pas m'en tenir compte et de les laisser aux soins du chroniqueur de “ La Patrie.”
Ce chroniqueur est un esprit léger ; il veut amuser le publie, et il ne voit pas que ce public rit à ses dépens.
Des hommes superficiels comme cela sont malheureusement très nombreux.
Mais le philosophe les juge suivant leur valeur.
Si ces personnes, qui visent à faire de l'esprit, obtiennent quelquefois du succès auprès de la foule ignorante, le savant ou le penseur sérieux, n’en est nullement affecté, quand bien même il serait l’objet de leurs insultes,
L'œuvre que j'entreprends m'entraine dans de grandes dépenses.
Je demande à tous ceux qui liront cette première partie de mon ouvrage de bien vouloir m’accorder chacun une souscription d’une piastre pour me permettre de rencontrer le cout d'impression des brochures subséquentes. Ces brochures seront envoyées gratis à tous ceux qui voudront bien m'aider.
Où adressera au No. 119 rue Ste. Marie, Montréal, pour souscription ou pour information.
Si on me donne beaucoup d’encouragement, je publierai tous ces documents qui prouvent péremptoirement que le parti libéral canadien ne peut pas se concilier avec une conscience qui à le véritable sens catholique.
Je ferai de même par rapport à la question de la succursale de l'Université Laval, à Montréal.
Unissons-nous tous ensemble pour combattre un mal public. Anéantissons le libéralisme !
Faisons le bien, ne soyons pas lâches comme les libéraux,
N'ayons pas peur de nos ennemis.
Ils appellent le progrès, et ils mènent à la ruine ceux qui les suivent,
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Nous voulons le progrès, mais nous ne tuons pas la liberté pour le réaliser.
Ils séduisent le peuple par de grands mots, et ils le font mourir de faim.
Nous aimons que le peuple soit établi dans l'intégrité de ses droits, et il se voit prospère et heureux lorsqu'il marche dans notre voie ;
La voie des libéraux parait entourée de fleurs, et si on les guit on ne tarde pas de s’apercevoir qu'ils s’'avancent dans un chemin qui conduit à la mort.
Nous restons avec Celui qui à dit : je suis la voie, la vie et ja vérité.
Nous marchons avec le Christ et ceux qui viennent avec nous ne sont pas dans les ténébres.
Lecteurs, je vous dis au revoir.
Dans une couple de semaines, nous aurons le plaisir de nous rencontrer encore, espérant que nous serons toujours bons amis.