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Après d’excellentes études, il se fit recevoir

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Faculté de mé-

Re | | decine de Paris.

Adepte de l’école positiviste, il se fit d’abord connaître par de nombreux travaux de chimie médicale et des études philosophiques qui ne concluaient pas absolument à l'adoption de l’eau de Lourdes pour le traitement des hernies étranglées.

M. Naquet eut la chance d'appartenir à à cette génération d'hommes nés juste à point pour atteindre l'âge de raison à l'époque du cquà d'Etat. Il avait à cette époque dixsept ans.

Nous disons : la chance: c’est exprès. 1 st bien évident pour nous que le spectacle de pareilles AS NA ne‘peut porter de meilleurs fruits que dans les ésprits assez formés déjà pour les comprendre et dans les cœurs assez jeunes encore pour s’en indigner.

De seize à vingt ans, chez l’homme, est la période de |

1 éclosion des enthousiasmes ÊL des haines.

Les enfants qui n’aväient que dix ans le 2 décembre, n’ont pu bien comprendre ni bien observer la formation de cet empire honteux.

Le} jour où ils ont eu vingt ans, l’âge de penser, le ri apens était un fait accompli.

Sans doute, ils ont pu faire un retour sur eux-mêmes et arriver, à leur tour, après examen, à détester cette époque de boûe et de sang; mais cette exécration ne vaudra. jamais celle de l’homme qui a assisté aux massacres du boulevard Montmartre, aux proscriptions de ses parents, de ses amis; au triomphe navrant de cette bande de Cartouches acculés la veille à leur dernière pièce de dix sous.

Donc, être né en 1840; c'est trop tard pour-bien haïr l'empire. En 1825, c’est peut-être trop tôt.

Ces sortes d'événements frappent surtout à l’âge où l'homme entre dans la vie avec des illusions toutes fraiches, à l’âge où tout ce qui est beau, grand, noble le transporte et l’exalte, et où la perfidie, le mensonge et la trahison le révoltent et le font bondir.

M. Naquet ne tarda pas à prendre une part active à la lutte engagée contre l'Empire par le parti démocratique.

En 1869, il publia un livre intitulé : Religion, propriété, famille, dans lequel il exposa sa facon de comprendre ces trois bases de la société.

Il faut croire que sa manière d’apprécier la religion n'était pas du goût du confesseur de M"*° de Montijo, que ses idées sur la propriété ne légitimaient pas suffisamment la possession des immenses biens de M. de Morny… etautres collaborateurs du coup d’Etat, et qu’enfin ses principes sur la famille ne cadraient pas avec ceux de M"° Bellanger, car le livre de M. Naquet fut poursuivi

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et l'auteur condamné à en fr. d'amende et quatre mois de prison. | | |

M. Naquet se réfugia en Espagne et ne rentra en France qu après une de ces amnisties périodiques i imaginées par l'Empire pour Jouer : au bourru bienfaisant et au vainqueur

magnanime.

À son retour, M. Naquet se contenta d'écrire des articles Scientifiques dans les journaux de l’opposition. … Du reste, en sa qualité d’amnistié, il était fortement guetté par la chiourme impériale préposée à l'examen des œuvres littéraires.

Ses feuilletons sur le protoxyde d'azote étaient surveillés avec une malveillance qui n’attendait pour éclater sur

sa tête que le jour où le savant écrivain s’oublierait au

point de prétendre que, même appuyé par toute sa garde impériale, Napoléon III ne serait pas capable de retarder une simple éclipse de lune.

M. Naquet eut la louable prudence de ne jamais risquer

quelque chose de si scandaleux dans ses causeries scienti-

fiques, et, grâce à ces précautions, il vit se lever le soleil du Quatre - Septembre autre part que dans un cachot de

Sainte-Pélagie.

Après cette révolution par trop de salon, dont la plus grande faute fut assurément d’avoir permis aux bonapartistes de sortir librement de France et d’aller tranquillement à l'étranger monter en graine pour des temps meilleurs, M. Naquet, désigné par ses aptitudes spéciales et ses Opinions républicaines pour prêter son concours à l’œuvre de la défense nationale, fut nommé secrétaire de la Commission scientifique d'étude des moyens de résistance ; ce fut en cette qualité qu’il suivit la délégation à Tours et à Bordeaux.

Comme Gambetta, comme Cremer, comme Faidherbe, comme Garibaldi, comme tant d’autres, M. Naquet n'eut

que l'honneur de tenter l'impossible.”

L'Empire avait laissé la France dans une telle situation qu'il ne lui restait plus qu’à demander l’addition au vainqueur et à payer, quels qu'ils fussent, les frais du mouvement de colère de sa gracieuse impératrice.

M. Naquet consacra toutes ses forces à cette rude tâche.

Plüs tard, sans doute, quand l’histoire fera la part des

choses, elle rendra à ces hommes dévoués la justice qui leur est due. Mais, pour le moment, M. Naquet, comme

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ses amis, n'a encore encaissé, acompte sur les félicitations que la postérité lui tient en réserve, que l’accusation d’avoir empoché des millions sur la fourniture des bretelles de fusils et les reproches quotidiens que lui adressent les feuilles bonapartistes d’avoir coûté à la France la perte de deux provinces et de cinq milliards.

Le 8 février 1871, M. Naquet fut élu député du Vaucluse.

L'Assemblée ayant contesté la Pat de son élection ordonna une enquête. M. AE donna sa démission avec empressement.

