‹ Le trombinoscope (volume 2)Chapitre 137 sur 173 · Cornot. Mémoires, I · texte numérisé non relu

Cornot. Mémoires, I

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oiisujle contre l'Autriche et les Bourbons, en lui donnant le Milanais, la Toscane, Mantoue, Parme et Plaisance. L'Espagne est particulièrement utile à nos relations commerciales. 11 faut lui présenter a la fois « la foudre et Tolivier», nous fortifier de sa marine contre rAnglelerre, régler h sa convenance le sort des Bourbons, qui sont encore en France, et obtenir la libre imporûition de ses chevaux et de ses moutons. « Je ne crains pas de dire que je crois que nous » gagnerions beaucoup à troquer cette importation M contre Texport^ition des Bourbons.» 11 est nécessaire de nous réconcilier avec la Prusse, en lui garantissant un équivalent supérieur à ce que notre sûreté nous oblige à lui prendre: équivalent, qu'on pourrait trouver avantageusement dans le Hanovre. La partie des trois électorals, située au delà du Rhin, servirait de même de compensation à la Hollande, pour la dédommager de la cession du pays en deçà du Waal, et h la Suisse, qui nous laisserait occuper Bàle militairement. Ces arrangements, en nous garantissant la frontière du Hliin, nous donneraient une ceinture d'États libres et amis. La France y trouverait « gloire, safité et » prospérité, tous avantages qu'elle a droit d'attendre » de sa mémorable révolution.» Tel est ce mémoire, où Laclos, avec sa fermeté de pensée, s«i logique et sa divination habituelles, semblait prévoir la plupart des évéïuîMienls qui suivirent, moins la dictature militaire, ses excès et ses catastrophes.

A la lin de 1795, Tex-général, h force de démarches et de pétitions, obtint enfin une place, qui lui permit de vivre à l'aise, tout en ménageant sa santé. Il fut nommé par le Directoire secrétaire-général des hypothèques. En môme temps, son frère obtint le consulat d'Alef» et partit pour le Levant, où rallendaient de nouvelles aventures. Pendant les

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années IV, V, VI et VII, c'ost-à-dirc jusqu'au 18 brumaire, rAIinanach national montre que Laclos conserva, sans interruption, les nouvelles fonctions, où sa fortune changeante Tavait placé. 11 prit une part importante à la réforme de son administration. u Telle éUiit, dit son ami, le docteur Pariset, l'heu- » reuse facilité de son esprit, que ce genre de tra- « vail, tout nouveau pour lui, parut néanmoins lui » (Mre familier ^ » Après le 18 fructidor, le personnel de la régie de renregistrement, dont dépendaient les hypothèques, fut en partie renouvelé. Le directeur Natoux, les employés Gillot et Selot furent frappés. Lf'iclos échappa à cette épuration. Sans doute il ne dut son maiiilien quVi sou haliilt*té, car, pour les survivants de la (louventiou, Tancieu agi^nt de Philippci-Égalité demeurait toujours un suspecta La légende orléaniste, qui avait servi d*arme de guerre a tous les partis, était encore plus vivante que jamais. Le duc d'Orléans, après avoir résidé en Suisse, était parti pour les États-Unis, où Tavaient rejoint ses deux frères, mis en liberté. Laclos n'avait januiis eu de rapports avec lui. Le futur roi des Français avait-il alors un parti? « Aucun fait, écrit » M. Aulard, aucun texte ne permettent de le » dire 3. » C(*pendant les partisans de Louis XVIII n'avaient pas moins peur de lui que les anciens jacobins. Le comte de Puisaye dénonçait ses intrigues» tandis qu'on racontait au Ciifé Foy que les membres du Corps législatif dînaient trop souvent cheae la

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