‹ Le trombinoscope (volume 2)Chapitre 156 sur 173 · PORTRAIT DE M- DE GENLIS · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE M- DE GENLIS

ordre de choses si difTércnt a remplacé les dix dernières années du règne de Louis XY, que ceux qui ont assisté à celle époque la croient éloignée de deux siècles. Les Français sont moins portés à croire l'histoire que tout ouvrage, soit que l'histoire demande un esprit observateur et des méditations au-dessus du caractère national. Sans cette indifférence, nous lirions déjà le tableau des vingt dernières années de Louis XV ([ui présentent dans tous les genres une suite d'événements extraordinaires et un grand nombre d'hommes curieux à montrer sur la scène. Lorsque les déclarations, la Révolution, la Constitution, Torganisation, les motions seront faites et parfaites, tout vraisemblablement dans la république des lettres reprendra son cours, et je ne doute pas qu'im des trois cents historiens qui nous donnent tous les jours pour deux sous les annales de la France, n'entreprennent le vaste tableau que j'indique.

Ëlmire ne redoutera point le jugement de la postérité. Elle n'a flétri que l'altière Montespan, la prude Maintenon, trois sœurs libidineuses, l'ambitieuse Pompadour ; mais elle pardonne le délire des sens à la femme qui n'a rendu son amant ni cruel ni injuste, qui ne lui a point donné un sérail, qui ne l'a point éloigné de son peuple et des occupations de son laborieux métier.

N. B. — Il ne serait pas difficile de mettre des notes à ce portrait, conune nous avons fait quelquefois dans le premier volume et ce n'est point à Elmire qu'elles déplairaient ; mais il faut laisser mourir en paix ses vieilles dames d'honneur ou ne pas troubler la cendre des morts.

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