ROCHEFORT
comte
Vircror-HENRI DE ROCHEFORT Lucay
Journaliste francais né à Paris le 30 janvier 1830. Elevé ÉTÉLORE UT 2pere légitimiste et une mère républicairne, dès l’âge de huit mois, il répondit à sa nourrice, qui le bréssait d'éembrasser l’une ou IPAUCRErETOACEeS deux croyances: « Pour savoir si l’on aime mieux le » chausson aux pommes que la tarte aux cerises, 1l faut » avoir eu le temps de goûter aux deux. »
Henri Rochefort grandit et fit de brillantes études. Tout jeune 11] composa plusieurs poésies, une entre autres en
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l’honneur de la sainte Vierge ; plus tard, les détracteurs de Rochefort ayant fouillé son passé, dans l'intention bien évidente d’y découvrir l’assassinat d’un invalide à nez d’arsent, n’y trouvèrent que cette ode religieuse ; ils l’exhumèrent Ménipslernent en s'écriant: « Quel gredin !... Tuloyer l'empereur après avoir DE] la Vierge !.. »
Justice fut promptement faite de cet argument idiot qui mènerait tout droit à couvrir de boue les hommes qui gouaillent le miracle de la Salette, sous prétexte qu’à trois ans ils mettaient à Noël leur sabot dans la cheminée pour y trouver un polichinelle le lendemain matin.
Devenu homme, Rochefort essaya d’étudier la médecine; il y renoncça bientôt pour ne pas être exposé à devenir plus tard le médecin de Napoléon III (couvrez-vous!) |
« Rien.que l’idée — disait-1l avec horreur — que je pour:- » rais un jour être obligé de fourrer masonde là-dedans !.… DNIAMATS AE 0
Il fut admis en 1851 comme expéditionnaire dans les.
bureaux de l'Hôtel de Ville, où il fit d’ailleurs un assez
mauvais employé. Il ne tarda pas à prendre les éKpéditions en grippe ; celle du Mexique développa plus tard cette antipathie.
Il collabora avec beaucoup de succès au Charivari, au Naïn Jaune, au Soleil et au Figaro. Dans ce dernier journal — (nous demandons bien pardon à nos lecteurs d’appeler ça un Journal ; mais le dictionnaire de l'Académie est si pauvre !...) — Dans ce dernier journal, disons-nous, le ton des chroniques de Rochefort devint si monté, que M. de Vilenessent fut prié par le Gouvernement de remplacer l’acerbe écrivain par un panadier dé là forcé, au plus, de Timothée Trimm, sous peine de voir le Figaro supprimé.
Comme nous tenons avant tout à étonner nos lecteurs, nous nous abstiendrons de leur dire que, placé entre ses intérêts et sa dignité, M. de Villemessant s’empressa de jeter sa dignité à la mer; la mer n’en devint pas houleuse. Le directeur du Figaro congédia donc son chroniqueur et l’aida à fonder la Lanterne, dont il partagea,dit-on, les bé-
néfices ; mais il ne voulut pas abuser de la situation et Jaissa à Rochefort seul les mois de prison. La Fontaine a fait là-dessus une très jolie fable où il est question de marrons.
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La Lanterne obtint un succès fou; Rochefort y gagna quarante-cinq mois d'emprisonnement et 275,000 francs d'amende, mais il eut le bonheur qu’il désirait depuis longtemps : celui de donner la jaunisse à l’impératrice.
Rochefort se réfugia à Bruxelles, où il continua à faire paraître sa Lanterne, qui futtraduite en toutes les langues
À de l’'Europe,sans cesser de l’être ici en police correctionnelle. — Rochefort s’est battu en duel en plusieurs circonstances : une fois à propos d’un article irrévérencieux pour la reine d'Espagne, une autre fois au sujet d’un autre article sur Jeanne d’Arc.
Sans cette circonstance qui a voulu que le même homme croisât le fer à cause de ces deux femmes, nous croyons que l’idée ne serait jamais venue à personne de chercher entre elles le moindré point de comparaison.
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En 1869, Rochefort fut élu député à Paris. Il accepta le mandat impératif, pensant, avec raison, que depuis dixhuit années que cela durait, le peuple devait avoir plein le dos de ces candidats républicains qui, pour se faire nommer, promettaient tout, et, une fois élus, ne tenaient... que de la place. |
Rochefort fonda la Marseillaise, journal dans lequel il osa imprimer que l’assassinat de Victor Noir par le prince Pierre Bonaparte ferait, avec le coup de pistolet de VÉLo- CIPÈDE père à Boulogne, deux pendants assez réussis sur une cheminée. — Condamné pour ce fait à six mois de prison, il fut arrêté le 7 février 1870, sur l’ordre d’Ollivierau-cœur-léger, et enfermé à Sainte-Pélagie, d’où le 4 Septembrele tira. |
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Nommé membre du Gouvernement de la Défense nationale, 1l ne tarda pas à s’apercevoir que ses collègues étaient
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faits pour sauverune République comme le pain d’épicepour enfoncer des pavés ; 1l les quitta et eut encore la délicatesse — on pourrait même dire la faiblesse — de ne pas les attaquer. |
Quand Trochu eut donné sa langue à Sainte-Geneviève et nos forts à l'ennemi, Rochefort, réélu député, alla sié-
ger à l’Assemblée de Bordeaux ; là encore il put vite se.
convaincre, lors de la discussion du traité de paix, que si le désir de sauver l'Alsace et la Lorraine était grand chez les ruraux, ils avaient une préoccupation bien plus grande encore: c'était d’étouffer la République entre plusieurs douzaine de matelas. Il donna de nouveau sa démission et vint à Paris fonder le journal le Mot d'Ordre.
Lorsque éclata la révolution du 18 mars, Henri Roche-
fort prit naturellement parti pour l'insurrection, si on tient
toutefois à appeler : insurgés des gens qui boutonnent leur redingote pour ne pas se laisser souffler leur montre, et retroussent leurs manches pour essayer de la défendre.
Cependant il n’accepta aucune candidature. On a dit que ce refus avait pour cause sa mauvaise santé; peut-être le pamphlétaire voulait-il tout simplement rester libre.
Si cette dernière raison est la vraie — ce qui serait presque notre avis — il paraïîtrait qu’elle n’était déjà pas si mauvaise, puisque très peu de temps après, Henri Rochefort fut assez peu d’accord avec les hommes de la Commune
pour être obligé de cesser la publication de son journal et de quitter Paris.