— Vous croyez qu'il y a male donne? dit-il aux réactionnaires furieux de son succès, eh bien! soit! recommencons | |

Il fut réélu le 2 juillet par 33,000 voix. :

M. Naquet vint siéger à l’extrême gauche et sa contenance fut en tous points conforme aux sentiments républicains les plus purs. Lorsqu'il s’agit, pour Paris, de

choisir entre M. Barodet, candidat républicain, et M. le

comte de Rémusat, candidat panaché, présenté par M. Thiers, M. Naquet soutint énergiquement la candidature radicale.

Il préconisa aussi la candidature de M. Ledru-Rollin dans le Vaucluse, sans-s’émouvoir de la grotesque terreur

des conservateurs qui considéraient le retour aux affaires

d’un républicain de 1848 comme le signe PEAR EEE d’un déluge de pétrole enflammé.

Plus tard, le 19 novembre 1873, voyant que l’Assemblée ne voulait ni s’en aller ni constituer, autrement dire qu’elle affectait la prétention d’épouser Bartholoïquement la France et de ne pas lui faire d'enfant, M. Naquet se rallia, de guerre lasse, à une proposition d’appel au peuple faite par les bonapartistes.

Les plébiscites, 1l est vrai, ne sont guère autre chose que de la brouillonnade en bouteille; mais M. Naquet préférait encore cela à rien.

L'urgent, à ses yeux, était de sortir à tout prix d’une situation fausse pour la République et quine POLSASS que s’aggraver; son excuse est Jà.

Cependant , en dépit de nombreux et sérieux gages donnés par M. Naquet au parti radical, on le vit, avec une

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certaine surprise, se discipliner, pour ainsi dire, et embofter le pas derrière M. Gambetta dans la désastreuse campagne de compromis, de concessions et d’alliances interlopes dont l’ex-dictateur s’est fait le reculard en chef.

Il faut dire, à la louange de M. Naquet, que son erreur ne dura pas longtemps. Aussitôt qu’il s’aperçut que l’union des républicains avec les monarchistes n’avait d’autre avantage pour la République que de faciliter à ses ennemis les moyens de se défaire d’elle, il comprit qu’un arrangement qui assure à l’une des parties l’encaissement de tous les bénéfices et, à l’autre, le payement de tous les frais, ne saurait être plus longtemps pris au sérieux que par des actionnaires des galions de Vi120.

Aussi M. Naquet, dans une lettre à ses électeurs—lettre retentissante et qui souleva bien des colères — rompit-il d’une façon éclatante avec la jeune école républicaine dite roublarde, à laquelle les républicains ne doivent encore, à l'heure qu'il est, en fait de résultats, qu’une loi contre la presse en 77 articles et la suppression de l’image de la République sur les timbres-poste.

Si l'on compare avec ce que l’école républicaine roublarde a déjà donné pour ça, on trouvera peut-être que c'est bien maigre.

M. Naquet déclara, à Marseille, regretter d’avoir voté la Constitution Wallon. Elu le 20 février 1876, il siégea à l'extrême gauche et pour la première fois, en juin 1876, déposa sa fameuse proposition en faveur du rétablissement du divorce, qui fut d’ailleurs repoussée avec indignation.

Depuis cette époque, M. Naquet s’est consacré presque exclusivement à cette question.

En apparence, il a contre lui toutes les belles-mères qui poussent des cris d'horreur quand on leur parle du divorce.

Mais c’est une frime !.… à

Elles sont, au contraire, enchantées que quelqu'un s’occupe de leur bonheur en leur offrant la douce perspective d’avoir plusieurs gendres à torturer.

” Réélu en 1879, M. Naquet revint à la charge et son projet fut pris en considération par la Chambre.

Restait le Sénat.

Il parcourut alors la province et fit partout d’ardentes

conférences pour essayer de prouver la moralité du divorce.

Sa cause est aujourd’hui à peu près gagnée devant Popinion publique ; CUS il tourne dans un cercle vicieux.

Quand il s’agit de penser tout bas que le divorce serait excellent, M. Naquet a pour lui tous les mauvais ménages, ce qui constituerait une majorité plus que suffisante.

Mais quand il s’agit de le dire tout haut, M. Naquet est ignominieusement lâché par ces mêmes mauvais ménages, qui veulent passer pour bons. ES

Si bien que M. Naquet, tour à tour acclamé par les infortunés qu’il veut délivrer de leur mal et renié par les mêmes hypocrites qui ne veulent pas convenir qu'ils en souffrent, use sa salive, son talent et son encre à lutter pour des gens qui voudraient bien prendre le remède, mais n'osent pas avouer qu ’ils en ont besoin.

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Un autre gros obstacle au triomphe He M. N AGE c (CÉT.. le sentiment, ou plutôt la routine religieuse. 9

Beaucoup de gens ne se croient pas le droit de dénouer civilement ce que l'Eglise a déclaré indissoluble.

Cette opinion, pourtant, ne devrait pas retenir les législateurs qui n’ont à s’occuper que des lois applicables sur la terre.

Le divorce ne violenterait la conscience de personne,

Le maire dirait tout simplement : È

« Au nom de la loi, vous êtes... désunis. »

Et chacun des. disjoints s’en irait de son côté, libre de se croire libre ou pas devant son Dieu, selon ses convictions de croyant ou d’athée.

M. Naquet — quiest un persuasif et ne veut effrayer

personne — répète souvent aux timides qu'il cherche à conquérir :

— N'ayez pas peur !.…. Il n’y a pas d'abus à craindre !..

On y regarderait à deux fois avant de divorcer !.… L’argument est bon; mais, à notre avis, il en est un meilleur : | C’est que l’on y regarderait surtout à trois avant de se marier.

La moitié, au moins, des mariages ayant lieu — surtout

dans les classes bourgeoises — entre deux individus dont

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