Uilloud-Varennei à Dunton, Rev, de Paru, xui, p
trouva au lieu de Tarmée de 40.000 hommes, dont le Moniteur avait pompeusement annoncé la formalion, que quelques centaines de volontaires de nouvelle levée, auxquels il fil distribuer une instruction pour établir \\\ police et la discipline intérieure et prendre un ordre de service suivi. Le général Dubouquet, désigné pour conunander une des divisions de Tannée des Pyrénées, attendait tranquillement Servan. Cette armée, qui n'existait que sur le papier, ne recevait de Paris que des papiers, ordres, décrets, circulaires. Elle avait des archives avant d'exister. Le 18 novembre, Liclos reçoit un « ordre à observer pour faire connaître au Minis- » tre de la Guerre la situation des troupes de la » République. » C'est au Ministre, répond-il, qu'il faut la demander. « Le dernier article de l'ordre, por- » timt que les officiers, qui ne se conforment pas » aux dispositions qu'il prescrit, seront suspendus » de leurs fonctions, je vous prie de vouloir bien » m'autoriser, par une lettre officielle, à ne vous » rendre que le compte des objets dont je puis A avoir connaissance. Je ne néglige rien, je vous as- » sure, pour monter la besogne dont je suis chargé. » J'ai fort à cœur de vous convaincre de mon zèle et de » mou dévouement au service de la République et » îi la gloire de ses armes. »
Pour rinslant, il ne peut s'occuper <c que de la » faible garnison de la ville de Toulouse », où luimême fait fonction de commandant de place. Il faudrait 60.000 hommes aux Pyrénées, savoir 50.000 hommes disponibles et 10.000 pour les garnisons. Pache lui annonce enfin une compagnie de Chasseurs de Paris, section du Louvre, et une escouade de rarlillerie de ligne. Mais où sont la Légion des honunes libres de couleur, la Légion germanique
des hussards el dragons, les quatre bataillons de la (lironde et du Lot-et-Garonne, celui du Lot, enfin les trois régiments de ligne, tirés des divisions du nord, qu'on lui avait promis à Paris? CV*st douze régiments de ligne qu'il lui faudrait, comme à une autre armée, pour les embrigader avec les troupes nationales, « car Texemple seul peut suppléer h » rexpérience ». On lui a donné un payeur, ei il n'a pas d'argent! un arsenal, et il n'a pas de munitions ! Voici, d'après le commissaire-ordonnateur en chef Ilion, le tableau des différents services de l'armée des Pyrénées:
« Artillerie, — Personne.
» Lils Militaires, — Le citoyen Jossaiid, gardemagasin, un piètre sujet qu'on dit vendu à l'arislocralir.
» Ustensiles Militaires, — Pour cas4Tnes et corps de garde, la citoyenne Cazeneuve, garde-magasin, vieille femme qui n'entend rien \\ son affaire et qui n'a à s;i disposition qu'un las de vitaux ustensiles pour ia plupart hors d'élat de service 4ït qui met sans cesse le soldat dans |le cas de se plaintirc ou de se passer des choses les plus nécessiiiri^s.
>> Campements, — Rien n'arrive; le garde-magasin est retenu a Paris, je ne sais pourquoi.
» HôpitaiLV, — Qui que se soit ne s'est montré.
» Etapes, — Cette vieille Ca/xMieuve chargée des ustensihis d(^ casernements. Ce sera un service bien fait.
» Pour les viandes froides et salées, — Je ne connais personne.
» Aux vivres, — Le citoven Rote vient d'être suspendu par le directeur Clément arrivé de Montpellier.
M Aux fourrages, — Le citoyen Lides, arrivé il y
a deux jours deCarcassonnc, est au courant. J'observe qu'il est défendu à ce Directeur de vivres et à cet Inspecteur des fourrages de rien acheter*. »
En désespoir de cause, Laclos écrit à « Tami Licuée », qui est à Bayonne, pour le prier de venir conférer avec lui sur la situation.
Lîicuée répond qu'il va venir; «mais ce sera pour « nous convaincre mutuellement de notre impuis- » sance à faire le bien que vous désireriez.... La » bureaucratie, pour tout faire ou faire faire par elle- » même, s'est réemparée de tout : ce n'est pas ainsi » qu'on a sauvé la France du 10 août au 20 sep- » tembre, mais aussi alors des militaires tenaient le » limon et, aujourd'hui, h peine leur laisse-t-on la » manoeuvre ; peut-être, en suivant celte route, » économisons-nous un peu d'argent, mais je doute » que nous acquerrions de la gloire. » Pas d'artillerie, pas de subsistances, pas de fourrages, pas de fusils ; « on nous en retirerait si nous en avions » ; pas une once de poudre ; ni guérites, ni capotes pour les sentinelles, ni caissons, ni chariots, ni gargousscs, ni personnel. « Je pourrais faire cette » énumération trois fois plus longue. Pardon de ma » longue lettre, mais j'avais le cœur gros. »
Faute de troupes, la Convention envoya six commissaires. En leur honneur, les Toulousains plantèrent des arbres de la liberté sur toutes les places publiques. Les généraux Laclos et Dubouquet présidèrent h cette cérémonie sur la place Rouaix. Les canons tonnèrent. On cria avec allégresse : Ça ira ! Vive la République ! « Les citoyennes Dubouquet et » Laclos vinrent attacher à cet arbre auguste des » rubans tricolores avec une grâce qui donna un