‹ Le Trional: Son action hypnotiqueChapitre 8 sur 25 · I. — Observalions des auleurs · texte numérisé non relu

I. — Observalions des auleurs

Avant de donner le résumé de nos observations personnelles, il nous semble intéressant d'examiner succinctement les travaux des différents auteurs qui ont expérimenté le trional.

BARTH ET RUMPEL donnérent du trional 72 fois chez 40 malades, et ils ont choisi à cet effet des malades qui supportalent l’action du sulfonal.

La plus forte dose a été de 3 grammes en une fois et de 4 grammes fractionnés.

Dans 64 cas on a obtenu le sommeil ; les huit autres cas ont été sans résultat. Le trional à agi tantôt mieux, tantôt moins bien que le sulfonal.

H a complétement échouë dans le deliriuin tremens.

SCHULTZE à expérimenté chez 76 aliènés : 20 mania ques, 15 paralysés, 8 aliénés, 16 mélancoliques, 17 faibles d'esprit.

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Chez tous les malades qui ne présentaient pas une violente excitation, il a obtenu un bon sommeil ; chez ces derniers il n’a obtenu qu'une certaine accalmie.

La dose employée variait de 1 à 4 grammes.

Horvaru lexpérimenta 70 fois, à la dose de 1 à 2 grammes chez 27 malades atteints d’hystérie, de manie, de paralysie générale, de mélancolie, et n’en obtint pas de bons résultats. Peut-être faut-il attribuer cet insuccès à ce que les malades soumis à ce traitement, couchés dans la salle commune, étaient sans cesse réveillés par les bruits que faisaient les autres malades. Dans les cas où il obtint un résultat, il se manifesta au plus une heure après.

SCIIŒFFER, avec des doses de 0 gr. 50 à 4 grammes, obtenaït un sommeil moyen de six à dix heures en 15 à 20 minutes.

Il eut 14 pour 100 d’insuccès, et constata dans quelques cas des troubles légers au réveil: titubation, vertige, signe de Romberg.

Chez 13 malades il y eut des troubles intestinaux : nausées, anorexie, vomissements.

Schæffer attribue au tétronal une action sédative plus marquée que pour le trional.

Ramonr, sur 51 malades de l’hospice d’aliènés de Rome, obtint toujours un sommeil de 6 à 8 heures sans aucun trouble.

Les 75 cas, où BœTriGEr donna le trional à la dose d’un à 4 grammes en une seule fois, étaient :

16 cas d’insomnie simple : le sommeil fut obtenu en 4 à 5 quarts d'heure, d’une durée moyenne de 6 à 9 heures, profond, calme, non interrompu et sans rêves.

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G cas d’insomnie due à des douleurs : son action fut très minime. Il ne se montra aucunement sédatif.

2 cas de morphino-cocaïnisme : bons résultats.

Les autres malades étaient des fous agitès chez lesquels l’action fut inconstante et des paralytiques généraux qui se laissérent peu influencer par le trional.

Les 7 insuccés qu’il a notès sont peut-être. dus à la faiblesse de la dose (1 gr.).

A Ja clinique de Sienne, le trional fut administré par RaïMoNpr et MaRroTrini, à la dose de 1 à 3 grammes chez 19 malades communs, atteints d’insomnie pour des causes diverses. À la dose de L gramme DS M 0 D MC produit chez 10 individus un sommeil de 6 à 8 heures, et à la dose de 2 grammes à 2 gr. 50, un sommeil de 7 à 9 heures chez les 9 autres individus.

Les mêmes auteurs l’administrérent 69 fois sur 8 aliènes (manie alcoolique, manie simple, manie puerpérale, dèmence avec état dépresssif) et obtinrent les mêmes résultats qu'avec les malades ordinaires.

SCHLANGENHAUSEN le préfère dans les psychoses chroniques que dans les psychoses aiguës.

BRIE a expérimenté sur des aliénés atteints de dépression avec insomnie rebelle : sommeil calme de 8 heures en moyenne avec une dose de 1 où 2 grammes d'emblée qu’il abaissait ensuite à 1 gramme; bons résultats aussi dans 8 cas avec phénomènes hallucinatoires, mais dans les cas d’excitation maniaque cet auteur échoua toujours, de même qu'avec les autres hypnotiques d’ailleurs.

BEYER, qui l’a essayé dans l’insomnie simple et neurasthénique et chez les aliénés, lui croit l’opium supérieur,

pe

mais se trouve bien de l’association des deux médicaments lorsqu'il y à de la douleur.

I à notè dans deux cas des symptômes d'intoxication : malaise grave, vomissements, cyanose ; dans cés deux cas on avait donné le trional à doses fractionnées, dans le courant de la journée, sans que la dose totale eût dépassé la dose ordinaire. É

HAMMERSCHLAG, avec des doses de 1 à 3 grammes, avait aussi de bons résultats chez les aliènés : les paralytiques généraux, qui étaient des plus rebelles à l'action du trional, fournissaient encore 83 0/0 de succés; les morphino-cocaïnomanes 88 0/0. Jamais il n’a observé d'accidents.

RANDA à prescrit, dans 48 cas d’excitation maniaque, de à 3 grammes de trional pendant 2 mois.

Il n'obtint jamais de résultats avec des doses inférieures à 1 er. 1/2; au-dessus de 1 gr. 1/2 le sommeil était de 5 heures environ quand il y avait une grande excitation, et de 8 heures quand elle était moindre. Dans la journée les malades étaient somnolents. Dans (rois cas où le chloral avait échoué le trional donna de bons résultas.

