‹ Le trombinoscope (volume 2)Chapitre 47 sur 173 · Talleyrand. Eloge de Reinhard · texte numérisé non relu

Talleyrand. Eloge de Reinhard

tnicnl le ministère et rôdaient autour du Palais- Royal. Du côté des femmes, M"' de Gcnlis ne laissait place qu'à des comparses. Encore jalousait-elle la scUluisante et spirituelle marquise de Coigny, fille du Marquis de Conflans, qui désolait Biron, et dont Rarie-Antoinette disait amèrement qu'elle était la Reine de Paris. Sa cousine Aimée de Coigny, duchesse de Fleury, consolait Biron et pour Tamour de lui s'était faite joyeusement « démocrate ». Le Palais- Royal avait sa maîtresse en titre : M™" de Buffon, qu'on surnommait Agnès, et dont le mari, cavalier fougueux et distrait, était, dit Rivarol, « le plus pau- » vre chapitre de l'histoire naturelle de son père. » Incapable d'intrigue par elle-môme, M™" de BufTon, considérait M™" de Genlis « comme une femme supé- » rieure ». « Sa politique était très différente de la M mienne », déclare M"" Elliott, une jolie anglaise, royaliste ardente, qu'on rencontrait à Monceaux et au Raincy ^ Les petites mains d'Agnès applaudissaient aux sourds grondements de l'orage révolutionnaire. Elle avciit épousé les ressentiments de son amant, haïssant comme lui la Reine et cette cour, dont elle était exclue.

Le salon de Bellechasse était l'antichambre et l'aile gauche du Palais-Royal. On n'y voyait plus La Harpe, amoureux éconduit, mais Barère, tout frais arrivé des Pyrénées, y pérorait avec la môme aisance que plus tard au Comité de Salut Public ; Volney s'y montrait violent ; Camille Desmoulins et Pétion y seront reçus. La maîtresse du logis se faisait avec ardeur le champion des idées nouvelles.

L'opposition systématique à la Cour, une haine acharnée contre la Reine, telle était la passion

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