EU
ESSÈNN, Do t => SSSR
ee
Littérateur français, né à Paio nrie A PAVEIl 1840.On raconte que son premier cri en venant au monde fut :
— Allez dire à Balzac qu’il peut mourir !…
Il passa son enfance dans le Midi; mais on cherche en vain ce qu'il rapporta de cette belle Provence; rouwle soleil met ordinairement de la chaleur au cer-
au cœur des enfants qu’elle
Puis il vint à la hâte terminer ses études à Paris. Il les fit excellentes, car il avait autant d’intelligence que de vanités à ; À
Emile Zola était venu à Paris dans l'intention bien arrêtée de prendre la place de Balzac. Il dut, en attendant, en prendre une de dix-huit cents francs dans la maison Hachette. “4
Tout ceci, naturellement, est à la louange de M. Emile Zola. Vouloir devenir immortel en écrivant des livres, et commencer par tenir CeUX d'une maison de commerce pour ne pas mourir, est tout ce qu’il y a de plus honorable au monde. |
C'est l’histoire de tous les jeunes, ambitieux et braves, qui, tout en croyant à leur belle étoile, sont bien obligés de s'arranger de facon à n’y pas dîner trop souvent.
M. Emile Zola fit ses premières armes au Progrès de Lyon, au Petit Journal et à l'Evénement. (
Dans ce dernier, il se fit remarquer en prenant la défense du peintre Manet, dont les tableaux étaient presque tous refusés durement au Salon. à.
Le futur auteur de Nana préludait ainsi à la campagne acharnée qu’il se disposait à soutenir en faveur de l’art soidisant naturaliste — de cet art qui entraîne trop souvent les artistes à voir plus laid que nature.
De cet art, enfin, qui n’est pas plus de Part que lhystérie n’est de l’amour, aux yeux des gens qui croient — et nous sommes de ceux-là — que la mission de l’art est beaucoup plus d’idéaliser et d’embellir que de ramener systématiquement l'humanité à ses hontes et à ses excréments. |
Plus tard, M. Emile Zola collabora au Gaulois, à | Cloche et au Corsaire. Il publia dans cette dernière feuille, en 1872, un article politique violent qui faillit amener la suppression du journal; car le 4 septembre 1870, qui avait renversé l’Empire, avait eu ce singulier effet de remettre plus en vigueur que jamais, contre la presse, des lois presque tombées en désuétude sous le règne de Napoléon [IT — (couvrez-vous !).…. |
M. Emile Zola publia d’abord quelques romans, entre autres les Mystères de Marseille, le Vœu d'une morte, les Contes à Ninon, qui furent assez bien accueillis, mais ne
causérent pas encore aux mânes de Balzac de démangeaisons appréciables.
Mais voilà que ca vient :
M.Emile Zola, que la Comédie humaine hannetonnait de plus en plus, entreprit enfin sa grande série de romans reliés entre eux — et même en demi-chagrin par beaucoup de gens, car ils en valaient réellement la peine.
Cet immense ouvrage, intitulé: Les Rougon-Macquart,
0 oo
histoire d’une Famille (naturelle et sociale) sous le second Empire, fit assister le public à un aimable défilé de gredins, de vendus, de filles et d’Alphonses du grand monde qui composaient la haute société sous Napoléon III — (couvrez-vous !)..….
Ces différents romans obtinrent tous un grand succès — et un succès mérité — car, indépendamment d’un style serré et précis, ils contenaient tous des qualités d’observation de premier ordre.
L'un d’eux : La Curée, qui se publiait alors en feuilleton dans le journal Za Cloche, éveilla l’attention du parquet im- périal, un des hauts Rou...gon de l'Empire ayant cru se reconnaître dans celui de M. Zola.
Puis vinrent: Le Ventre de Paris, dans lequel l’auteur fit un si remarquable tableau des Halles et intercala une si étonnante symphonie des fromages puants, suants, coulants et grouillants, que tous les lecteurs crurent qu’elle était écrite en vers.
Et la Faute de l'abbé Mouret, où M. Emile Zola fit un tel tableau des souffrances imposées aux prêtres par le célibat, que beaucoup de séminaristes sur le point de se faire ordonner se sondèrent sérieusement les reins et se demandèrent si Dieu, en créant les tables de salle à manger à rallonges et les lorgnettes à coulisses, avait décemment pu avoir l'intention de les condamner à être toujours repliées.
