RICORD
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médecin françcais, né le 10 décembre 1800, à Baltimore (Etats:
Unis).
Douéd’uneprécocité remarquable, on raconte que neuf mois avant sa naissance, il commença à prendre
des notes.
H fit de bonnes études scientifiques et vint à Paris en
comme interne à
1820. Il fut successivement l'Hôtel-Dieu et à la Pitié.
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AYant. il avait beaucoup voyagé dans le Canada pour.
étudier les simples, dont il rapporta en France une assez
belle collection, qu’il a sans cesse augmentée depuis en ÿ:
ajoutant des abonnés de la Pafrie et des actionnaires des
Galions de Vigo.
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Chose singulière, Ricord avait commencé ses études
médicales sous la direction du fameux docteur Rousseau, dont le système était basé sur la négation de l'existence du virus syphilitique. |
Le docteur Rousseau prétendait que François I était mort d’un simple rhume de cerveau, dont on eût parfaitement pu le guérir en lui frottant le nez avec du suif tous les soirs pendant une quinzaine. :
Ricord ne voulut pas manquer de respect à son professeur en le contredisant; mais il se promit bien d'étudier de plus près un mal qui ne lui semblait pas si naturel, et d’en rechercher les causes partout, jusqu’à ce qu’il les eût
trouvées.
Il ne négligea rien pour atteindre ce but, et, dès son arrivée à Paris, il écrivit aux directeurs de tous les théâtres à revues, afin d’obtenir son entrée dans les coulisses. |
Les débuts de Ricord furent trës pénibles. IL fut obligé de donner des leçons d’anglais pour vivre.
Il parlait, du reste, l’italien et l’espagnol avec la même
facilité, ce qui a fait dire au T'intamarre : Ricord, dans sa
RER eh à à
il s’en est fait montrer bien davantage.
meil et ne dormait que quatre heures par jour.
Quand il avait un travail pressé et voulait se mettre en avance, il allait à l'Odéon, prétendant que là, en une soirée, il dormait largement pour trois Jours.
. Enfin, il fut recu docteur en médecine le 5 juin 18206. Ce grade ne lui donna pas de clientèle, et il fut forcé
d’aller exercer dans une petite ville de province, près d'Orléans. |
4 il soigna consciencieusement les ue d’une pe-
| 1 tite population dont la vertu lui causait des désespoirs | atroces. | |
En vain, dans cette localité, il attendait l’occasion d’utiliser ses connaissances spéciales, les habitants n'avaient jamais que d’honnêtes fluxions et d’innocents torticolis.
Il avait beau demander invariablement à chaque client qui venait le consulter : « Voyons, mon ami, racontezmoi comment cela vous est arrivé? » C'était toujours ou une indigestion de porc frais, ou une entorse ou un com-
père loriot.
Désespérant de pouvoir jamais faire ses preuves dans
un pays dont les habitants étaient trop vertueux pour
jeunesse, a enseigné beaucoup de langues ; mais, depuis,
Ricord était un travailleur infatigable. Pour mener de
front ses études et son gagne- pain, il prenait sur son som- :
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s’exposer à avoir des. remords, Ricord vint à Paris con-
courir pour un emploi de chirurgien dans les hôpitaux.
Il échoua et alla s'établir à Crouy-sur-Ourcq, près de Meaux, dans l'espoir que ce département, étant plus près du foyer des Délassements-Comiques, lui fournirait des
occupations en rapport avec son genre de talent.
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Cette fois encore, THURASEUSS
A peine la femme du sous-préfet commençait-elle à donner quelques ‘espérances, qu’un changement de ministère envoya son mari dans un département du centre.
Découragé encore une fois, Ricord revint à Paris, plus que jamais convaincu qu'il ne parviendrait à donner un libre essor à son génie que dans cette ville qui, ainsi que l’a dit le célèbre Briollet, est à la tête de la syphilisation. ; |
Hyde de Neuville le protégeait; sous ses auspices, il obtint une place de chirurgien à celui du Midi.
