A BON INEME EN TS
PARIS DÉPARTEMENTS
lan 18 fr; 6 mois 10 fr; 3 moïs 6 fr. | 1 an 20 fr; 6 mois { { fr,;: 3 mois 7 fr.
ouvrages ci-dessus, en envoyer le montant à M. LEON BIENVENU, directeur du Tintamarre, 20, rue d'Amsterdam, à Paris
Gaviot, et du mot anglais Lard, hardi,
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GAVARDIE
HENRI = EDMoNp - PIERRE
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sénateur rageur
| français, né à Ren:-
nes, le 2 décembre
Des étymologis-
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de rechercher la
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patronymique. Îls ont trouvé qu'il venait de Gave,
et QUE CE surnom
de Gavehardie avait été donné, sous Louis X le Hutin,
au chef de sa famille, à cause de ses violences de
langage.
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Nous avons été obligé de bousculer plus de 15,000 Volumes à la Bibliothèque nationale pour découvrir cette origine. | CV à MCE
A peine né, du reste, M. de GAaAie justifia ce sobriquet de sa race en traitant la sage-femme de vieille pétroleuse,
parce qu’elle lui avait fait un simple nœud au nombril
au lieu d’une boucle qu’il eût désirée.
Son père, qui était officier, le destina à la carrière militaire; et il fit de très bonnes études à La Flèche, où il
obtint le prix d’honneur en 1842.
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Cependant, il renonça au métier des armes pour deux raisons : d’abord,
à cette époque, 1l était déjà très dévot, et l’idée seule qu’il pourrait être obligé de jurer après son brosseur, si celui-ci poussait le zèle jusqu’à lui cirer ses bretelles, l’effrayait beaucoup pour son salut.
Ensuite, sa taille exiguë, qui l’obligeait à monter tout debout sur une chaise chaque fois qu’il voulait se peigner, lui sembla un obstacle sérieux.
Lors du coup d'Etat de décembre 1851, il avait déjà renoncé à la profession d’avocat, dans laquelle il n'avait guère obtenu d’autre succès que de faire condamner à cinq ans de prison tous ceux de ses clients qui, sans lui, s’en fussent tirés à seize fr. d'amende, et il était entré dans la magistrature. Hu) |
Justement, à ce moment-là, les commissions mixtes étaient en pleine vogue. Ce système de justice, qui consistait à condamner les républicains sans les entendre,
séduisit M.deGavardie, et cette vocation pour les sentences
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faciles, dont tous les considérants tenaient dans un coin detalon de botte à l’écuyère, décida de sa fortune.
Il fut tour à tour, et rapidement, nommé substitut à Orthez et à Mont-de-Marsan, procureur impérial à Dax, à Pau, et enfin substitut du procureur général à la cour
de cette dernière ville vers 1860.
Au commencement de 1864, M. de Gavardie fut, de la part de M. Baroche, alors garde des sceaux, l’objet d’une disgrâce dont la cause est inconnue. En quoi M. de Gavardie avait-il donc pu se rendre désagréable au gouvernement impérial ?
Bref, il fut envoyé comme procureur de 6° classe à Nontron. Il refusa ce poste et donna sa démission.
Cependant, deux ans après, s'étant rendu compte que les mouvements d'humeur nuisent à l’avancement, il fit sa soumission et fut nommé procureur impérial à Saint- Sever.
C’est à ce poste que le trouva la révolution du 4 sep-
tembre 1870.
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On crut que la République, qui lui avait toujours inspiré beaucoup d’antipathie, lui inspirerait en même temps l’idée de donner sa démission. Il n’en fut rien, et M. Crémieux fut obligé de remplacer les -scrupules absents de M. de Gavardie par une révocation en règle.
: Une humble démarche qu’il fit faire auprès de Gambetta pour être réintégré dans ses fonctions fut repoussée.
A partir de ce moment, M. de Gavardie ne dissimula plus du tout sa sainte horreur pour la République, qui poussait l’infamie jusqu’à donner leurs huit jours à quelques-
uns des derniers domestiques de l'Empire.
Le 8 février 1871, le département des Landes envoya M. de Gavardie à l’Assemblée nationale de Bordeaux.
Il se joignit à la droite ultra-légitimiste et cléricale, dont il devint bientôt l’un des orateurs les plus divertissants. Il
vota, bien entendu, la paix, les prières publiques, l’instal-
lation de l’Assemblée à Versailles, et enfin toutes les
mesures qui rendirent cette Assemblée si populaire, qu’elle hésita très longtemps, comme on le sait, à se séparer, dans l’unique crainte que le pays lui arrachât les pans de son habit en voulant la retenir.
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M. de Gavardie se distingua surtout dans la discussion des lois concernant la presse.
D'abord, il s’éleva avec véhémence contre l’idée de faire juger les journalistes par le jury; confier le sort de la presse à des citoyens marchands de drap ou parfumeurs qui, n’attendant pas d'avancement dans la magistrature, n’ont aucune raison pour faire fusiller les journalistes, lui semblait une monstruosité.
Ensuite la question du cautionnement pour les journaux vint fournir à M. de Gavardie une nouvelle occasion de
prouver son amour pour la liberté.
