‹ Le trombinoscopeChapitre 73 sur 307 · LOUISE MICHEL · texte numérisé non relu

LOUISE MICHEL

femme politique FrAnCcalsevpPnée dans la Haute- Marne en 1835.

Douée d’une :intelligencevive,elle étudia l’histoire avec ardeur et ne tarda pas à se passionner violemment pour les héroïnes dont nos annales sont semées.

Un fait qui la frappa surtout — Ou pour mieux dire une interprétation à elle personnelle de ce fait — c’est qu’à chaque coin de notre histoire se trouvait un homme néfaste qu’il eût. suffi de supprimer — du moins elle le croyait — pour que la France fût sauvée.

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La sûreté de ce raisonnement est très contestable, attendu que le malheur des peuples étant toujours bien. moins le fait d’un seul tyran qui les opprime que des huit millions d’imbéciles et de lâches qui se laissent opprimer; détruire le tyran ne servirait pas à grand’chose, puisque les huit millions d’imbéciles ne tarderaient pas à s’en donner — où à en subir — un autre. à.

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La jeune Louise Michel, à notre avis, étudiait donc notre histoire avec un parti pris qui devait bien vite faire pencher son jugement, étant données surtout sa nature ardente et son imagination sans doute malade, dans lesquelles elle eût cherché vainement un contrepoids à ses exagérations juvéniles. me ;

Si Louise Michel avait eu la raison de comprendre que | l’autocratie d’un homme n'est que la résultante fatale de | l’ignorance des masses, elle eût sans doute haï les despotes

avec autant de vigueur; mais elle n’eût certainement pas confondu la cause avec l’effet, et ne se fût pas si déréglément abandonnée à cette toquade, fausse du haut en bas, que, par exemple, l’assassinat de Louis XIV, qui disait

« l'Etat, c’est moi », eût empêché la France de devenir le lendemain l'Etat d’un autre.

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Quoi qu’il en soit, cette préoccupation constante et sans frein devait conduire Louise Michel — naturellement exaltée — à entrer dans la peau de toutes les Judiths anciennes et modernes qui ont de très bonne foi cru trancher d’un seul coup la question sociale et la tête des Holophernes. |

Elle y entra dans cette peau — du moins platonique- RUEDI ne té SH Son premier Holopherne fut Napoléon III — (couvrez-. vous !). É | FREE

- institutrice à Montmartre, elle résolut de tuer Ê Mai ais ae se contenta de lui adresser, à que anniver- | : ire du 2 décembre 1851, des poèmes républicains.

Aussi acérés que Étecent les vers de Louise Michel, ils n'étaient ni assez bons ni assez mauvais pour faire mourir A de rage ni de rire Vélocipède père, qui d’ailleurs était as uré, Ron résisté à ceux des Châtiments.

ù dns la guerre, Louise Michel se ft non seulement

‘infirmière, mais encore soldat.

- Prenant tour à tour le chassepot et l’irrigateur, elle 4 donna avec courage des lavements et aux avant-postes.

Vint la Commune, période qui n'était pas faite pour

calmer la fièvre d’une femme de cette trempe.

5 Louise Michel, reprise de son tic originel, chercha 4 autour d’elle un second Holopherne.

x Celui-ci apparut immédiatement à ses yeux sous les pee de M. Thiers — (couvrez-vousl).…. |

Elle offrit au gouvernement insurrectionnel d’aller le

. poignarder à Versailles.

Il paraît que le comité central eut toutes les peines du 4 monde à la détourner de ce projet.

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Donbst-ce bien à cette raison que le petit père : Transnonain 3 3 dut de ne pas se réveiller un matin la tête enfermée dans s sa 4 table de nuit?

— Ou bien Louise Michel continua-t- ces en cette circons- “ rance, à être la femme du premier mouvement... qui ne cède qu’au second?

On ne le sait pas encore au juste. | Toujours est-il que son Holopherne à lunettes (cou-

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vrez-vous!)... mourut tranquillement quelques années plus tard d’une indigestion de haricots verts.

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Blessée en défendant le fort d’Issy contre les Versail-

lais, pendant que Félix Pyat, les mains noires de poudre...

de charbon, achetait chèrement sa vie, les bretelles à la main, au fond d’un bateau de houille, Louise Michel alla au-devant de Galiffet vainqueur et se dénonça elle-même avec impétuosité.

Devant le conseil de guerre, elle se montra d’une fierté qui eût ému ses juges, s'ils ne l’eussent été déjà.

Louise Michel fut déportée à la presqu'île Ducos.

Là, cette ignoble tricoteuse, cette furie altérée de sang, ce monstre de haine, trouva encore le moyen de donner carrière à ses instincts méchants, vils et criminels.

Elle prit autour d’elle les enfants des exilés, passa ses jours à les instruire et ses nuits à les veiller. |

Elle soigna les malades, vint en aide aux infirmes, se priva de repos pour soulager les uns, de pain pour nourrir les autres ; donna ses vêtements pour habiller les petits, son feu pour réchauffer les grands; se fit enfin la mère des jeunes, la fille des vieux, la servante de tous.

Bref, une bien sale nature!

Pourtant ces nombreuses et infâmes occupations ne suffisaient point à éloigner de Louise Michel le dada favori de sa vie entière.

Entre la confection d’un cataplasme et le pansement d’un vésicatoire, elle rêvait à son troisième Holopherne.

Après avoir cherché pendant quelque temps quel était le mortel dont la suppression ferait le plus de bien à la France, elle s'arrêta au petit VéLoctPÈDE [V.

Et elle conçut le projet d’aller le tuer avant qu’il n’eût le temps de monter en graine.

Cette fois encore, l'incident n’eut pas de suites.

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