B N. 12.8)& cl Almauat'h des Muse», année
cl le modeste Cléon d'admirer Pamphile. Survint la charmante Isidore,
Brune piquante, a Tair vif et fripon, Et dont les yeux à la fois font éclore Et le désir, et Tespoir du pardon.
Et Pamphile, aussitôt, de se répandre près de la belle en mots précieux et en phrases enchanteresses et de la presser de ses discours briMants, tandis que
Pamphile, cette beauté s'abandonne enfin :
Sur ses beaux yeux, ses paupières baissées llendeut encor son regard plus touchant : Elle se tait, mais le soupir brûlant Vient entr'ouvrir ses lèvres demi-closes. Son teint de lys n^offre plus que des roses. Avec effort son sein est agité.
De son maintien, Icxpressive mollesse Marque Tinstant d'une heureuse faiblesse ; Ainsi TAIbane eut peint la volupté.
C'en est trop, et Isidore, vantant très haut les talents de Pamphile, ne cache plus son impatient désir de connaître ses ouvrages; elle propose un tête à tète pour les entendre lire. Transporté d'amour, notre homme d'esprit s'en va bien loin chercher ses livres. Quand il revint, l'ami Cléon, sans grands frais de génie, avait tout droit atteint a l'éloquence et s'en montrait plus confus qu'Isidore, qui, prise au fait, fit à notre savant cette profonde leçon:
Mon cher, soyez de bonne foi.
Vous aimez mieux vos ouvrages que moi.
Soyez heureux; je promets de les lire Même d'avance, ici je les admire.
Mais apprenez que femme qui se rend, Veut régner seule au cœur de son amant. A mes dépens, si vous cherchez à rire, Vous le pouvez, vous avez mon secret.
Mais d'un couplet ou bien d'une satire. Je vous préviens que je crains peu Icffct, Car, entre nous, ce que vous pouvez dire Ne vaudra pas ce que Cléon a fait.
A railler si cruellement Pamphile, Laclos semble avoir médité les enseignements d'Isidore? Dans VÉpltre h -fl/'"* la Marquise de Montalenibert ^, il se peint lui-même comme un pèlerin de Tamour, toujours tenté par les apparences, bientôt déçu par les réalités, et, finalement, préférant Timprévu de sa course errante aux douceurs d'un gite assuré
mais définitif.
Je sentais le besoin d'aimer.
Mais je voulais être fidèle.
A l'Amour j'osai m'adresser.
Dieu puissant, indique-moi celle
Qui mérite de me fixer,
Lui dis-je. Amour battit de l'aile.
Sourit et fut se reposer
Sur le sein naissant d'Isabelle.
Et Isabelle fut aimée comme on aime à quinze ans. Mais Isabelle n'avait que sa beauté, et son amie Corinne avait de l'esprit. Nouvel amour, nouveaux serments.
Trois mois ensemble nous parlâmes Le métaphysique jargon.
Que, sur la liaison des âmes,
Inventa le divin Platon.
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