SCENE IL î
GOULARD
Toi, petite séditieuse! Mazarine déguisée!...
FANCHETTE, avec âme.
Pour mon parrain... qui a toujours été si bon pour moi!... (Gesticulant avec son fer à relever les plis.) je me jetterais dans le feu î
GOULARD, secouant les doigts qu'elle lui attrape. Ce n'est pas une raison pour me brûler les doigts ?
FANCHETTE, avcc cxaltation.
Dieu! mon parrain!...
GOULARD
Ne m'en parle plus!... Je le hais autant que Mazarin ?
FANCHETTE
Et pourquoi haïssez-vous Mazarin?
GOULARD
Parce que... je le déteste !
FANCHETTE
Qu'est-ce qu'il vous a fait?
GOULARD
Il m'a fait... que je l'exècre ! Et s'il étaitlà, je lui dirais avant de le pendre ; comment, misérable!... Non... je le pendrais d'abord, et je lui dirais ensuite... Comment ! drôle !... Hein ! qu'est-ce qu'il y a ?
MOUSQUETON, qui a entr'ouvert la porte.
Un homme qui se sauve parla petite ruelle du marché.
GOULARD
Un suspect... un espion !... Eh vite ! En marche ! FANCHETTE, l'arrêtant.
Dès que Fabien sera arrivé, vous ne nous ferez pas attendre, mon oncle, pour le mariage... Car, enfin, ce garçon est nécessaire au prince de Condé pour prendre Paris.
GOULARD, d'un air fin.
Oui... oui... et tu ne t'attends guère à ce que... Sois tranquille, je reviendrai quand ma ronde sera finie... {Avec force.) Allons, Mousqueton... des yeux de sphynx! et un jarret de fer!... n^^