DUO
MOUTON
Dieu la reine ! — Est-ce bien la reine que je voi !
(Il passe à droite.)
JANE
Oui c’est moi,
Moi dont la folie est feinte,
Moi, que vous avez contrainte A ce triste moyen d’excuser une erreur,
4)ont le souvenir seul me fait rougir d’horreur 1
[Elle remonte.)
MOUTON
(Parlé.)
Majesté... ma reine... ma femme...
jane, se retournant brusquement.
Hein ?... ( Elle descend lentement .)
MOUTON
Pardonnez-moi, madame.
Je tombe à vos genoux !
Ah 1 croyez que mon âme Souffre en pensant à vous!
C’est ubé erreur étrange,
.Qui vint vous abuser...
Car, vous seule, cher ange,
Voulûtes m’épouser.
4 Jane, Mouton.
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le trone d’Ecosse
os
ENSEMBLE
jane, * passant à droite.
A l’affreuse pensée Qui pèse sur mon cœur,
Je me sens enlacée Dans un réseau d’horreur !
Qui calmera ma peine?
A-t-on jamais pu voir S’écrouler une reine De son trône au comptoir ?
MOUTON
A la seule pensée De sa fatale erreur,
Ma royale épousée Sent se briser son cœur !
La pauvre souveraine,
Elle ne peut me voir ;
Ça lui fait de la peine D entrer dans un comptoir.
JANE
Je vais quitter le palais de mes pères,
Puisque pour moi vous ôtes sans pitié ;
Je vais vous suivre en vos projets vulgaires!
Je l’ai signé I je suis votre moitié!
O sort funeste 1 Et plus triste avenir I Le souvenir
Est tout ce qui me reste :
Je m’en vais vivre avec le souvenir !
{Elle sc dirige tristement vers la porte du fond.)
MOUTON
Arrêtez I non ! c’est impossible !
{Jane sarrêle.)
Que faut-il donc pour briser entre nous
Ce contrat qui vous semble horrible ?...
Que vous faut-il ? Ma vie ? Eh bien I elle est à vous !
jane, descendant vivement.
Qu’entendez-vous par là ?
MOUTON
Que j’accepte une épreuve, Devant laquelle ne recula pas,
Naguère, un Espagnol qui s’appelait Ruy-Blas !
Dites un mot! et la reine d’Écosse est veuve !
* Mouton, Jane.
le trone d’écosse
jane, stupéfaite.
Vrai Dieu I d'un noble cœur c’est me donner la preuve. C’est un beau dévoûment que vous proposez là !
Je l’accepte monsieur 1
mouton, à part, interdit Bigre ! comme elle y va !
ENSEMBLE
JANE
O joie immense !
Vers l’espérance Mon cœur s’élance À cet aveu 1 Ah I c’est, en somme, Un gentilhomme,
Un héros comme On en voit peu !
MOUTON
Vers l’espérance Son cœur s’élance, Mais je m’avance Peut-être un peu ;
Car c’est, en somme, Pour un brave homme, Une fin comme On en voit peu !
jane, acec empressement.
Vite, monsieur, dites-moi vite ^Juand et comment-vous agirez ?
mouton, sans élan.
Mon Dieu ! madame, en ma conduite C’est vous qui me dirigerez 1 Et le moyen... c’est vous, vous... qui le choisirez!
jane, acecjoie.
Ah ! que de reconnaissance !
Rassurez- vous... je ne tiens pas à la souffrance... La promptitude suffira.
mouton, pileux.
On n’est vraiment pas plus délicat que cela !