Le Pays
69. De Broglie 70 Farre 71. CL Hugues 72. VNélocipède IV PyLE Buifet « Figaro. »
La Gallifet 76. Sardou 78. E. Pelletan 79. Lecocq 80. Delaporte 81. Marie Laurent 82. Alex: Dumas fils &9. Joinville Doré 89. Gill
à Paris
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ROUSSEIL RosaLrA
artiste dramati quefrançaise,née à Niort en 1841.
Enfant d’une famille de pauvresouvriers.elle annonça de très bonne heure de grandes dispositions pour le théâtre ; mais, comme il arrive toujours en pa-
reille circons-
tance, ses parents, dans l'impossibilité de lui faire
donner l’éducation nécessaire à la carrière dramatique,
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laissèrent forcément s’écouler les premières années de Ia jeune enfant dans un milieu peu fait pour IÉYCIRN BE. ses goûts artistiques. | :
La pauvre petite vendit d’abord % CLADEÉS dans sa ville natale.
Une circonstance l’amena à Paris avec sa mère, qui
‘père de Rosalia avait, paraît-il, été un de ceux qui n’a- : vaient point pu se résoudre à considérer le guet-apens du 2 décembre comme une opération de la plus haute probité.
Non seulement 1il avait trouvé que ce coup de main
reStait alors seule et chargée de quatre petits enfants. Le n'était pas de beaucoup supérieur, comme moralité, à un vol avec effraction, mais il avait encore laissé voir que telle était son opinion. “> |
Compris dans les abondantes listes de proséription qui englobèrent à cette époque bénie tous les citoyens dont le cœur s'était soulevé au spectacle des mornyfiades triom-
| phantes, le père de M!" Rousseil avait été prié d’aller voir hors de France si M. de Maupas y était.
Et il était mort en exil, laissant sans ressources et sans
appui une pauvre femme et quatre petits enfants qui À expièrent, par une longue misère, le crime de n'avoir pas eu pour chef de leur famille un de ces hommes toujours
LA prêts à se courber devant le succès, ce succès fût-il celui
du crime et de l’infamie ; un de ces citoyens passifs et résignés que rien de ce qui touche aux affaires publiques n’émeut, pourvu qu'ils mangent; une de ces brutes que l’ordre moral appelle de bons pères de famille, amis de l’ordre, et que nous appelons, nous, les chaponnés du devoir civique.
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La petite Rosalia avait évidemment dans le tempérament un peu de cette fougue qui avait fait de son père un martyr. L'avenir ne tarda pas à le prouver.
Pendant les premiers temps de son séjour à Paris avec sa mère et ses frères et sœurs, la jeune fille fut placée comme apprentie chez une couturière, puis se remit, comme à Niort, à vendre des fleurs.
Sa mère était loueuse de chaises; elle l’aida.
En 1859, la vocation éclata, impétueuse, irrésistible.
Elle entra au Conservatoire dans la classe de M. Regnier, et, deux ans après, elle remportait le prix de tragédie. Le 1° septembre, elle débuta à l’Odéon dans l’Znstitutrice, de M. Paul Foucher, et joua la Dernière Idole. de . Daudet, avec Tisserant. Pour ceux qui ont vu M°° Rousseil dans cette création, les triomphes successifs qu’elle a obtenus depuis n’ont point été une surprise.
Dans ce rôle, fort bien fait, de la femme adultère que ronge le remords, elle déployait toutes les qualités qui devaient plus tard faire d’elle une des comédiennes les
plus dramatiques de l époque.
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Déjà sa voix chaude et admirablement timbrée remuait le public, et son œil sombre et passionné produisait une vivé émotion.
L'année suivante, M'° Rousseil fit une courte apparition au Théâtre-Francçais.
Les occasions lui manquant de donner ce qu’elle sentait en elle, elle se rejeta dans le drame, genre on ne peut mieux approprié, il faut le dire, à son tempérament ardent, En 1864, elle joua à la Porte-Saint-Martin le rôle de Malaha
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dans les Fils de Charles-Quint, le personnage principal dans les Ælibustiers de la Sonore et les Drames du cabaret. |
Chaque jour, son talent, stimulé par de vifs succès, prenait une ampleur étonnante. En 1865, elle joua, à la Gaïîté, les Enfants de la Louve, rentra à la Porte-Saint-Martin en 1866, se fit applaudir, en 1867, à l'Ambigu, dans Maxwell, revint à la Porte-Saint-Martin, où elle créa un rôle remarquable dans Cadio, ce drame où l’ex-ténor Roger fit une tentative si malheureuse, et enfin reprit, en 1869,
dans Patrie, de Victorien Sardou, le rôle de Dolorès, qui lui avait été primitivement destiné, avant sa création par
Me FaiRGUEIL.
Nous n’aivons pais l’intention de chercher à diminuer en quoi que ce soit n1 le remazrquatble tarlent de M°° Fazrgueil, ni l’immense succès qu’elle obtint dans ce rôle superbe, peut-être bien un peu puissant pour sa nature arrtistique, précieuse et grimatcière; mais il faut reconnaître que M'° Rousseil reprit ce rôle avec un grand éclat d’a-, bord, et ensuite avec une supériorité incontestable sur sa devancière, dans les parties qui exigeaient de la force et de limpétuosité.