‹ Le trombinoscope (volume 2)Chapitre 146 sur 173 · Mahuii. op. cit · texte numérisé non relu

Mahuii. op. cit

iiiatiquc, pour y finir sa vie. Pcul-clre en avait-il conservé Tespoir quand il y fil, grâce à la protection de Talleyrand, entrer son fils Etienne, d\ibord élevé h Fontainebleau, au pensionnat de TÉcole Centrale, chez M. de Billy, maintenant attaché à la Légation de France, près du citoyen La Rochefoucauld, ministre plénipotentiaire de la République française, auprès de S. A. S. TÉlecteur de Saxe. Ce jeune homme, Agé de dix-huit ans, ne montrait pas grand goût pour Tétude, ni pour le labeur solennel des chancelleries. Il manquait même des notions les plus élémentaires. Le général Laclos ayant été s'enquérir de son fils près du ministre, M. de Talleyrand lui montra une lettre du citoyen La Rochefoucauld, ex|)édiée par son jeune attaché, et dit d'un ton scandalisé : « Comment est-il possible qu'un fils de M. de » Laclos mette l'orthographe comme une cuisinière. » Ces lettres sont vues par cincf ou six personnes et le premier Consul peut les lire. Le reste passerait,* mais celle malheureuse orthographe ! H y a pis. Etienne fait des dettes et il ne peut les payer. Ce n'est pas d'un homme d'honneur, lui écrit son père. Tu ne sais pas, lui dit sa mère, jusqu'à quel point ta dépense nous réduit. Cependant le général s'enquiert paternellement si ces dettes ne seraient pas dues à « des chagrins intérieurs ». Que le jeune homme en ce cas n'hésite pas à les lui confier. Pouvait-il en effet mieux s'adresser ! Qu'il s'exerce assidûment à la langue allemande et qu'il s'efforce de surmonter la gêne qu'il éprouve dans le grand monde, où Ton acquiert tônt d'expérience, malgré le vide apparent des conversations ;

C'est avoir profilé que de savoir s'y plaire. Mais Etienne était une mauvaise tête qui n'avait

fidO LE GÉNÉRAL CHODERLOS DE LACLOS

(l*y<Mix h Dresde (jue pour les soldais fixons, frms desn(Ures, et il scsauvait delachancelleriepour adini* rcr leurs manœuvres. Une demande qu'un livre être sont les Liaisons dangereuses. 11 voulait courir les champs de bataille et les aventures, comme son père et son oncle Duperré. Avec la |)rotectiondeMarnionl, il entre h TÉcole Militaire h la fin de 1803, et est promu sous-lieutenant de dragons, six mois apràs. Dès lors il clievauclie joyeusement h travers TEurope, fait toutes les campagnes de 1804 à 1813, à Boulogne, en Prusse, en Autriche, en Pologne, en Espagne et en Portugal, assiste à la plupart des grandes btitailles. C'est» un excellent officier, qui a parfaîte- « ment hien fait la guerre », disent ses notes. Le 18 mars 1814, il est tué d'un coup de feu h ruITaint de Bac-en-Uerry,dans Tétat-majordu ducde Ragus4% qui, en souvenir de son pen;, Tavait pris pour aide de camp. Ce brave soldat était le digne fils d'un soldat '.

Soldat! l'auteur des Liaisons dangereuses devait le demeurer jusqu'à la mort. Avec le printemps de 1803, l'aurore de la paix semble se lever sur la France. Le grand dranuM'évolutionnaire va |H!ut-iMre .se l(M*miner par une apothéose incomparable de gloire, d'ordre et de justice. Comme Laclos eiU désiré, dans une France aussi belle, vivre ses dernières années en citoyen sage, goûtant le calme du foyer, heunuix d'avoir fait le bonheur des siens et d'avoir contribué h celui de son pays. « La paix, écrivait- » il h sa fennnc, nous réunira pour la vie. » Il croit que le traité d'Amiens va fermer le temple de Janus. « Nos victoires, seront pacifiques, tandis que » nos défaites éterniseraient la guerre. » Illusions

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