‹ Le trombinoscopeChapitre 8 sur 307 · LEON · texte numérisé non relu

LEON

EE Avocat et homb * me politique A français, né à AR a Cahors le 30 oc-

tobre 1838,d’une famille génoise,

# suivant Vape- GE reau; les bonax { partistes dirent #4 longtemps : gé- : neUsSer, Malte As nant, c’estle tour

des intransi-

geants.

M: Gambetta se lança dans les , rangs de l’oppo- sition etsefitune

spécialité de dé-

fendre devant la justice les accusés politiques.

Îl apporta tant de chaleur et de passion dans ses plaidoyers, que ses clients empochèrent régulièrement deux ou trois ans d'emprisonnement de plus que s'ils eussent été défendus par Lachaud ou tout autre ; mais la popularité du 2 jeune avocat n'en, grandissait que plus vite, ce qui était le pour eux une compensation.

» de la liberté, cé bien le plus sacré, contre un pouvoir

On sait, en effet, de quelle façon les avocats politiques défendent leurs clients : RAR ge

« Messieurs les juges — disent-ils — cet homme que » vous avez dévant vous a traité de grand melon le sergent » de ville qui lui avait flanqué un coup de casse-tête dans » le dos; il ne faut pas donner à cetté injure une impor= » tance autré qué son importance réelle. Dañs un délit, on » doit avant tout considérer l'intention; mon client a voulu » dire grand mufle !.. c’est l'expression qui lui a manqué».

» Je ne vous parlerai pas, messieurs les juges, du rés. ÿ pentir de l’accusé, il n’en a pas!... ét je profiterai dér » cette occasion qui m'est offérté pour protester au nom

» indigne et despotiqué qui nous opprime depuis vingt » ans, et qui, un jour ou l’autre, doit disparaître par » l'excès même de son infamie!... Oui, messieurs les » juges! le moment approche où les peuples, bri- DA SANT sa ETC: 24 etc. » |

On voit le reste d'ici; les juges, furieux, font la bonne“ mesure à l'accusé, et l’avocat met, en rentrant chez lui, cinq mille voix en portefeuille pour les élections prochaines.

En décembre 1868, plusieurs journaux qui avaient ouvert des souscriptions pour élever un monument au représentant Baudin, furent poursuivis; M. Gambetta les défendit avec une vigueur dont tout le monde fut transporté; les accusés, même, furent à deux doigts de l’être.

En mars 1860, il plaida d’une manière non moïns brillänte pour le journal toulousain l'Emancipationÿ et aux élections il fut élu victorieusemient à Paris.et à Marseille; il opta pour cette dernière ville.

Pour préparer son élection, M. Gambetta avait dû prononcer de nombreux discours dans les réunions publiques; il y gagna une laryngite qui l’atteignit à peine élu, ét il dut prendre quelques jours de repos qu’il employa, dit-on, moins à retrouver son organé qu’à chercher sa yoté, car dans les rangs des purs, il était déjà entaché d...’indécision.

IT revint prendre sa place au Corps législatif, où, pas plus que ses collègues Jules Favrés, Jules Simon et autres, | il n'eut assez de vigueur pour provoquer le réñversement

de l’Empire, après les honteuses défaites de Vélocipède père.

Comme eux, cependant, il fut désigné pour faire partie du gouvernement de la Défense nationale et prit part à ses travaux. On assure, à son honneur, qu’il donnait un peu moins que ses collègues dans le plan T'rochu, et qu’il voulait imprimer à la défense une allure révolutionnaire; mais chaque fois qu’il prenait la parole dans ce sens, le général Trochu faisait avec terreur le signe de la croix et dressait

son buvard entre lui et Gambetta, comme si ce dernier voulait lui jeter un sort.

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Quand l'investissement de Paris fut complet, soit qu'il

eût plein le dos de voir M. Trochu persister à défendre

Paris en brûlant des cierges, soit que ses collègues ne fussent pas fâchés de l’éloigner, M. Gambetta enjamba les lignes prussiennes en ballon et alla organiser la résistance de la province à Tours.

Là, le fougueux tribun, qui paraissait vouloir enfin, après ses premières hésitations, entrer tête baissée dans les traditions de 02, s’en donna à cœur-joie, délivré du voisi-

nage engourdissant de ses collègues de Paris. |

La lumière n’est pas encore faite sur les agissements de M. Gambetta à Tours et à Bordeaux, où il alla ensuite.

Le succès n’ayant pas couronné son œuvre, beaucoup de gens l'ont attaqué; mais, d’après ce que l’on sait jusqu'ici, 1l est permis de croire, en tenant compte des difficultés de la situation, que le jeune républicain souleva plus de montagnes, en trois mois, que le général Trochu de Sainte- Geneviève n’eût préparé de sorties en cinquante années.

Il organisa des armées, congédia les anciens fonction-

naires de l’Empire, fit arrêter les princes d'Orléans qui

étaient accourus se mêler de ce qui ne les regardait PAMACIC etc. |

Quand M. Jules Favre eut signé le soi-disant armistice qui désarmait la France entière, M. Gambetta refusa de souscrire à cette honte, et donna sa démission.

M. Gambetta, de tous les hommes qui traversèrent la crise de 1870, fut le seul dont la popularité survécut quelques semaines à nos désastres.

On disait bien un peu déjà que, chez M. Gambetta, le patriote était fortement doublé de l’homme adroit et soigneux de sa popularité; sa retraite et son silence, après la conclusion de la paix, donneraient quelque créance à cette opinion.

Quoi qu'il en soit et comme, en résumé, 1l n’y a pas de saints sur la terre, il demeure avéré que M. Gambetta, débordé, noyé par le mauvais vouloir et les principes routiniers des provinces, eût fait merveille à Paris, secondé par l’élan républicain que les Trochu et consorts redoutaient comme le feu.

L'histoire fera la part de chacun : soulever les poireaux au nom de la République, était presque aussi impossible que de magnétiser l’obélisque ; et avoir tenté — même en vain — d’enflammer les provinces, sera toujours plus glorieux que d’avoir réussi à éteindre Paris.

Après qu'il eut quitté le pouvoir, M. Gambetta se tint quelque temps à l'écart. 11 se reposait l'esprit en construisant des bibelots d’étagère.

IT avait — entre autres choses — imaginé un petit baromètre assez original qu’il appelait : baromètre Trochu.

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