Un des romans les plus retentissants de M. Emile Zola fut l’Assommoir. Ce livre fut beaucoup lu et très attaqué. Nous le trouvons superbe.
‘L'auteur fit, dans l’Assommoir, un tableau cruel, inexorable, mais absolument vrai — non des mœurs du peuple, comme on l’a dit à tort; les mœurs du peuple valent mieux que cela — mais bien de la décadence et de la chute presque fatale d’une famille plébéienne en proie à la misère. On a accusé M. Emile Zola d’avoir insulté le peuple
dans ce livre où il n’a montré que des travailleurs qui ne.
travaillent guère et qui boivent beaucoup.
Telle n’a pu être — il est bon de le croire — l'intention
de l’auteur. M. Zola a choisi pour sa toile un vilain coin du vilain peuple, parce que sa nature le porte à peindre les vilaines choses, voilà tout.
Cela n'empêche pas — et M. Zola le sait bien — qu’audessus du petit coin abject qu’il a peint, il y ait cette masse profondément honnête, laborieuse, brave et saine, qui est le vrai peuple celle-là.
Seulement, M. Emile Zola — affaire de goût — voit mieux l’ivrogne que le travailleur, la traînée de barrière que la mère courageuse, l’alphonsisme que l’amour.
Il nous a montré ce qu’il préfère montrer, et il l’a fait de
Re
main de maître; car la dégringolade psychologique de Gervaise est incontestablement une merveille d'observation et de vérité. Re
Le reproche que, selon nous, on pourrait plus légitimement adresser à M. Emile Zola, à propos de lAssommoir, ce serait d’avoir fait un livre cruel pour le peuple sans conclure en faveur du peuple.
Les corruptions particulières à chaque couche sociale ont leurs causes propres, et ces causes contiennent presque leur excuse.
Les hautes classes et la bourgeoisie opulente sont naturellement corrompues par la satiété, qui les rend dures, lâches et dissolues. |
Le peuple, lui, se corrompt par la misère qui lui fait la lutte sans espoir, l’abrutit et le terrasse.
Peut-être alors était-on en droit d’attendre de M. Zola qu'après avoir montré son peuple avili, 1l expliquât ou essayât d'expliquer un peu pourquoi il l'était.
M. Zola n’est pas l’homme de ces choses-là. Il choisit le cloaque le plus immonde qu’il puisse trouver, vous emmène là-dedans, vous détaille les malpropretés, vous analyse les puanteurs, vous met le nez dans les ordures, en vous disant avec bonheur : « Hein!... comme c’est sale!... Hein !... comme ça pue! »
Mais jamais, au grand jamais, l’idée ne lui prendrait de vous aider à chercher comment ça pourrait être moins sale et comment ça pourrait puer moins.
C’est ce qui fait de M. Zola, comme littérateur, un très habile peintre de natures mortes, mais rien de plus.
Si la sécheresse des œuvres de M. Émile Zola ne suffi- Sait pas à démontrer son absence totale de vues philosophiques, politiques ou autres, ses quelques pointes navrantes dans le domaine de l’idée ne laisseraient plus aucun doute à ce sujet.
. En effet, en dehors de ses merveilleux romans descriptifs —— Nous pouvons risquer cet éloge, puisque nous n avons pas encore parlé de Nana — M. Emile Zola n’a suere Imprimé une ligne qui ne fût une sottise épaisse.
C'est lui qui, entre autres magnardises doubles-semelles, imprima dans le Figaro qu’un « gouvernement sut permeltlaif au premier imbécile venu de venir faire du bruit à une tribune, était un gouvernement perdu. » Charmant éloge, plein de regrets, des mœurs de l’Empire.
C'est lui qui lança, — de derrière une des persiennes fermées de la même maison — cette gigantesque gruerie : La République sera naturaliste ou elle ne sera pas.
Par ces échantillons où le Saint-Genest et l’Alphonse Karr dernière manière se confondent dans une idiote
Re dt Se
ART UATAE LUN Li La) pe PE
étreinte, on peut suffisamment juger de ce qu'est le Zola
politique.
C’est dans ces moments-là, par exemple, que Balzac doit faire une tête! et regretter de n’avoir pas fait distribuer de prospectus pour rappeler au public que lui seul n’est pas au coin du quai.
M. Emile Zola fit jouer sans aucun succès quelques pièces dans lesquelles Balzac n’était pour rien non plus : Thérèse Raquin, les Héritiers Rabourdin (1874), Bouton de rose (1878).
