‹ Le trone d'Ecosse opera bouffe en trois actes et quatre tableaux de MM. Hector Cremieux et Adolphe JaimeChapitre 57 sur 62 · DUO · texte numérisé non relu

DUO

MOUTON

Dieu la reine ! — Est-ce bien la reine que je voi !

(Il passe à droite.)

JANE

Oui c’est moi,

Moi dont la folie est feinte,

Moi, que vous avez contrainte A ce triste moyen d’excuser une erreur,

4)ont le souvenir seul me fait rougir d’horreur 1

[Elle remonte.)

MOUTON

(Parlé.)

Majesté... ma reine... ma femme...

jane, se retournant brusquement.

Hein ?... ( Elle descend lentement .)

MOUTON

Pardonnez-moi, madame.

Je tombe à vos genoux !

Ah 1 croyez que mon âme Souffre en pensant à vous!

C’est ubé erreur étrange,

.Qui vint vous abuser...

Car, vous seule, cher ange,

Voulûtes m’épouser.

4 Jane, Mouton.

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le trone d’Ecosse

os

ENSEMBLE

jane, * passant à droite.

A l’affreuse pensée Qui pèse sur mon cœur,

Je me sens enlacée Dans un réseau d’horreur !

Qui calmera ma peine?

A-t-on jamais pu voir S’écrouler une reine De son trône au comptoir ?

MOUTON

A la seule pensée De sa fatale erreur,

Ma royale épousée Sent se briser son cœur !

La pauvre souveraine,

Elle ne peut me voir ;

Ça lui fait de la peine D entrer dans un comptoir.

JANE

Je vais quitter le palais de mes pères,

Puisque pour moi vous ôtes sans pitié ;

Je vais vous suivre en vos projets vulgaires!

Je l’ai signé I je suis votre moitié!

O sort funeste 1 Et plus triste avenir I Le souvenir

Est tout ce qui me reste :

Je m’en vais vivre avec le souvenir !

{Elle sc dirige tristement vers la porte du fond.)

MOUTON

Arrêtez I non ! c’est impossible !

{Jane sarrêle.)

Que faut-il donc pour briser entre nous

Ce contrat qui vous semble horrible ?...

Que vous faut-il ? Ma vie ? Eh bien I elle est à vous !

jane, descendant vivement.

Qu’entendez-vous par là ?

MOUTON

Que j’accepte une épreuve, Devant laquelle ne recula pas,

Naguère, un Espagnol qui s’appelait Ruy-Blas !

Dites un mot! et la reine d’Écosse est veuve !

* Mouton, Jane.

le trone d’écosse

jane, stupéfaite.

Vrai Dieu I d'un noble cœur c’est me donner la preuve. C’est un beau dévoûment que vous proposez là !

Je l’accepte monsieur 1

mouton, à part, interdit Bigre ! comme elle y va !

ENSEMBLE

JANE

O joie immense !

Vers l’espérance Mon cœur s’élance À cet aveu 1 Ah I c’est, en somme, Un gentilhomme,

Un héros comme On en voit peu !

MOUTON

Vers l’espérance Son cœur s’élance, Mais je m’avance Peut-être un peu ;

Car c’est, en somme, Pour un brave homme, Une fin comme On en voit peu !

jane, acec empressement.

Vite, monsieur, dites-moi vite ^Juand et comment-vous agirez ?

mouton, sans élan.

Mon Dieu ! madame, en ma conduite C’est vous qui me dirigerez 1 Et le moyen... c’est vous, vous... qui le choisirez!

jane, acecjoie.

Ah ! que de reconnaissance !

Rassurez- vous... je ne tiens pas à la souffrance... La promptitude suffira.

mouton, pileux.

On n’est vraiment pas plus délicat que cela !

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