‹ Le trombinoscopeChapitre 274 sur 307 · SE · texte numérisé non relu

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Signe particulier : M'° Rousseil, qui s’anime en scène au point de faire trembler le souffleur dans son trou, est — de l’autre côté des portants — d’un calme qui va jusqu’à l’apathie. Elle parle à peine, semble étrangère au monde qui l'entoure. Le masque, détendu, n’a aucun éclair ; les muscles, aucune contraction. Quand elle regagne sa loge 1 lente et sans fièvre — apparente, du moins — on dirait presque une belle boutiquière remontant tranquillement

chez elle avrès sa recette comptée et son magasin fermé.

Puis, tout à coup, c’est son tour d’entrer en scène. Elle paraît devant la rampe, et tout se transforme en elle, tout s’anime jusqu’à la frénésie, jusqu’au délire. Et le chef d'orchestre, perché sur sa grande chaise, peut chaque soir se persuader qu'il est le Pygmalion de cette superbe Galatée qui frémit aussitôt qu’elle paraît devant lui.

Mai 1882.

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Mie Rousseil poursuit le cours de ses triomphes sans s'inquiéter si les pièces dans lesquelles les auteurs lui confient des rôles sont Jouées sur une grande ou une petite scène. Elle croit qu’il n’y a pas de petits théâtres et qu’il n’y a que de petits artistes. — Elle se promène donc sans cesse du Théâtre-Français à l’Ambigu, de l’'Odéon à Cluny, du Gymnase au théâtre Saint-Pierre, récoltant partout autant de gloire, autant de bravos, et se décide à mourir enfin le... 19.2, parce qu’il ne lui manquait plus que cela pour être l’égale de Rachel. |

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