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ONT DÉJA PARU
1. Jules Grévy 15. J. Ferry 25. Veuilloi 37. Henry Maret 2. Clémenceau 14. Sénat 26. Crevette 38. Cocu ‘8. Gambetta 15 Pr. Napoléon 27. Mac Mahon 39. La Presse 4. République 16. Don Carlos |28.Sarah Bernhardt | 40. Louis Blanc 5. Thiers 17. Napoléon III 29 Cassagnac 41. Bazaine 6. Zola icor 30. Judic 42. Opérette 7. Rochefort 19. Dieu 31. Concordat 43. Naquet 8. La Canicule 20. Réserviste 32. Comte de Paris 44. Dumaine 9, Duc d’Aumale 21. Andrieux 33. Gommeux 45Emile de Girardin
34. Cte de Chambord 46. Hyacinthe 35. Bigmarck 47. Guillaume Ier 36. Septennat Ier 48. Littré so
10. Victor Hugo 22. Got 11. Belle-Mère 23. Louise Michel 12. J. Simon 24. Conservateur
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PARIS 1 an (8 fr; 6 mois (0 fr; 3 mois 6 fr.
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aide - journaliste français, né à Parissvie.26 août 1842, d’une famille de bour-
geois assez à leur
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aise, qui purent lui donner une bonne instruction — ou du moins payer ce qu'il fallait pour qu’on la lui donnât — car, il faut le dire, le jeune Hector fut, dès ses jeunes années, un assez piètre produit de l’espèce humaine.
Il aimait les occupations légères et frivoles et n’étudiait
guère que ce qui s’apprend très facilement, ce qui fit qu'il
encore moins désireux de rattraper le temps perdu, et
abondamment pourvu de tous les sentiments de fainéan- Fe
- beaucoup de plaisir et peu de peine.
sortit du collège, en 1860, excessivement peu bachelier,
tise et de vanité qui font qu’en entrant dans la vie pratique
tant de jeunes gens mal élevés ne sont capables de riens. L. # (4
ou peuvent même devenir capables de tout, selon les cir: “4
constances.
Lesdites circonstances ne pouvaient être pour Jasmin plus défavorables qu’elles ne le furent.
Comme adulte, son éclosion avait lieu en plein Empire: : il ne pouvait donc trouver autour de lui aucun exemple | viril qui lui ft sentir la nullité et la honte des existences faciles et en dégoûtât son jeune cœur. À
En 1860, le gros bobo impérial, dont souffrait la F rance depuis neuf années, était plus que mûr. Le jeune Jasmin entrait, avec ses tendres et naïfs dix-huit ans an plein dans cette gangrène grouillante.
C'était la phase de la décomposition; tout ce qui naissait à cette époque devait pourrir rapidement sur pied.
Déjà très mal armé par un tempérament mou et par une éducation vicieuse — l'éducation bourgeoise, qui est basée sur l'indifférence en matière politique et le profond égoïsme du ventre, — le jeune Jasmin ne pouvait guère offrir de résistance à ce phylloxera des consciences et des cœurs.
Cc qu'il eut de plus pressé, fut naturellement de cher-
cher une carrière dans laquelle il lui semblait qu’on eût
Immédiatement ses regards se tournèrent vers le jour-
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nalisme. Jasmin avait commencé par fréquenter le café de LA cui À di ] . P: | La ; | «
Suède. Il avait rencontré là pas mal de petits échotiers à qui de petits cabotins faisaient la cour, et pour qui de
petites dames avaient de voluptueux sourires. :
Ce métier lui semblait plein d’agréments, et chacun de … ces écrivaillons lui paraissait un petit monarque dont se GA: reconnaissait tributaire tout ce monde mesquin. De plus, devenir journaliste lui semblait moins pénible que de devenir n'importe quoi. | … Pas d’examens à passer, pas de cours à suivre, pas de stage à faire, rien à apprendre.
Jasmin, qui était, comme nous l'avons dit, un garçon sans talent, sans intelligence, sans initiative et sans courage, devait infailliblement être séduit par un métier qui lui semblait si commode. | | A partir de ce moment, il rechercha les occasions de … se frotter contre les hommes qui lui avaient servi de modèles, :
Il faufila quelques articles de genre dans de petits journaux à court de copie; mais ces élucubrations se distinguant surtout par une absence totale d'imagination et de style que ne pouvait racheter l’abondance de ses fautes d'orthographe, il dut penser à « modifier son genre ».
Une heureuse circonstance le servit à point. Nous étions
en 1865. La décadence générale s’accentuait vivement, et avec elle celle de la presse qui, ne trouvant pas le public assez attentif à la discussion des choses sérieuses, venait d'imaginer de donner une importance de premier ordre
au reportage. -
Fout à fait désintéressé de la politique, le public ne
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pouvait manquer de mordre à ce nouvel appât malsain se qui élevait le porin à la hauteur d’une institution natio- | nale.
Ce fut un coup de fortune pour Jasmin, qui entra
comme échotier subalterne dans un des journaux de ce genre bâtard.
Pour commencer, on lui confia la partie intéressante
des faits divers du jour; puis, petit à petit, l’industrie pre-
nant de l’extension, on le fit passer aux échos mondains; oo puis, un peu plus tard, au courrier des théâtres.
Ce fut dans ces deux derniers postes qu’il commença à s'épanouir dans toute la majesté de sa sottise et de sa Le vanité.
| A son tour, il vit à ses pieds les imbéciles de tout calibre | assoiffés de réclames; à son tour, il vit s’allonger plate- | ment vers lui les mains des comédiens infimes et des ei grues de petits théâtres.
| En un mot, Jasmin trônait.
Cette situation lui valut ce que l’on appelle dans ce
monde-là : des bonnes fortunes.