Korpers s'en estaussi bien trouvé chez les aliénés, ainsi que Cozcarz à lPhôpital d'aliénés de Niederschænhausen et GArxIER à l'asile de Dijon.

Peraxpa et CaiNER Pont expérimenté à l’hôpital San Giacomo de Vérone. Ils se sont servi de doses moyennes de 4 à 2 grammes sans jamais dépasser la dose de

4 grammes fractionnée et de 5 grammes en une seule

fois.

Voici le résumé de leurs observations :

1° Dans quatre cas de paralysie générale : effets très inconstants, et en rapport inverse avec l’état d’excitation du malade. Dans un cas cependant le trional se montra supérieur au sulfonal et à 4 grammes d’hydrate de chloral.

20 Dans deux cas de pseudo-paralysie alcoolique on obtint un sommeil de 6 heures et une sédation marquée alors que le chloral avait donné très peu de résultats.

3° Dans trois cas de démence alcoolique, le sommeil fut de 8 heures en moyenne avec 2 grammes de trional. Les hallucinations disparurent, et dans l’un des cas on remarqua au bout de quinze jours une amélioration dans la sphère psychique.

4 Dans trois cas de démence hystérique les résultats furent très inconstants contre l’insomnie et nuls contre l'agitation.

5° Dans cinq cas de démence épileptique il procura le sommeil, sans avoir d'influence sur les accès, et en entretenant chez les malades un état de profonde stupeur.

6° Bons résultats comme sédatif et comme hypnotique dans trois cas d’excitation maniaque.

7° Dans trois cas de mélancolie il suffit de petites doses pour produire de bons résultats.

S° Dans un cas de neurasthénie, on obtint un sommeil de 9 heures, mais il y eut des troubles qui en firent cesser l'emploi.

En résumé le trional procura un sommeil moyen de 8 heures, en 1 heure avec 1 gramme, en 20 à 25 minutes

avec ? grammes à 2 grammes.

PNR LE De

Dans cinq cas seulement on observa quelques troubles d'ivresse qui se dissipérent rapidement.

KRAUSS eut de bons résultats avec de petites doses (0,50 à 0,65) dans quinze cas (goiître exophtalmique, épilepsie, hystérie, névralgies). Dans les cas de névralgies faciales où intercostales il se trouva bien de son association à l’acétanilide.

Les 100 observations de MArTIsox se rapportent surtout à des malades habituës au chloral, à lopium ou la cocaïne, Les doses furent de 2 grammes, 2 gr. 50.

Dans les 90 cas où il v eut un bon résultat, le sommeil, qui durait de 4 à 11 heures, se produisit en 4 à 4 heures.

Chez deux morphinomanes dont un l'était depuis 12 ans et un chloralomane, la guérison S’obtint rapidement.

BELLAMY s’est surtout attaché à combattre avec le trional le delirium tremens. Voici le traitement qu'il preserivait : ! gr. 2 de trional avec 0 gr. 6 de teinture de capsicum pour hâter l'absorption du médicament et un bain chaud refroidi progressivement. Si, au bout d’une demi-heure on n'avait pas de résultats, on administrait 0 gr. 6 de trional et enfin encore 1 gr. 2 si le sommeil n'était pas apparu au bout d'une heure. Il à toujours obtenu de bons résultats du trional tant comme hypnotique que comme sédatif, et même, selon lui, comme antipyrètique, la température n'étant jamais montée audessus de 380,9,

CLaus s’en est bien trouvé chez les enfants à des doses de 0 gr. 20 à 1 gr. 50 dans tous les cas d'insomnie due à

des affections du systéme nerveux, dans la chorée, les

terreurs nocturnes, dans les accidents de la dentition, la rougeole, etc.

Une seule fois, chez un enfant de cinq ans qui en avait . pris 0 gr. 75, il observa un certain degré d’ataxie qui disparut bientôt.

Les observations du D' Voar se rapportent à des neurasthèniques : sommeil de 6 à 8 heures en 10 à 20 minu-

Celles du D' Worms ont trait à trois neurasthéniques et à un goutteux qui en tirérent de bons effets.

Le D' Duauer, chez treize malades, a obtenu un sommeil moyen de 6 à 9 heures. Il y eut insuccès complet, avec. 1 gramme à 1 gr. 50, chez trois malades atteints de rhumatisme articulaire aigu, de pleurêsie et de cirrhose atrophique.

M. PÈRIER l’a essayé chez trois malades : l’un opéré | d’hèmorrhoïdes : D heures de sommeil; l’autre atteint d’arthrite tuberculeuse : 6 heures de sommeil et le troisième de scapulalgie : sommeil durant fout la nuit.

Enfin tout récemment le D' (ALLIARD à réuni dans son service 40 observations chez différents malades (grippe, bronchite aiguë et chronique, phtisie pulmonaire, affections cardiaques, néphrite chronique, aleoolisme, morphinomanie).

Le sommeil moyen fut de 6 à 10 heures exceptè chez les tuberculeux toussant beaucoup qui paraissent plus rebelles au médicament (5 insuccès sur 15 malades).

Outre ces cinq insuecès il y en eut encore deux, l’un

chez nne mitrale asystolique, l’autre dans une bronchite

chronique. Chez ces deux malades le sulfonal avait également échoué.

C'est dans le même service de Tenon que nous avons pu, grâce à l'extrême bienveillance de M.le D' Galliard , prendre les observations que nous allons maintenant résumer.

Les observations VIT, XXI, XXVI et XXX ont déjà èté rapportées en partie dans un travail de M. le D’ Galliard (Méd. Mod., 1895, n° 40).

IT. — Observations personnelles.

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