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RÉPUBLIQUE

AIMÉE-DEÉSIRÉE

Née en France le 21 septembre 1703.— Elle est la fille aînée du rofr rec” dela Raïsox.

Sa mère la porta pendant des siècles dans son sein. On pouvait crotrenqu'elle n’accoucherait ja mais , tant cette gestation Semblait longue; mais on avait tort de s’impatienter.

Depuis long-

temps la RaïsoN sentait remuer dans ses flancs l'enfant

qu’elle devait un jour mettre au monde.

Vers le milieu du xvur° siècle, de violentes coliques Val-

taireuses et Diderotiques annoncèrent la prochaine déli-

vrance de la pauvre mère.

En effet, par une belle matinée d’octobre, la Convention annonça au peuple, transporté d’enthousiasme, que Sa

Majesté Nationale la Raison venait de donner à la France

une ravissante petite fille qui avait reçu en naissant Îles

nom et prénoms de Désirée-Aimée RÉPUBLIQUE,

Le peuple demanda à voir l'enfant, et la trouva si belle

qu'il l’'embrassa à la dévorer; et, comme ces petites princesses des contes de Perrault qui recevaient de chacune des fées rassemblées autour de leur berceau un don qui devait contribuer à en faire les créatures les plus accomplies, Aimée RÉPUBLIQUE reçut des baisers ardents d’un peuple brave, ardent, courageux et fier, la beauté, la grâce. la valeur et la vertu.

Mais, hélas ! toujours comme dans les contes de Perrault, une mauvaise fée demanda assez aigrement à faire, elle aussi, son cadeau à l’enfant.

C'était la fée IcxorANCE. — Elle toucha du bout de sa vilaine baguette la petite Aimée, en lui disant d’un air pointu : « Fillette !.. je ne puis te retirer les dons que tous » ces braves gens viennent de te faire. Mais je puis retar- » der ton triomphe, et je te condamne à souffrir, à lutter,

» et à ne surmonter les obstacles que le jour où il n’y aura

» plus en France un seul homme ne sachant pas lire. »

La jeune Aïmée entra dans la vie, pleine de candeur, de courage et d'honnêteté; mais naïve, inexpérimentée, sans défense.

La France était alors envahie de toutes parts. Aimée Rt- PUBLIQUE nettoya le sol de tous ses ennemis; elle réforma les lois iniques sous lesquelles le peuple gémissait depuis quatorze cents ans, créa toute une génération de héros...

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En un mot, Aimée fit de grandes choses; mais, dans son

inexpérience, commit aussi quelques fautes.

Ses ennemis en profitèrent et, le 18 brumaire, un d’entre eux qu'Aimée avait pourtant fait le plus grand et le plus glorieux entre tous, étouffa traîtreusement la belle enfant.

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