Comme il était chargé de mettre tous les matins à la.
cire la colonne réservée aux échos de théâtres dans un à journal influent, il captiva, au moyen de quelques alinéas pompeux, le cœur d’une jeune cascadeuse qui se destinait | au théâtre, bien qu'elle n’eût ni voix, ni talent, ni esprit;
c'était une certaine demoiselle Dindina.
A partir de ce moment, le journal dans lequel frottait Jasmin retentit des louanges quotidiennes de la charmante enfant.
Et non seulement le journal de Jasmin, mais beaucoup
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d’autres, car le reportage s'était, dès sa création, organisé en une espèce de franc-maçonnerie dont tous les membres se prêtaient aide et protection.
— Parle donc un peu de Dindina dans ton courrier, disait Jasmin à un de ses confrères, je te mettrai quelques lignes dans le mien pour Verminette.
Et ainsi de suite. Si bien que pendant trois ans on ne put ouvrir une de ces feuilles de joie qui avaient champi-
gnonné sous l’Empire, sans y lire :
« Me Dindina nous revient de Saint-Pétersbourg « chargée de lauriers. » — « On parle beaucoup de l’en- « gagement de M" Dindina au Théâtre-Français. » — « M Dindina vient de perdre un petit singe auquel elle
« lenail beaucoup, » etc., etc.
Les fonctions de Jasmin, à son journal, prirent de plus en plus d'importance. On lui donna des sous-coureurs, et bientôt il dut transformer le reportage en entreprise à forfait.
Moyennant une somme de... par mois, 1l se chargeait, à l’aide de son équipe de reporters, d’approvisionner la feuille en question de récits, de nouvelles dites du monde, d’échos scandaleux, d'histoires de cocufiage, de nouvelles à la main injurieuses pour Garibaldi, d’entrefilets insultants pour Victor Hugo, de révélations d’alcôves, de rééditions de l’encyclopédiana, de mots d'enfants, etc.
Le goût du jour aidant, Jasmin devint bientôt une véritable puissance, et aujourd’hui, parvenu à l’apogée de sa gloire, il est commissionnaire en chef d’un journal quoti-
dien appartenant à l’ordre immoral ; il émarge de gros
appointements, s’est fait faire des cartes de visite pompeuses qui lui donnent libre accès auprès des valets et des femmes de chambre de tous les mondes, excepté le propre. | |
Il reçoit, sans compter, les sourires des membres de la société interlope, avides de publicité, les rebuffades les plus humiliantes des honnêtes gens et les démentis les plus sanglants de ceux qu’il a diffamés à tant la ligne. Mais en dépit de tous ces affronts, dont lui seul sait le nombre, Jasmin n’en est pas moins, de par la vanité, la sottise et la lâcheté de ses corvéables, un des influents de
cette presse immonde et invétérée qui a survécu à
l'Empire.
Au physique, Jasmin est une sorte de gommeux mâtiné d’alphonsisme, révoltant de pose, puant de vanité et suant par tous les pores la sottise, l’impuissance et la débauche. Il n’a ni convictions ni sens moral. Il s’en excuse en prétendant que le « respect de soi-même » n’existe pas, que ce n’est qu’un vain mot, et qu'avant tout il faut vivre, et surtout jouir.
Hâtons-nous d'ajouter que Jasmin est en plein dans le mouvement d’hier, et que le mouvement d’hier ne diffère pas encore d’une facon appréciable de celui d’aujourd’hui. Il pressent bien que demain ne sera peut-être pas si favorable à sa petite industrie; mais du train dont tout marche, 1l espère que demain est loin encore. | Le métier que fait Jasmin n’est pas un métier honteux par lui-même. Chercher des nouvelles, les publiér et en. vivre, est aussi honorable que de fabriquer des souliers et
de les vendre,
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Mais ce qui fait de ce garcon de courses au col cassé un des êtres les plus insupportables de notre société moderne, c'est d’abord l'importance disproportionnée que le journalisme vénal lui a donnée, et ensuite la monstrueuse prétention de Jasmin à se compter au nombre des écrivains.
Qu'il parle de Sarcey, de Vacquerie, d'Aurélien Scholl ou de tout autre vrai journaliste, il dit : NOUS, comme s’ils avaient épousseté les bureaux de rédaction ensemble.
Il est bon de remettre chacun à sa place et de répéter le plus souvent possible qu'entre un journaliste et Jasmin, il y a tout juste la différence qui existe entre un architecte et un gâcheur de plâtre.
Et encore le gâcheur de plâtre ne porte-t-il aucune décoration étrangère, tandis que Jasmin circule rarement sans avoir la boutonnièré ornée d’un ordre du Crocodile
jaune où du Caméléon d'or. — Salaire honorable de quel-
que alinéa plus que complaisant pour une danseuse bien
casée dans la diplomatie.
Décembre 1881.
NOTICE COMPLÉMENTAIRE
Dates à remplir
PAR LES COLLECTIONNEURS DU TROMBINOSCOPE
Jasmin, jouissant de son reste à la faveur d’un ‘état de choses qui assure encore pour quelque temps à la presse-cœur léger le haut du pavé, continue le cours de ses exploits. — Le... 18..., un réveil salutaire de l’opinion publique porte un coup fatal aux feuilles dans lesquelles il pouvait utiliser ses nobles talents. — Le... 18...,il tombe en complet discrédit, ses produits ne trouvant plus aucun débouché. — Et enfin, il meurt le... 19.... agent d’un office de concerts dans le faubourg Saint-Martin, et très sérieusement convaincu qu’il a été, pendant quinze ans, le confrère de Lockroy, de Camille Pelletan et de John Lemoinne.
‘Départements. — 12fr.
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