Les Sabbats JacobiUê
Le 48 avril, quand I^iiis XVI, en vue d'éviter le sacriièjçe d*uno communion conslilulionnelle, voulut sortir des Tuileries pour se rendre h Sainl-Cloud où il comptait passer la semaine saipte, les gardes nationaux, qui veillaient aux portes du palais, s'opposèrent à son départ. I^i populace les soutint. La Fayette intervint, mais ses soldats refusèrent d'obéir. Le département de Paris, h Tinstigation de Danton, refusa de donner des ordres. La famille royale, injuriée par la foule, fut contrainte de rentrer aux Tuileries. « Au moins » dit la Reine, à ceux qui Tcntouraicnt, « vous avouerez à présent que » nous ne sommes pas libres ». Le lendemain toute la |)resse royaliste accusa I^clos d'être Fauteur de ratlental. (louune après le (i octobre, il y i;ut conlit! son mniire el lui un redonbb^ment d'injures et do haine. Kphraïni, disait-on, avait fourni les fonds; Malga, gorgé d'or et de vin, parcourait les rangs de la garde et l'excitait au meurtre ; il leva son sabre sur 1^ Fayette et proposa le duc d'Orléans pour la régence. Holondo conduisiiit la canaille. On avait vu Sillery en laquais et Laclos en jockey parcourant les groupes. I^) but du comjdot était l'assassinat du lioi ^ On n'en douUiit pas t^ la Cour et le Roi et la Reine déclarèrent à Varennes, dans l'épicerie de M. Sauce, que s'ils n'étaient pas partis de Paris, ils auraient été égorgés par le parti
1. Cf. Compte rendu au Cou util de M. d'Orléanê par M, iMcUtë Mur la position aciitriir dc$ affuircn. — Lettre de M. Ltieluê à M, le Dmc d'Oriéan». Du Café du Hvndez-vous, place, du Carrousel, ce tumii iH avrils 'J heure» de l'aprèê-midi. — Lettre de M. te due d'Orléetaê à M. le chevalier Laelo» sur ce t/ui n'est pasêé leê i'J et i.Y aprii à Parti. — A dresse de M. Malga à M. Laclos pour obtenir umupptémemi de gages. — A toi-même Laclos. — A moi, Laclos, um moi. — /«•tractions, données par M. Laclos à l'ordre, le 25 avril ilUI, — Pfo» tl'Orléans, tu ne régneras pas ! etc....
d'Orléans. Le 22 avril, Fersen écrivait : « On « croit que c'est la faction du duc d'Orléans » qui est cause de ce qui s'est passé, car les chefs » des Jacobins en sont, et avec raison, très fâchés* ». Aux séances du 18 et du 20 avril, il y eut en elfet (|ueU|ue génc aux Jacobins, ou l'on discutait un projet d'or^ç.'inisation de la garde nationale. Le Uoi pouvait justement prétendre que la Constitution était violée à son égard. Danton s'efforça de justifier la conduite du département. Barnave, plus loyalement, insista sur la nécessité de Tobéissance aux lois dans la troupe municipale. Liiclos prit la parole et définit la garde nationale, a Tuniversalité des citoyens de l'empire, armés pour » la défense de la lil>erté contre les attaques de » l'intérieur, quelles qu'elles fussent, et organisées » de manière à ce que chaque citoyen ne fut pas )» astreint h une obéissance servile envers ceux pré- » posés pour commander. » C'était justifier l'acte accompli et s'applaudir secrètement de la situation <lu Hoi, dont la conscience éliit maintenant à l'aise pour se libérer de ses serments, puisqu'on l'acculait à la fuite. 11 est fort probable que Laclos et Danton eurent la main dans cette affaire. Danton était toutpuissant dans les sections et Laclos y exerçait, sans doute par lui, son iniluence. I^ 19 juin, à la veille de Tévasion du Uoi, il pressait les Jacobins de s'occuper des motions discutées dans les sections de Paris, d'où (lé()endait l'ordre dans la capitale^. 11