‹ Le trombinoscopeChapitre 16 sur 307 · AA LT · texte numérisé non relu

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Exilé, par erreur sans doute, lors du coup d’Etat, il recut six mois après l'autorisation de rentrer en France. On raconte à ce propos que Napoléon répondit à ceux de ses amis qui désapprouvaient cet acte de clémence : « Bah! ces gens-là ne font de mal qu'aux gouvernements qu’ils servent; je ne l’emploierai pas, voilà tout. »

En 1863 il siégea de nouveau au Corps législatif, et prit rang sur les bancs de l’opposition, ce qui ne l’empêcha pas d'appuyer plus tard le cabinet Ollivier au cœur léger, d’heureuse mémoire.

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Après le 4 septembre, M. Thiers fut chargé par le gouvernement de la Défense nationale d’aller Jinasser, au nom de la République, auprès de toutes les cours étrangères, et d'obtenir leur appui contre la Prusse; 1l revint de ce voyage avec un chargement complet d’humiliations pour la France républicaine, ce qui lui valut d’être élu vingt fois à l’Assemblée nationale par la France monarchique.

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Après la conclusion de l’armistice, nommé immédiatement chef du pouvoir exécutif, 1l fit voter la paix glorieuse que l’on sait, et eut le talent de convaincre le pays que sans son intervention la Prusse eût exigé trente-huit milliards et la cession de la Lorraine jusqu’à la Méditerranée.

Une fois au pouvoir, le premier soin de M. Thiers fut de chercher le moyen d’agacer Paris, dont il redoutait les tendances républicaines, pour avoir une occasion de le désarmer; il prit d’abord comme ministres les membres de la Défense nationale les plus réprouvés par l'opinion publique : Jules Favre, Jules Simon et Picard; il laissa | retirer de Paris le siège de l’Assemblée, en récompense du patriotisme que la capitale avait montré pendant le siège,

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et provoqua enfin le mouvement de violence sur lequel il comptait en tentant de reprendre nuitamment des canons que la garde nationale avait retranchés sur la butte Montmartre pour les soustraire aux Prussiens.

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M. Thiers avait cherché une petite émeute, 1l trouva une formidable insurrection et fut obligé de fuir à Versailles avec son gouvernement. Là, il organisa le siège de Paris.

Vainqueur de l'insurrection, il fit désarmer la capitale jusqu’au dernier cure-dent, ce qui lui permit de risquer en toute sécurité et en pleine tribune sa fantaisiste théorie de la « République avec présidence héréditaire », qui fut son dernier chef-d'œuvre.

Quand l’Assemblée de Versailles-les-Goîtreux, qui n’avait été élue que pour nous signer la paix et nous la f..……. ensuite, s’adjugea le droit de nous fabriquer la constitution que l’on sait, elle chercha pour présider la République... que l’on sait aussi, un homme qui lui parût tout

juste assez républicain pour préparer le retour d’une monarchie quelconque.

Naturellement cette Assemblée porta ses yeux — louches — vers M. Thiers. Elle lui confia la présidence pour un temps égal à celui de sa durée propre — nous disons : propre. La linguistique a de cruelles exigences.

Les pouvoirs de M. Thiers devaient donc expirer en même temps que ceux de l’Assemblée.

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