SCENE Xr
LE MARQUIS, bas à Fanchette, \ merveille...
FANCHETTE, baS,
Brave garçon !
FABIEN, à Goulard.
Je suis votre prisonnier!... mais vous sentez que, dans ma position, j'ai besoin de me recueillir. Je désire qu'on me laisse seul quélquesinstans... avec madame... Il montre la Présidente.
LA PRÉSIDENTE, alarmée.
Comment?
LE MARQUIS, Itiquict.
Plaît-il ?
FANCHETTE, dû même et d^un air léger.
Qu'est-ce qu'il dit donc?...
FABIEN, de même.
Au point oiî nous en sommes, nous avons à causer d'affaires de famille !... C'est pour cela que vous veniez me voir en secret, n'est-ce pas, chère amie?
LA PRÉSIDENTE, à part.
Eh! mais...
GOULARD, s'inclinantj à Fabien.
C'est trop juste, monseigneur...
LE MARQUIS, bttS.
Eh quoi! vous souffririez?
FANCHETTE, bas et se révoltant.
Ça ne se peut pas!... ça ne se peut pas!...
LE MARQUIS, vivement.
Je m'y oppose...
GOULARD, de même.
Comment, tu t'y opposes! Voilà du nouveau!... De quoi te mêles-tu?...
LE MARQUIS, se reprenant.
C'est-à-dire... non... je ne m'y oppose pas... je veux dire qu'il ne serait pas convenable...
GOULARD, à mi-voix.
Pourquoi donc?... Deux tendres époux !... On a tant de choses à se dire!... c'est une consolation qu'on ne peut leur refuser !
56 SCLNE Xll.
FANCHETTE, s'obstittant.
Mais, c'est ma chambre!...
LE MARQUIS, appuyafit.
C'est sa chambre !...
GOULARD, de même.
Qu'elle sera trop heureuse d'offrir à son parrain!... D'ici à la prison , il pourrait s'évader!... Je le garderai plus facilement... Allons-nous en!... (Ils montent,) LE MARQUIS, à part.
Morbleu !
FANCHETTE, quî s^sst approchée de Fabien et le pinçant. C'est affreux!... Et vous mériteriez...
FABIEN
Oh!
GOULARD, r^evenant et faisant passer Fanchette. Laisse donc ton parrain... Elle le mangerait de caresses, si on la laissait faire !
FABIEN, à part.
Il y paraît... (Haut à Fanchette.) C'est bien! c'est bien, petite! je suis sensible h vos preuves d'affection ! GOULARD, respectueusement.
M. le marquis, je cours rendre compte de ma capture au conseil de ville et prendre ses ordres. Je vais entourer la maison de sentinelles pour votre sûreté... (D'un air goguenard.) et pour que vous ne soyez point importuné.
FABIEN, avec majesté.
J'y compte, mon cher!
FANCHETTE, btts au Marquîs, Qu'est-ce que ça va devenir !
LE MARQUIS, à part et faisant des signes à la Présidente. Ah !... si je pouvais trouver un homme dévoué !
GOULARD, les poussant dehors, au fond. Allez donc!... vous êtes d'une indiscrétion !...