‹ Le trombinoscopeChapitre 17 sur 307 · EU ETC D RD · texte numérisé non relu

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Mais il se produisit presque immédiatement entre l’Assemblée et M. Thiers, ce fait — d’ailleurs très fréquent entre coquins, — c’est qu’une fois le marché conclu, sur

le dos de la France, chacun voulut l’interpréter au mieux de ses convenances.

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L'Assemblée qui — tout en ayant voté la République malgré elle — nous préparait toujours la restauration d'une monarchie malgré nous, trouvait que M. Thiers devenait trop libéral et lui cherchait constamment des querelles pour le ramener dans l’un des trois bons chemins qui menaient à Frosdorff, à Chislehurst ou à Chantilly.

De son côté M. Thiers, qui commençait à prendre goût à une République dont 1l était le roi — mais à celle-là seule — devenait à vue d’œil d’un radicalisme échevelé.

Il n’en était certes pas encore à demander le réarmement de la garde nationale n1 la liberté des clubs; mais il paraissait déjà disposé à réclamer la levée de l’état de siège pour le commencement de l’année 1081, ce qui fut pour l'Assemblée un grave indice des horreurs révolutionnaires que mijotait M. Thiers.

L'Assemblée résolut d’en finir avec ce jeune Robespierre qui se révélait dans une vieille peau, elle lui chercha une mauvaise chicane à propos de n’importe quoi, le 24 mai

Et M. Thiers, qui avait déjà joué deux ou trois fois avec l'Assemblée — et avec bonheur —le coup de la démission, croyant que ce coup lui réussirait toujours, rendit de nouveau son tablier d’un geste hargneux, qui lui était habituel.

Mais à sa grande surprise, l’Assemblée le prit au mot,

et séance tenante, lui donna pour successeur M. Mac Mahon; lequel dut, dit-on, cette insigne faveur à ce mot d'ordre qui circula pendant le vote dans les groupes de la droite :

— Surtout! plus de malins!.… nous sortons d’en prendre!

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Quatre ans plus tard il arriva à M. Mac Mahon ce qui était arrivé à M. Thiers, mais en sens inverse.

L'Assemblée suivante étant devenue un peu moins légumière que sa devancière, voulut pousser M. Mac Mahon dans la voie républicaine.

Mais M. Mahon, qui se faisait tenir les reins par Saint- Genest, résista.

Alors arriva cette chose funambulesque : on pensa à renverser culs par dessus têtes Mac Mahon et Saint-Ge-

nest, pour les remplacer par qui? par Thiers et Barthélemy Saint-Hilaire! | | a

Déjà les intrigues allaient leur train; déja M. Thiers, en villégiature à Saint-Germain, rédigeait pour la rentrée un manifeste foudroyant dans lequel il était démontré clairement que « la République serait conservat(hié)rice ou qu’elle ne serait pas » — (13 septembre 1877) — quand une indigestion de haricots, probablement trop verts pour un vieillard si sec, priva nos annales de cet épisode touchant à force de bêtise.

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Les funérailles de M. Thiers donnèrent lieu à un inci-

dent assez comique. Le gouvernement ordremoralien de M. Mac Mahon, prévoyant que la population parisienne

saisirait cette occasion d’exprimer tout le dégoût qu’il lui

inspirait, eut l’idée de parer ce coup en se faisant d’office le metteur en scène de cet enterrement.

A cet effet, il déclara prendre à sa charge les frais des obsèques de l’ex-président.

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