‹ Le trombinoscope (volume 2)Chapitre 87 sur 173 · Bouche de Fer, n* 38, 3 ayril · texte numérisé non relu

Bouche de Fer, n* 38, 3 ayril

voyage de Mesdames et qu'il n'y avait pas lieu à délibérer. Mais, dès le 16 février, Laclos déclarait nettement, dans son journal, que « personne n'avait » le droit de gôner les tantes du roi. » Les Jacobins envoyèrent h toutes les sociétés affiliées des instructions en ce sens. « L'Assemblée nationale a » décidé sur cet objet, » écrivait secrètement le Comité de correspondance à la société de Semur, « et dès lors le devoir des amis de la Constitution » est d'obéir et de s'interdire toute espèce de ré- » flexions ultérieures » * Laclos s'efforçait ainsi d'aplanir les obstacles, qui pouvaient retarder la fuite du Roi, sur laquelle il fondait toutes ses espérances. Cependant, le 23 et le 27 février, il présentait et soutenait, devant les Jacobins, le projet de loi contre les émigrants, dont Chapelier était rapporteur à l'Assemblée, et qui confiait à trois députés, nommés par leurs collègues, le droit d'autoriser ou de défendre la sortie du Royaume. « On |)eul plutiU imaginer » (|ue dire jusqu'où il porta sa fureur contre la » maison régnante... En descendant, Laclos trouva » l'ami Barnave qui l'attendait pour l'embrasser. ^ » C'est ainsi qu'il dissimulait ses manœuvres secrètes derrière son ardeur révolutionnaire. Le projet de Chapelier fut, le 28 février, repoussé par l'Assemblée après une fougueuse intervention de Mirabeau, qui jura de ne pas y obéir et lança vers la gauche sa fameuse apostrophe: Silence aux trente voix! Le soir, aux Jacobins, le grand orateur vit sombrer sa popularité.

1 . Ce document, qui se trouve dans les archÎTes municipales de Semur , est du 7 avril 1791. Il est signé « Villers, président, D. M. J. Ro> chambcon, secrétaire, Collot d'IIerbois, G. Donnecarrère, Rousseau aine, P. Choderlos. » J'en dois lo communication ù M. le capitaine Carnet.

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