‹ Le trombinoscopeChapitre 286 sur 307 · VILLARET · texte numérisé non relu

VILLARET

PierrEe-FRANÇoIsS

chanteur francais,né à Milhaud (Gard), le 20 avril 1830.

Sa vocation fut des plus précoces. À peineétaitil sorti du sein de sa mère qu'il entonna à pleine voix de poitrine

le « Suivez-moi»

de Guillaume Tell. La sage-femme ne comprenait pas ce que cela voulait dire et, pensant que ce cri s’adressait à

quelqu'un qui était resté derrière, elle dit à la mère:

« où deux. »

Villaret passa une partie de sa jeunesse à Nîmes où il apprit la musique avec le professeur Rousselot.

Déjà son organe promettait beaucoup. Il habitait une petite chambre au sixième étage dans la maison qu’occupaient ses parents, et souvent, le soir, il s’amusait à chanter. Sa voix très étendue et très puissante montait Jusqu'au

ré de poitrine et descendait jusqu’à celuz de chaussée.

De tels moyens naturels semblaient désigner le jeune

homme pour la carrière du chant. Il n’en fut rien d’abord.

Villaret, placé dans une brasserie de Beaucaire, devint bientôt contre-maître de cet établissement. Cependant il était toujours tourmenté par sa vocation et ne cessait de

chanter, en travaillant, tous les airs d’opéras qu’il avait

« Du courage, madame !.…. il paraît qu’il y en à encore un |

la grande joie de ses camarades émerveillés.

Ses parents l'avaient fait brasseur; comme il était bon fils, il restait brasseur ; mais il se vengeait en chantant à tue-tête dans les ateliers la Sicilienne de Robert-le-Diable, avec cette variamte : « Our, l'orge est une chimère ; sachons nous en servir. »

CO de US ù

=" ee

+ Dans ses heures de loisir, Villaret suivait les cours de

l’orphéon de l'endroit. Il y tint bientôt une des premières

appris.

Il entonnait en même temps le houblon et le récitatif à

places. On ne tarda pas à remarquer cette voix puissante

qui planait au-dessus de toutes les autres comme un

bonapartiste au-dessus d’un budget.

Page 1