C'était pour lui une bonne fortune, l’hôpital du Midi étant, comme on le sait, exclusivement consacré au traitement de cette maladie terrible à laquelle l’homme échappe
d'autant moins qu'il court davantage.
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Ricord attaqua de front ce fléau redoutable, que tous les savants avaient jusque-là déjà déclaré incurable.
Il sapa dans sa base le système de Broussais, qui s’entétait à ne soigner les gens atteints de ce mal, que par de simples applications de sangsues,et ne tarda pas à démon-
trer clairement qu’il y avait autre chose à faire pour puri-
fier la masse du sang, que d’en tirer un demi-setier en lais-
sant ic virus dans Îc-reste. .
L'amour de l’art emporta Ricord assez loin.
Afin de prouver l'existence de ce mal effrayant, il alla jusqu’à se l'inoculer à lui-même par des moyens artifi- “ciels. |
C'était là un grand acte de courage et peu de gens l’auraient eu : s’exposer aux douleurs d’une indigestion en se refusant même la satisfaction d’avoir mangé, est d’un stoïcisme rare.
Il est juste d’en tenir compte au célèbre praticien.
Ces expériences eurent d’ailleurs sur sa santé de sérieuses conséquences, et il faillit payer cher son dévouement à la science ; mais il n’y a pas de plaisir sans peine, c’est Écrqui, le consola d’avoir voulu prouver par lui-même qu'il y a des peines sans plaisir.
C’est à Ricord que l'on doit l'introduction e1 France de l'iodure de potassium, ce plomb à bouteilles da corps humain.
On sait les propriétés dépuratives de cette substance qui a souvent corrigé jusqu'aux vices du sang des princes dito. |
En 1836, son Traité sur l’emploi de la pommade mer- curielle dans le traitement des érésipèles lui valut une
médaille d’or de l’Académie des sciences, la même Acadé-
a de de on ee Er e de M Je A A,
mie qui récompensa d’ailleurs un autre chirurgien pour avoir dit le contraire sur le même sujet.
Nous ne voyons rien qui puisse engager davantage les érésipéleux de l’avenir à se faire soigner par un vétéri-
naire.
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En 1844, Ricord fut élu membre de l’Académie de médecine. On lui doit une méthode pour la cure du varicocèle ;
mais Fulbert en avait découvert une encore plus sûre bien
avant lui, si l’on en croit ce certificat que nous avons trouvé dans les archives de l’imprimerie nationale:
« Cure n° 3572. Je souffrais d’un varicocèle, que je « regrette d'ailleurs... J’atteste que, soumis malgré mor
« au traitement du docteur Fulbert, je n’en aï plus res-
« senti aucune atteinte. Signé : ABEILARD. »
Ricord a eu pendant longtemps une clientèle énorme ;
mais ayant été nommé, en 1862, médecin du prince Napoléon, et en 1869 chirurgien consultant de l’empereur, il dut négliger une partie de ses malades, ces deux nouveaux
emplois lui prenant beaucoup de temps.
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Il fut promu, en 1860, commandeur de la Légion d’honneur ; il était reçu aux Tuileries, et peu de personnages de la cour impériale avaient quelque chose de caché pour
lui.
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Au physique, Ricord est un homme d’une taille assez
» , ‘} Q . CE] , u élevée ; l'expression de ses traits n’est pas positivement
aimable ; mais, pour les visages avec lesquels il est en tête.
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le sourire sur les lèvres, ça ne profiterait à personne.
* Il n’est pas brutal avec les malades; mais il n’aime pas qu'on cherche à l’enfoncer. "a
Quand un client — quel que soit son sexe — ne va pas
cela, Ricord l’arrête et lui dit d’un ton qui met immédiatement le patient à son aise: « Pendant que vous y êtes, ne vous gênez pas. dites-mot tout de suite que ca vous est
arrivé en faisant de la décalcomanie. »
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