Ces œuvres tombèrent à plat. Au bout de cinq jours, on n’en parlait plus. M. Emile Zola éut alors une idée énorme :
Il se fit critique dramatique dans plusieurs journaux; et tous les lundis, pendant six ans, il fit un compte rendu pompeux... des Æéritiers Rabourdin, de Bouton de rose et de Thérèse Raguin.
Vainement les auteurs et les directeurs s’entêtaient à écrire et à monter des pièces nouvelles dont les autres critiques s’occupaient chaque semaine, M. Zola bourrait invariablement ses feuilletons hebdomadaires d’appréciations sur Bouton de rose, Thérèse Raquin et les Héritiers Rabourdin, appréciations qui toutes se traduisaient ainsi : « Moi et Balzac! je ne sors pas de là! Les imbéciles m'ont sifflé, l’avenir me jugera!.. »
Cette facon monotone de ramener à Bouton de rose tout le répertoire dramatique, depuis le Cid jusqu/aux Cloches de Corneville, ne fut pas du goût des lecteurs, et M. Émile Zola dut chercher d’autres endroits que les rez-de-chaussée des grands journaux pour chanter les louanges des deux ou trois pièces assommantes que le public lui avait fait la grâce d’oublier.
Il se réfugia — toujours son Balzac en bandoulière — dans plusieurs revues, dont une russe, et dans laquelle il se mit à casser des quintaux de sucre sur tous les littérateurs français, depuis Victor Hugo jusqu’à Jules Claretie.
Il se fit à ce jeu une jolie collection d’ennemis, auxquels il tint tête d’ailleurs avec beaucoup d’entrain, car M. Zola a le croc dur et la griffe mauvaise.
Çà et là il décocha aux médiocrités surfaites quelques rudes vérités, qui eussent mieux porté encore si leur auteur eût eu le tact de se montrer moins... orfèvre.
Rien ne diminue, aux yeux des foules, un homme qui vient de débiner tous les charlatans, comme de tirer ensuite de sa poche un flacon en s’écriant : « Prenez... prrrenez mon élixir naturaliste !... C’est le seul!... c’est Punique!... »
Au théâtre, M. Émile Zola n'eut qu’un seul succès — un succès d’argent, l’adaptation de PAssommoir.
Deux hommes du métier prirent son roman et le mirent: en cinq actes, après en avoir soigneusement changé l’action, dénaturé les personnages et bouleversé l'intrigue.
Encore un genre de succès qui ne rappelle Balzac que d’assez loin. :
Ladernière œuvre à sensation deM. Emile ZolaaétéNana.
Ici, nous assistons à un véritable accès de delirium tremens pornographique. M: Zola nous avait donné le Ventre de Paris, avec Nana il va en descendant. |
Il y a de tout dans ce livre ordurier, sans rime ni raison; on y voit des comtes qui ont été s’égarer la nuit dans des démolitions, et qui entrent ensuite dans les salons du grand monde, pour y finir leur soirée, le dos et les coudes maculés par les plâtras.et les deux basques de leur habit mal refermeées.
On y voit, de la chaussée, des ombres de cuvettes glissant sur les rideaux des entresols.
On y voit des grands personnages amoureux tolérer tranquillement, comme une chose toute naturelle, la rivalité d’une femme, et n'avoir de mouvements de jalousie qu’en voyant un griffon sortir des draps de leur amante.
On voit tout cela — et beaucoup d’autres choses — dans Nana, mais ce que l’on n’y voit plus, et que l’on voyait dans les autres œuvres de M. Emile Zola, c’est l’observation, c’est la vérité, car tout y est faux, archi-faux, et immonde de parti pris. G
Quand Nana parut, c'était la grande vogue des questions. À chaque coin de rue, on vous mettait un bout de carton gribouillé dans la main en vous disant : « Cherchez le chatl.:! cherchez:le cheval
Pour le coup, quelle belle question c’eût été que de glisser Nana entre les doigts des amateurs, en leur disant : « Cherchez Balzac! »
Depuis Nana, M. Emile Zola est rentré au Figaro, où il délaie chaque semaine, au profit des comtes Muffat qui entretiennent cette feuille aux annonces dominicalibidineuses, deux ou trois colonnes d’un pathos impossible. C’est encore plus idiot que Saint-Genest, et ce n’est même pas aussi mousseux!
