‹ Le Trou de Conjugaison vertébral et l'Espace epiduralChapitre 12 sur 61 · II. — Les articulations et les ligaments du trou · texte numérisé non relu

II. — Les articulations et les ligaments du trou

de conjugaison

Sur le pourtour osseux viennent prendre attache un certain nombre de ligaments appartenant aux articulations intervertébrales. Ce sont :

1° Le ménisque intervertébral en avant:

2° L’articulation apophysaire en arrière.

Il faut ÿ ajouter :

Les ligaments jaunes en arrière.

Les expansions du ligament vertébral postérieur en avant.

Enfin la dure-mèrerachidienne accompagnant les racines vient se continuer au niveau du trou de conjugaison avec le périoste et le surtout fibreux qui tapisse les faces latérales des vertèbres. Son étude prendra place avec celle du con-

tenu.

r° Le Ménisque intervertébral. — C’est la paftie postérieure et latérale du ménisque intervertébral qui forme une bonne partie de la paroi antérieure du trou de conjugaison. Mais la hauteur des disques tend à augmenter à mesure que l’on descend ; à la colonne cervicale le disque ne représente que le quart de la hauteur du corps, à la région dorsale un tiers, à la région lombaire la moitié. Cette disposition est légèrement modifiée par ce fait que les ménisques ne sont point également aplatis, étant suivant la région plus épais en avant ou en arrière.

Aux régions extrêmes cervicales et dorsales, le bord postérieur du ménisque, le seul qui nous intéresse, est plus mince, à la région dorsale au contraire, par suite

de la cyphose normale il est plus épais que le bord antérieur. | piton

C’est donc surtout à la partie inférieure dorso-lombaire, que les trous de conjugaison sont limités, sur une importante partie de leur paroi antérieure, par le disque intervertébral.

Pour les deux premiers trous de conjugaison, à allure si spéciale, ce n’est point un disque, mais la capsule articulaire, l'articulation occipito-atloïdienne pour le premier, atloïdo-axoïdienne pour le second, qui forment la paroi antérieure du trou. ji

2 L’articulation apophysaire. — Les articulations apophysaires vertébrales sont des arthrodies. Celles des régions cervicale et dorsale supérieure ont des surfaces planes placées obliquement en bas, en dehors, eten arrière; dotées de mouvements de glissement assez étendus, lorsqu'ils ne sont pas arrêtés, comme à la région dorsale, par l'obliquité des lames.

La surface encroûtée de cartilage est par conséquent plus étendue à la région cervicale afin d'assurer le eontact dans les positions extrêmes de flexion, extension ou rotation.

À la région lombaire, les surfaces s'emboitant en segments de cylindres concentriques à axe vertical, l'apophyse articulaire de la vertèbre supérieure est en dedans, tournant sa surface cartilagineuse convexe en dehors et est engainée par l’articulaire de la vertèbre inférieure. La mobilité en paraît au premier abord diminuée, en réalité, elle est plus accentuée que pour la région dorsale.

La dernière articulation apophysaire lombaire, sacrovertébrale apophysaire, est remarquable par l'étendue de ses surfaces articulaires plus hautes de 5 millimètres que celles de la première lombaire. L’interligne articulaire se trouve éloigné de la ligne médiane d’un bon centimètre de

plus que les autres articulations lombaires. C’est dans cette articulation et dans la sus-jacente que se passent la moitié des mouvements de flexion et d'extension de la colonne dorso-lombaire. A cause de la bascule en avant du sacrum qui iafléchit le ménisque sacro-lombaire à 30 degrés sur l'horizontale, c'est l’apophyse de la cinquième lombaire qui empèche le glissement du rachis en avant du sacrum (spondylesthésis), cet accident peut se trouver réalisé par la flexion exagérée du rachis, et peut être facilité par l'obliquité et le manque de développement de cette apophyse, ou l'insuffisance de profondeur de l’apophyse articulaire sacrée. ,

La capsule de l'articulation apophysaire forme un manchon cylindrique fibreux inséré en haut à la limite du revêtement cartilagineux qui encroûte la facette supérieure; en bas, à 2 ou 3 millimètres du rebord cartilagineux de la facette inférieure. Sa partie antérieure qui tapisse le trou de conjugaison, est la plus amincie, et n’est pas, comme la postérieure, renforcée par un ligament, l'union des corps vertébraux assurant, sur celte face, sa solidité.

A la région cervicale la capsule est mince et lâche, favorisant la mobilité; aux régions dorsales et lombaires, elle est plus serrée; sur la dernière articulation sacro-vertébrale elle est plus lâche à cause de l'étendue des mouvements. Sur elle. la synoviale, mince et élastique, tapisse la face interne du manchon fibreux.

3° Le ligament jaune. — Ces ligaments qui unissent les lames vertébrales entre elles s’insèrent d'une manière générale, d’une part, au bord supérieur de la lameinférieure, de l’autre, à la face antérieure de la lame supérieure.

Nous ne voulons pas revenir sur leurs caractères anatomiques bien connus, mais ce qui nous parait plus intéres-

sant, ce sont leurs rapports exacts avec les trous de conjugaison.

C’est par leurs bords externes qu'ils viennent en contact avec les articulations apophysaires et peuvent ainsi doubler la paroi postérieure du trou. Mais leur disposition n’est pas la même dans les divers segments rachidiens.

A la région cervicale, soit par manque de largeur, soit plutôt par suite de la situation très latérale des articulations apophysaires, les ligaments jaunes n’ont qu'un contact très réduit avec l'articulation apophysaire et le trou de conjugaison. Ils viennent effleurer la partie la plus profonde de celui-ci, et sont séparés de la capsule par une petite expansion de la synoviale.

Aux régions dorsale et lombaire, ils viennent en contact, plus nettement, avec l'articulation apophysaire et doublent la face antérieure de la capsule. Mais c’est surtout à la région dorsale que ces rapports sont intéressants, car les apophyses articulaires sont ici peu détachées des lames et l'interligne articulaire de l'articulation apophysaire est sensiblement dans un plan parallèle au ligament jaune. En sorte que les ligaments jaunes de la région dorsale tendent à former, au devant de la capsule de ja petite articulation apophysaire, un épais matelas élastique, dont les fibres verticales presque parallèles à celles de la capsule s’insèrent en bas jusie en dedans de l'articulation, et en haut, juste au-dessus de la surface articulaire supérieure.

Ce rapport étroit nous fait prévoir combien les lésions anatomiques de ces ligaments auront, dans cette région, une tendance précoce à retentir sur la mobilité de ces articulations.

4° Le ligament vertébral postérieur. — 11 présente des rapports beaucoup moins étroits avec le trou de con-

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