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| Une autre pièce tapageuse de M. Sardou fut Dantel | Rochat, comédie représentée au Théâtre-Français en mars |
| Dans cette pièce absurde, on voyait se marier une jeune fille très fervente catholique et un libre penseur avéré, sans | p. : . . dr
| que ni l’un ni l’autre ne se soient inquiétés de la façon dont aurait lieu la cérémonie.
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En sortant de la mairie, le marié disait à sa femme :
— Rentrons chez nous, hein?
Et la mariée répondait d’un air ahuri:
— Comment ça ?.. Eh bien. et l’église?
L'église !.. jamais de la vie!
— Alors... il n’y a rien de fait de ce qui reste à faire, répliquait aigrement la dame.
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Et cela se déroulait ainsi pendant trois heures, le libre penseur regardant du côté de l’alcôve et la mariée le tirant du côté de l’autel.
Mais, comme il fallait avant tout que M. Victorien Sardou ridiculisât et insultât les libres penseurs dans la personne de Daniel Rochat comme il avait bafoué et injurié les républicains en celle de Rabagas, il amenait son Daniel à cette concession lâche de consentir à un mariage religieux secret et nocturne.
Ce que la demoiselle refusait d’ailleurs implacablement, et elle n’avait pas tort, car ce vilain monsieur était d’un... opportunisme vraiment révoltant.
Cette Montépinade fit beaucoup de tapage, et il fut question que M. Victorien Sardou allaitrecevoir du pape la fameuse rose d’or qui ne s'accorde, on le sait, qu'aux souveraines catholiques, apostoliques et... espagnoles dont les
| | | | | | | | | | | hautes vertus chrétiennes sont consacrées par. l’usage.
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Le 7 juin 1877, M. Victorien Sardou a été élu membre de PAcadémie. f C’est bien fait.
pâle ; il a les traits pointus.
Les gens qui veulent lui faire plaisir disent que son visage rappelle celui de Voltaire ou de Bonaparte en Egypte; mais nous pensons qu’il ne porte les cheveux longs que pour ne pas tant ressembler à Pierrot.
Il est sujet aux migraines et en joue très bien.
Pendant les trois mois qui précèdent la représentation d’une de ses pièces, la presse tient l’univers au courant des vapeurs et des attaques de nerfs qu’il attrape aux répétitions.
M. Sardou est d’un caractère charmant ; une vieille coquette, à qui l’on rappelle en public qu’elle est née vers
1814, peut seule donner une idée de l’aménité de M. Sar-
dou quand l’on se permet de trouver une tache à son soleil. Pourtant, il lui serait si facile de clouer les gens qui cri-
‘tiquent ses œuvres en leur répondant qu’il n’y est pour
presque rien.
Le cabinet de travail de M. Sardou est très curieux : il a un grand meuble à casiers remplis de vieux livres et d’anciennes brochures dans lesquels il puise à pleines mains ses... inspirations.
Une fois, il s’est fait donner congé de l’appartement qu'il occupait. Son propriétaire alla le trouver et lui dit: Monsieur, vous ne m’aviez pas dit que vous louiez votre logement pour en faire un atelier de tailleurs.. les voisins du dessous se plaignent d’être importunés par un bruit perpétuel et insupportable de ciseaux en mouvement...
M. Sardou quitta la maison, ne voulant pas avouer que
c'était lui qui travaillait depuis trois mois à Nos /ntimes.
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Au physique, M. Sardou est un petit homme maigre et
Une indiscrétion nous permet d’offrir à nos lecteurs un extrait du budget annuel de M. Sardou ; le voici :