‹ Le trombinoscope (volume 2)Chapitre 60 sur 173 · Lu Fnycitc, Mémoire» ^ II, p · texte numérisé non relu

Lu Fnycitc, Mémoire» ^ II, p

des trésors : ils furent pro<li{^iiés et souvent ouvertement ; de I^argent fut jeté au peuple par les fenêtres du Palais-Royal. Parfois des distributeurs invisibles glissaient de Targent dans les poches. Le district de Saint-Eustache, dont dépendait le Palais- Royal, avait contracté une dette de 14.000 livres de vin et de cervelas pour les gardes françaises, auxquelles on offrait aussi des glaces dans le jardin du duc d*Orléans. Garât remarque justement que le prince ne fut pas le seul à agir ainsi ; il cite Cliamfort et Yaladi qui vidèrent leur bourse *. Mais le duc d'Orléans disposait de puissants moyens. 11 contractai à colle époque des emprunts cimsidérables en Hollande. Tandis qu'il ne cesse de 1789 a 1792 de restreindre son train, sa fortune en trois ans s'anéantit. L'abolition des droits féodaux ne peut expliquer ce phénomène. En 1789, d'après l'état du comité des domaines de l'Assemblée Constituante, publié dans le Moniteur en 1790, il possède 5 millions de revenus ; en 1792, il ne sait comment tenir tète à la meute de ses 2.500 créanciers, et laisse, en mourant, 75 millions de dettes sur 114 millions de biens.

« Le duc d'Orléans, dit M'"* Roland, avait sa |Mirt )) dans toutes les agitations populaires ». Taine considère à bon droit comme décisif le témoignage d'un homme aussi loyal et judicieux que Malouet, auquel Montmorin communiquait tous les rapports de police. Parlant de l'affaire Réveillon, de l'inccndic des barrièrc^s (;t des clulteaux en province.

1. V. Procédure du Châtclci pour les événements des 5 et 6 octobre. — La Fayette, Mémoire». — Garât, De la compiralion d'OHémmê (1707). — Rivarol. Pasêim « La foule des brigands », écrit-il, « que 9 la Révolution et l'or d'un grand penonnage avaient attirés dans la » capitale. »

Malouet déclare que ces opérations furent payées par le duc d'Orléans, il y concourait « pour son » compte et les jacobins pour le leur. » Il confirme également une accusation, très amplifiée par Montjoie, et grossie évidemment de circonstances imaginaires, au sujet de Tagiotage sur les blés. « Les » agents du duc d'Orléans, dit Malouet, faisaient » aussi sur cet objet leurs spéculations ; ils faisaient » vendre et acheter en divers lieux, suivant qu'ils » avaient besoin de la faveur ou des fureurs de la » populace. » Le duc d'Orléans fut donc à la fois un (les nioleurs, mais surtout le [principal bailleur de fonds de la Révolution commençante. Une ]mrtio des grands révolutionnaires, comme aussi bien des intrigants d'ancien l'égime, ont dû passer à sa caisse, et Talleyrand sans doute à côté de Danton. Laclos fut l'instrument de ce vaste plan d'émeute et de corruption. Cet officier organisa les cadres et donna le mol d'ordre de l'insurrection. « Jadis, dit » Taine, il maniait en amateur les filles et les ban- » dits du grand monde, maintenant il manie en pra- » ticien les filles et les bandits de la rue ». Talleyrand, bien placé pour être informé, l'accuse formellement d'avoir fomenté l'émeute, connue sous le nom d'affaire Réveillon, qui ouvrit la période d'anarchie révolutionnaire. Elle éclata le 27 avril, au faubourg Saint-Antoine, « avec la soudaineté d'un coup de foudre » parmi les ouvriers des fabricants de papier llenriot et Réveillon, le jour même où devaient se réunir^les Etats Généraux.

M. Tuetey *, en analysant les papiers officiels relatifs à cette affaire n'y a vu que l'effet de l'exaltation des esprits, encore accrue par les souffrances de

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