‹ Le trombinoscopeChapitre 160 sur 307 · PUR, PR ER · texte numérisé non relu

PUR, PR ER

qui le firent remarquer par leur vigueur et leur ton un peu rude. À

En 1859, M. Sarcey fut chargé du feuilleton dramatique à l’'Opinion nationale, et en 1867 quitta le rez-dechaussée littéraire et artistique de cette feuille pour celui du Temps.

Ses critiques dramatiques furent appréciées à cause de

Jeur netteté, de leur droiture et de leur ton légèrement

bourru-malfaisant, il faut bien le dire.

Pendant ce temps, sa myopie faisait toujours des siennes et de temps à autre lui procurait quelque nouveau désagrément. Un jour, c'était une fontaine Wallace qu’il prenait pour un de ses amis et abordait en lui disant : « Où

diable as-tu pris un rhume de cerveau pareil ? »

Le lendemain, c'était un kiosque à journaux du boule-

vard quil confondait avec un autre, au grand scandale de

la marchande.

Du reste, doué d’un excellent caractère, il était le premier à rire de cette infirmité et même à en tirer parti.

Un jour, abordé en plein boulevard par Sarah Ber-

nhardt, qui lui souhaitait le bonjour, il se mit à tourner

sur lui-même comme un homme qui cherche quelqu'un,

en disant : « Qui diable me dit bonjour ?.. J’entends une voix qui me parle, je sens une main dans la mienne et je ne vois personne. »

M. Sarcey a publié plusieurs volumes, entre autres : le Nouveau seigneur du village et le Mot et la Chose. Indépendamment de quelques correspondances qu'il a adressées à des journaux étrangers, il a collaboré à lZllus-

tration et au Nain Jaune (lancien, bien entendu, pas le

suivant, celui dont les bonapartistes aux abois avaient

fait leur sous-tinette de dégagement).

Les conférences de M. Sarcey à l’Athénée, au boulevard des Capucines et à la Gaîté, n’ont pas été sans éclat. | Ar

Nous ne parlons que pour mémoire des campagnes

politiques de M. Sarcey : elles n’ont pas toujours été

brillantes.

Quelques saint - genesteries, quelques cruelles boutades de mouton enragé après la Commune ont un instant obscurci la gloire de cet homme de beaucoup de valeur, c’est incontestable, mais dont les vues morales sont, comme l’autre, excessivement courtes.

Il s’est vite relevé de cette défaillance en choisissant

mieux son terrain, et aujourd’hui M. Sarcey, collabora-

teur assidu du XZX° Siècle, est un des champions les plus

précieux de la libre-pensée. Les questions cléricales le

passionnent, il n’est pas de miracles contemporains qu’il .

n'ait réduits en poudre impalpable. On croit généralement

que son excommunication est à la signature au Vatican.

Il le pense lui-même et n’a pas l’air d’en être très affecté.

Au physique, M. Sarcey est, sans contredit, un des.

princes de la laideur, comme il est un des princes de la

critique. | | t.

Gros ventre, grosse tête, gros yeux, grosse bouche,

ros nez, grosse barbe.

On cherche en vain dans cette physionomie épaisse et.

désagréable ce petit côté fin qui, chez les hommes de mérite les plus difformes, ne manque jamais de révéler le

talent.

D Rte MLrAT —— ÉLOCRÉRUEES,

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