GALLIFET
GASTON- ÂLEXANDRE- AUGUSTE
(marquis de)
général françcais, né à Paris, lé 25 janvier
Tout jeune, il montra degrandesdispositions pour le métier militaire.
Quand nous disons : disposifions, nous ne sommes pas rigoureusement exact et le mot est impropre.
Le jeune Gallifet avait moins une véritable vocation de
nation brutale qui a la force pour mayeu et la cruauté
sent les héros. >.
guerrier avec les vertus et l'intelligence que cette carrière . exige, qu’une propension, moins intéressante, à la domi=
pour but.
sa | Il n'avait pas, comme l'ont les vrais hommes de guerre, l'amour du combat pour le combat lui-même avéc cette grandeur et cette générosité dans la victoire qui caractéri= A
De la lutte, il n’aimait que le côté assommeur.
Il accusait donc, dès sa jeunesse, beaucoup moins une nature de soldat dans la plus belle acception du mot, qu’un tempérament de boucher dans la plus laide.
PRRRE ile se chamaillait et en venait aux mains avec ses petits camarades de collège, s’il était le plus fort, = au lieu d’être généreux dans le triomphe comme le sont es enfants de France, et particulièrement éeux dé Pari s, dont il est pourtant, — il poussait les représailles JR * leurs après-dernières limites.
Ce que promettait l'enfant batailleur et méchant, l’homme le tint largement comme nous le verrons plus tatds |
Le jeune Gallifet S'engagea en avril 1848.
Cinq ans après, il était sous-lieutenant; en 1857, lieutenant; en 1860, capitaine; en 1863, chef d’escadron: en 1865 lieutenant-colonel; en 1867, colonel; en 1870, général de brigade.
Quels titres — en dehors de celui dé marquis — avaient motivé un avancement aussi rapide ?
Beaucoup de gens se le demandèrent.
Bien peu purent se répondre. |
Certes, M. de Gallifet ne HUE pas de certaines qualités militaires.
Il avait de la tenue, de la rectitude, du courage, une belle prestance, un air suffisamment martial.
Mais pas mal de maréchaux des logis ont tout cela dans une proportion égale, et voient, pendant leurs trente années de service, l’épaulette de sous-lieutenant leur passer devant le nez.
. Quant aux talents supérieurs, qui, seuls, peuvent expliquer qu'un soldat de fortune franchisse de dix-huit à trente-cinq ans tous les grades de la hiérarchie militaire, M. de Gallifet en est encore à faire la preuve qu'il en possède le moindre.
[l faut donc, bon gré, mal gré, en revenir à cette hypothèse que, si, au lieu de se nomraer Gaston, marquis de Gallifet, l’éngagé volontaire de 1848 se fut tout simplement appelé Oscar Gallifard, il serait aujourd’hui parvenu à la haute dignité de sergent-cantinier.
Jusqu'en 1870, le bagage glorieux de M. de Gallifet nous apparaît fort mince.
Et son avancement rapide sous la dynastie de véLoct- PÈDE père — (couvrez-vous !...) — indique assez que nous n’avons pas affaire à une de ces natures d’élite que leur fierté voue fatalement au mépris des coquins puissants.
Avoir été assez bien noté sur les tablettes du second empire pour avoir pu doubler et tripler—sans valeur réelle — les étapes d'un avancement normal, devait être naturellement pour M. de Gallifet un titre plus que suffisant à la méfiance de tout gouvernement vraiment républicain.
Et il a certes fallu que nous ayons la République que l’on sait, pour qu’il nous soit donné d’assister à ce spectacle nauséabond d’une créature choyée par l’Empire arrivant à tenir tant de place et à faire tant de bruit dans une République.
Ce succès — succès du genre de ceux qui, à nos yeux, honorent surtout les hommes qui ne les obtiennent pas —
M. de Gallifet le dut à une circonstance faite à ravir pour mettre en plein relief ses aptitudes spéciales.
Pendant la guerre, M. de Gallifet avait fait son devoir de soldat, sans défaillance et sans éclat, ni mieux, ni plus mal qu’un autre, mieux que Bazaine, moins bien que le sergent Hoff. |
Enfin, une estimable moyenne.
Vint la Commune.
Le général de Gallifet, en sa qualité de commandant la brigade de Versailles, fut chargé so contre Paris révolté.
C'est dans cette campagne, la plus éclatante de sa vie guerrière, qu’il eut l’occasion de donner en plein la mesure de ses instincts spéciaux qui lui ont fait une si belle place dans les annales de la férocité.
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Le 2
Tant que dura le second siège de Paris, M. de Gallifet ne fit rien de bien remarquable comme grand capitaine.
Son plus brillant fait d’armes, si l’on en croit les historiens du temps, fut d’emporter d’assaut à midi une porte qu’un certain Ducatel — (breveté depuis par le Figaro, et il ne l’avait certes pas volé !...) — lui avait ouverte et vendue le matin.
Mais ce fut après cette victoire — pipée comme un dé de grec — que M. de Gallifet fut véritablement grandiose.
Tout autre vainqueur que lui se fût contenté de vaincre.
Puisqu’il est admis que la guerre — même entre pays étrangers — a ses lois d'humanité, il semblerait qu’à plus forte raison ces lois doivent être observées dans une guerre civile.
M. le marquis de Gallifet crut que c'était tout le contraire. |
Chargé de combattre les Prussiens, par exemple, il se fût sans doute — quoique à regret — conformé aux usages
admis qui prescrivent de ne point fusiller les ennemis prisonniers et désarmés.
Mais il jugea que les règles n'étaient plus les mêmes du moment qu’il n'avait affaire qu’à des Francais.
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On ferait un volume — une sorte de Bottin lugubre — rien qu'avec les noms des hommes, femmes, vieillards et enfants dont M. de Gallifet ordonna l’exécution sommaire après la bataille.
C'était cruel, injuste et dangereux.
Injuste, parce qu'il n'appartient pas au soldat, qui n’a qu’à combattre, d’anticiper sur les fonctions du juge qui doit punir.
Ve LT Ve Le