- Quant à l'adaptation de Nana au théâtre, elle a été, comme il fallait s’y attendre, une exécrable fumisterie. Les pornographes ont été déçus en ne voyant pas Nana sans chemise, et le petit chien sortant des draps ayant été négligé, ainsi que les caresses de Satin, les amateurs ont trouvé,avec raison,qu ils n’en avaient pas pourleurargent. Au physique, M. Émile Zola, qui peint de préférence
les « blondes grasses », peut être classé, lui, parmi les bruns gras — les pires bruns, les bruns qui ne sont pas dans leur droit et que le soleil du midi semble avoir oublié de faire fondre. ;
Ajouter, pour finir, que M. Emile Zola est excessivement myope est presque inutile, puisque nous avons dit qu'il se prenait depuis quarante ans pour Balzac.
Juillet 1881.
NOTICE COMPLÉMENTAIRE
Dates à remplir
PAR LES COLLECTIONNEURS DU TROMBINOSCOPE
(VTC PARA 18, M. Emile Zola publie un nouveau roman intitulé : Tata-la-Traïnée, daris lequel on voit Tata — la fille de Nana — tromper son chien et ses cinq cents amants avec un singe. Puis le .... 18.., vient une suite à ce livre, sous le titre de Zozo-la-Gaupe, qui nous montre Zozo, — la fille de Tata — soufflant le singe de sa mère et le lâchant ensuite pour un bouc qui donne des séances à
trois francs dans une étable du quartier Clignancourt. — Enfin, après avoir publié une dizaine de rallonges dans le même goût à ces romans naturalistes hors nature, M. Emile Zola meurt le ...… LOS
au moment où il préparait, comme suite à Zozo-la-Gaupe, une étude intitulée : Lili-Paillasson, dans laquelle l'héroïne, arrière-petite fille de Nana, mourait de la petite vérole seulement, après avoir fait beaucoup plus pour sa génération, puisqu'on devait la voir, tout le long de quatre cents pages, empoisonner et pourrir tous les membres de l’Institut, la presque totalité de nos colonnes d’infanterie, et trouver mème le moyen de procurer au docteur Ricord la clientèle de l’obélisque de Lougsor.
ABONNEMENTS
Los ss +)
ABONNEMENTS
PPIPS IN
rs
sa rate 4h ns FR
PATIS A REPe Un an 10 fr.
Daride Un an 10 fr.
Départements. — 12fr.
Es pi
Abonnements sans frais dans tous les bureaux de poste
es
. Abonnements sans frais dans tous les bureaux de poste,
Cette nouvelle édition du Trombinoscope, qui paraît deux fois par semaine, composera des volumes de 100 biographies chacun, du même format et du même aspect que les autres ouvrages de TOUCHATOUT.
| ONT DÉJA PARU
1. Jules Grévy [| 2. Clémenceau | 3. Gambetta | 4. République 5. Thiers
jo
OUVRAGES DE TOUCHATOUT
500 dessins noirs et coloriés, envoi franco.......... 12 fr.
SUITE DU PRÉCÉDENT
Histoire tintamarresque de Napoléon III, un volume de 800 pages, 500 dessins noirs et coloriés, envoi franco. 12 fr.
SUITE DES DEUX PRÉCÉDENTS
La Dégringolade impériale, deuxième partie de L'HISTOIRE TINTAMARRESQUE DE NAPoLÉON III, un volume, 500 dessins noirs et coloriés, envoi franco, Me PARNENRRRRERS 12 fr.
Grande Mythologie tintamarresque, 600 dessins noirs et coloriés par G. Lafosse et Moloch, un volume de 840 pages ITARCONPRS SEE SR 6 oo ne DA
EN PRÉPARATION
SUITE DES TROIS PRÉCÉDENTS
Le Septennat tintamarresque, un volume de 800 pages, illustré.
Mélanges tintamarresques, recueil de fantaisies, un volume de 800 pages, illustré.
Quarantième année LE TIN TAMARRE Quarantième année
HEBDOMADAIRE, SATIRIQUE ET FINANCIER, PARAIT LE SAMEDI
en
A BONINEMEN TS :
1 an 18 fr.; 6 mois [0 fr. 3 mois 6 fr. | 1 an 20 fr.: 6 mois [1 fr; 8 mois fr.
Pour recevoir franco par retour du courrier les | Ouvrages ci-dessus, en envoyer le montant à M. LÉON BIENVENU, directeur du Tintamarre, 29, rue d’A msterdam, à Paris
Te a EE