I. — Les vaisseaux
A) Artères. — Les artères du trou de conjugaison ou artères spinales, sont fournies; à la région cervicale, par la vertébrale qui passe elle-même dans le premier espace, et, pour la huitième cervicale par la cervicale ascendante, à la région dorsale par les artères intercostales, à la région lombaire, par les artères lombaires.
Nous laissons de côté l’artère vertébrale qui passe dans la première fente de conjugaison et qui forme un vaisseau tout à fait à part.
Nous ne reviendrons pas sur l’ancienne conception des anatomistes, Sappey, Cruveilhier, Farabeuf, qui ne considéraient ces branches que comme des voies de renforcement à la circulation intrarachidienne, essentiellement assurée par deux artères verticales appliquées sur les faces antérieure et postérieure de la moelle, la spinale antérieure et la spinale postérieure.
Actuellement, à la suite des travaux de Rauber, Adamckievicz, Charpy, les artères médullaires sont considérées
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comme des artères seymentaires : chacune d'elles pénètre par un trou de conjugaison et se distribue à un métamère, « Chaque artère spinale, dit Tanon dans sa thèse (6), branche de bifurcation dorsale des artères intercostales ou lombaires, pénètre par. le trou de conjugaison et aborde le le nerf mixte au point de réunion de ses deux racines : l’une est radiculaire antérieure, l’autre radiculaire postérieure ».
Ainsi, dès son entrée dans le trou de conjugaison, l’artère spinale contracte des rapports si étroits avec ie nerf rachidien qu'elle perfore la dure-mère, comme nous le verrons plus loin, et chemine au contact des troncs nerveux, sous la mince gaine sous-arachnoïdo-pie-mérienne qui les accompagne dans leur trajet intra-méningé. Mais il s’en faut qu'au niveau de chaque trou de conjugaison, les artères spinales aient une disposition toujours semblable.
Si l’on considère dans l’ensemble du rachis mobile, il ny à guère, en moyenne, qu'une artère spinale sur quatre, qui soit développée, soit environ 12 à 13 en tout (Charpy). tr ;
Ce qui fait l'intérêt de la distribution de ces artères, c'est que leurs branches intra-médullaires sont terminales, et que leurs lésions peuvent entraîner dans un organe à nutrition particulièrement délicate, des troubles qui retentissent sur le fonctionnement du territoire médullaire intéressé. Il existerait donc, suivant Tanon, une topographie vasculaire des lésions de la moelle par oblitération d'un des gros trous principaux. l
Cette lésion peu sans doute s’observer en clinique à la suite d'oblitération intrinsèque des artères par embolie ou thrombose.
Elle peut aussi être provoquée par la compression artérielle,auniveau dutroude conjugaison, comme Tanon semble
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l'invoquer pour l'interprétation de certains cas de maux de Pottà symptômes médullaires anormaux. Nous verrons plus loin que cetteopinion paraitpeudéfendable, vulelarge espace accordé aux organes de passage dans le trou de conjugaison, et le fait que les vertèbres peuvent subir des déplacements même des incurvations sans que la circulation en soit troublée. En pareil cas, ce sont les troncs nerveux, du trou de conjugaison, qui manifestent, à cause de leur délicatesse, leur souffrance d'une manière bien plus précoce.
B) Les veines. — Si les arlères occupent, dans les trous de conjugaison, ur espace minime par rapport aux dimensions de l’orifice, il n’en esl pas de même des veines et des plexus veineux, qui, à travers le trou, font communiquer le réseau intra-rachidien et le réseau extra-rachidien.
Il y a là en effet un plexus très développé, à parois miveineux, mi-sinusiennes, avec des valvules ouvertes vers l'extérieur, et qui sert d’émissaire à la circulation intrarachidienne.
On sait qu’il existe dans le canal rachidien, de chaque côté de la ligne médiane, deux voies verticales, les plexus longitudinaux antérieur et postérieur, et des voies horizontales, au niveau de chaque vertèbre, ce soni les plexus transverses antérieurs et postérieurs, unissant l’un à l'autre les plexus longitudinaux du même nom; et des plexus transverses latéraux qui, longeant la face interne du pédicule, encadrent en-dessus et en-dessous le trou de conjugaison. Voici la description qu’en donne Hovelacque : « L’orifice interne du trou de conjugaison, et, par suite, le passage du nerf et du cône d'insertion de la dure-mère, est encadré par un anneau (circellus foraminis) que lui forment de chaque côté les plexus longitudinaux antérieur et postérieur; des plexus latéraux émanent les veines, ordinairement au nombre de quatre principales, deux supé-
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rieures et deux inférieures qui occupent les angles du canal de conjugaison et débouchent extérieurement dans la grosse veine collective », c’est-à-dire dans les vertébrales, les intercostales ou les lombaires; ces veines, d'après Walter, fournissent, grâce à des anastomoses transversales,un anneau veineux externe. |
Cette embouchure est valvulée. Outre les veines principales, il y a, soit par leurs anastomoses soit par l'adjonction de veines secondaires, parfois au nombre de 20, de6o même, un véritable plexus, appliqué contre la paroï du canal de conjugaison à laquelle il est uni par un tissu cellulograisseux lâche, dont il est en général facile de détruire les adhérences sauf au niveau des quatre veines angulaires (Walter). « J'ai toujours vu la grosse masse des veines passer en avant des ganglions » (Charpy). De la face interne de ce plexusse détachent des branches plus déliées qui se jettent sur la gaine fibreuse du nerfet qui formentun plexus péri-ganglionnaire intimement adhérent à Ja racine rachidienne. A la région dorsale, les connexions du plexus avec le nerf sont plus intimes qu’à la région lombaire. A la région cervicale les plexus sont amincis et à mailles si denses que le canal de passage du nerf ne semble qu’un étroit conduit, placé au centre d’une masse régulière de grosses veines intimement accolées les unes aux autres.
« Le rôle de ces plexus est des plus importants. Ils convoient tout le sang intra-rachidien, osseux et médullaire. Ils permettent, en se vidant, l'expansion systolique de la moelle et le déplacement du liquide céphalo-rachidien. Leur congestion exerce vraisemblablement une influence sur le ganglion et le nerf rachidiens qu'ils enveloppent étroitement » (Walter).
C) Lymphatiques. — Les descriptions, concernant les lymphatiques des enveloppes méningées, sont obscures,
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et sans précision. Un fait paraît cependant certain, c'est que les gaines sous-arachnoïdiennes, et arachnoïdiennes se prolongent par de fins espaces, injectables sous pression, à l’intérieur des fibres des racines rachidiennes et au delà du ganglion ; ce sont là des voies étroites. En plus d'elles, l’espace épidural contiendrait un certain nombre de ramifications lymphatiques qui se diviseraient dans des manchons vasculaires autour des artères spinales. A Ja sortie du trou de conjugaison, ces gaines lymphatiques feraient un anneau complet autour des vaisseaux sanguins et du funicule. La description ci-dessus a été décrite par Obersteiner chez les animaux; chez l’homme, Monsseaux (8) a pu suivre, dans les propagations cancéreuses, les canaux lymphatiques du trou de conjugaison atteints de lymphangite cancéreuse.
Ces réseaux lymphatiques viennent se jeter dans les
ganglions para-vertébraux.