Senêaliun» d'Italie
» masse dans lo soir qui tombe... » Pensail-il, en cITel, à ces tyrans grecs à TAme voluptueuse et dure, comme celle des grands seigneurs de Versailles, qui, deux mille ans auparavant, avaient fait de la molle Tarente la ville des plaisirs pervers et des jouissances cruelles? Quelques mois après, un autre artilleur, égaré dans ces parages, Paul-Louis Courier, capitaine au 7" régiment, Tancien régiment de Toul, militaire amateur comme Stendhal et styliste raffiné, traduisait Xénoplion, dressait des chevaux d'après ses méthodes et fouillait, en amoureux passionné d'histoire, les campagnes de la grande Grèce. Laclos, qui avait reconnu dans son siècle la maladie de Tâme antique, Laclos, qui Tavait décrite dans une langue aussi pure et aussi fine que celle des contemporains d'Alcibiade, songeait-il à cette rencontre singulière ? Vivait-il en Grèce comme Courier ? Jouissait-il, avec un sourire amer, de contempler ces lieux, témoins des raffiiUHuents d'une décad(;nc(^ où palpitèrent des c<rurs comme celui de Valmont et de M™'' de Merteuil? Ou bien son àme, lassée de tout, s'abîmait-elle dans un universel dégoût de la nature et de la vie ? Nous pouvons maintenant répondre à la question que se posait M. Paul Bourget.
Après un voyage de 600 lieues, épuisé de fatigues, malgré sa faiblesse et son ûge, le général Laclos ne pensait qu'à remplir dignement son devoir militaire. A peine arrivé au quartier général, il visite, sans prendre un moment de repos, cette côte brûlante et veut inspecter les différents établissements d'artillerie. En même temps, il ne cesse de réclamer au ministre des gardes, des officiers, du matériel. Il lui faut six compagnies de renfort, dont deux h cheval. Le colonel d'Anthouard reçoit Tordre de
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lui en fournir une, niiiis il enlend ganloi* les ouvriers. Or, Laclos les estime indispensables à Tarente. L'aiïaire est portée devant Laeomhe Sîiint- Michel, de (pii dépend toute rartillcric de la péninsule, et celui-ci donne raison à Ijaclos. Le 3 septembre, on décide enfin a Paris de renforcer Fartillerie de Tarmée de Naples * ; mais, h la mâme heure, le général Laclos agonisait.
Dès le 2 août, la dyssenterie Ta cloué sur son lit; il n^a déjii plus la force d'écrire. Son aide de camp, le <!apitaine LespagnoP couche à ses côtés et le soigne « comme le fils le plus tendre »>. C'est lui qui fait connaître h M"'° de Laclos, en la mesurant prudemment, la triste vérité. Le 17, Laclos trace encore (|ut!l(|urs lignes (rune main treiiililaiile : u Bonjour, honne client amiiî, je t'aime et emhrassi: » de tout mon cuïur ainsi i\\w nos enfants. J'ai bien » peu de forces, mais c^est quehpie chose d'en avoir » assez pour vous aimer tous et pouvoir vous en » assurer. Lespagnol te dira le i*este ». Ltîspagnol continue, dimnedes détails et cmisole M"'* de Inclus. Il annonce (|ue le général (iouvion Saint-Cvr propose d'envoyer Laclos à Paris, dans ipu^hpies semaines, des qu'il sera mieux. Ce retour inespéré ne laiss4: |)as (régayer malgré tout le capitaine Lespagnol, qui est jeune, vigoureux et qui, lui aussi, aime sa femme, « la petite M'"'' Lespagnol ». Jadis il faisait six jours