M*"* Kllioll. Mémoiir» nur ta Révolution françaine
commune du Palais-Royal, Maric-Ânloinclle passait, sous un roi faible, |>out* iHre la souire de toutes les faveurs et M"** de Coigny ne lui pardonnait pas le cordon bleu refusé à son père, Biron, le commandement des gardes françaises donné à M. du Ch&telet. Marie-Antoinette avait des préférences ; elle se mêlait à toutes les querelles de société ; un mépris, une ironie légère sur ses lèvres perçait le cœur, et le ressentiment dévorait ceux ([u'elle n'inviUiit pas ^i Trianon. « Vraiment cette Marie-Antoinette (;st trop » insolente et vindicative pour pe pas prendre plai- » sir à la remettre à sa place et a l*ôter de celle du » Roi, qu'elle voudrait usurper », écrivait à Biron M"'® de Coigny *. Enfin la Reine était coquette et fière ; elle repoussait par le dédain ceux qu'elle attirait par sa gri\c<;. Le dépit des hommes était aussi cruellement acéré contre elle que la jalousie des femmes. Sous un roi chaste, bien des courtisans avaient espéré que le règne des amants succéderait à celui des maîtresses. Quelle perspective pour les ambitions de cour ! Quelle gloire et quel profit pour des i-oués comme Tilly, Besenval, Biron, Ségur, que d'inscrire dans leurs bonnes fortunes la Reine de France! Biron, dont la famille devait à la grande Mademoiselle le duché de Lauzun, fut longtemps la ressource et Tespoir des Choiseul pour une défaillance de la Reine. Talleyrand, qui rêvait d'être un Mazarin, dut se rappeler d'Anne d'Autriche. De combien de calomnies se payèrent l'intérêt et la vanité déçues ! C'est du Palais-Royal surtout, que partirent, après l'ailaire du collier, ces pamplileLs infAmes qui traitiiient la Reine de France de voleuse, d'empoisonneuse, de catin et de pire encore. Ce sont