Un instant, il eut la velléité de déposer PA LR
suivant: « ConsiDÉRANT qu'il faut que le pouvoir ait non- » seulement des garanties pécuniaires contre les journaux, » mais encore des garanties matérielles contre les journa- » listes qui n'ont pas le sou, l’ASSEMBLÉE NATIONALE » DÉCRÉTE: Aucun citoyen ne peut écrire dans une feuille » publique avant d’avoir fait trois ans de prison, à titre » de cautionnement corporel, pour les condamnations » qu’il pourrait encourir plus tard. »
C’est pendant le cours de cette discussion que M. de
Gavardie prétendit que l’on ne « saurait laisser discuter, sous aucune forme, l’existence de Dieu et l’immortalité de l’âme. » at |
Il n’ajouta pas: et l’efficacité de l’eau de Lourdes. On n’a Jamais su pourquoi.
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Le 3'juillet 1871,dans un discours célèbre, M. de Gavardie fit un tour de force bien autrement remarquable. Il soutient que « la liberté de la presse est la plus fausse et la plus « dangereuse des manifestations de la pensée humaine ».
La pensée humaine n’ayant guère d’autre moyen que la presse de se manifester, on se demande où M. de Gavardie voulait en venir en la supprimant, et s’il considérait, par exemple, que l’irrigateur à plusieurs branches suffit amplement aux citoyens d’une nation pour échanger leurs idées
sur la marche des choses publiques.
Le 17 juillet 1871, M. Gavardie obtint un nouveau triomphe avec le fameux « droit de cuissage », qu’il pré-
tendait n’avoir jamais existé que dans l’imagination malsaine des socialistes.
De vives polémiques s’élevèrent à ce propos dans la presse, et 1l en ressortit assez clairement qu’au bon temps où les tribunaux et la potence ne luisaient que pour les roturiers, si les seigneurs n'avaient pas ce droit, ils le prenaient, ce qui revenait exactement au même pour le marié.
A partir de cette époque, M. de Gavardie fit peu de discours ; il s’adonna spécialement aux interruptions vives connues sous le nom de coups de gueule, qui conviennent parfaitement à son genre de talent.
Cependant, cela ne lui réussit pas toujours. Dans la
séance du 22 mai, ayant interrompu violemment Gambetta,
celui-ci lui rappela qu’à Bordeaux, il était venu le solliciter pour qu’il lui rendit son emploi de procureur impérial.
M. de Gavardie fut cloué par cette réplique pleine d’àpropos et le lendemain, le Tintamarre traduisit l'incident
par ce quatrain:
Gavardie à Léon demanda comme grâce.
De vouloir bien lui rendre son emploi.
Il n’a plus rien à désirer, je croi,
Puisqu’hier Gambetta l’a remis à sa place.
M. de Gavardie fit partie de plusieurs pèlerinages à Lourdes. Inutile de dire que, comme tous ses confrères, 1l revint de cette promenade sainte, faite pour disposer les hommes à la tolérance et à la bonté, dans un état de calme et de douceur particulier aux gens qui ont été
mordus par un chien enragé.
Le 30 janvier 1876, M. de Gavardie tut élu sénateur (3-6-9) par le département des Landes.
Ses électeurs préférèrent le retirer de la Chambre et l’envoyer au Sénat, pensant qu’il y paraîtrait moins ridicule à cause de l’entourage.
Là, 1l prit place dans le groupe dit de l’appel au peuple dénoncça tous les trois jours un journal républicain qui s’était permis de trouver à M. de Mac Mahon l’air distingué et fin d’un gardien de passage, et vota naturellement, en 1877, sous M. de Broglie, la dissolution de la Chambre.
En 1870, 1l fut réélu sénateur (toujours 35-6-0) par son département.
Mais, cette fois, au 3° tour de scrutin seule ne
Ses électeurs commençaient à se demander si vraiment le parti de l’ordre moral avait beaucoup à gagner à être défendu par Guignol. |
Depuis, M. de Gavardie continue à égayer les séances
du Sénat par des calembredaines à dérider un voyageur de laligne p. L.M. F7
A eux trois, Saint-Genest et M. de Mun, ils constituent la partie comique de la politique ; et c’est très réussi.
Au physique, M. de Gavardie est un petit homme ratatiné, à l’air hargneux, aux cheveux plats et à la figure pâle. Il a, en un mot, tout ce qu’il faut pour que les gens en face de qui il se place dans un omnibus descendent tout de suite, même par une grande pluie, en se disant: J'aime encore mieux aller à pied !.…. |
Ce n’est pas un orateur de premier ordre ; mais il a des interruptions brèves et criardes qui n’appartiennent qu’à lui, et qui entrent dans les discours de ses adversaires avec le sifflement de la grêle par un carreau cassé.
Ces agréments oratoires ne sont pas toujours imbibés d’un atticisme parfait ; et le compte rendu du grand Officiel, sous la rubrique : « M. de Gavardie prononce quelques « paroles qui n'arrivent pas jusqu'à nous », a dû quelquefois lui faire grâce de certaines exclamations... véhémentes. — Son tempérament le porte à gesticuler sans cesse ; mais on croit généralement que ses convictions politiques lui permettraient, quoi qu'il arrive, de rester en place.
Décémbre 1881