CHAPITRE VIII
Physiologie pathologique
L'étude des altérations des trous de conjugaison dans les diverses affections vertébrales, montre que celui-ci est souvent atteint soit pour son propre compte, soit à la suite de lésions de voisinage.
De tous les organes rencontrés au niveau du trou de conjugaison, deux nous paraissent particulièrement dignes d'attirer notre attention, c’est l'articulation apophysaire, ou articulation du trou de conjugaison, et le funicule vertébral.
L’atteinte de l’articulation entraine, outre la souffrance locale, l'immobilisation et la contracture des muscles périarticulaires, c’est-à-dire des muscles des gouttières vertébrales.
L’atteinte du funicule a pour conséquence essentielle la douleur irradiée à topographie radiculaire, c'est-à-dire dans le territoire de la racine sensitive correspondante.
Elles s’accompagnent rarement de troubles de la sensibilité objective ; pour deux raisons :
1° L’atteinte du nerf est habituellement superficielle ;
20 Les expériences de Sherringlon ont démontré que la section de trois racines conséculives était nécessaire pour obtenir une anesthésie complète sur un territoire cutané déterminé ; chaque funicule ayant son individualité propre et ne contenant des fibres que d’une seule racine, la lésion
J. Forestier 7l
de plusieurs funicules consécutifs serait nécessaire pour produire un trouble grave de sensibilité objective, et le cas se réalise rarement en pratique.
Le territoire de la névralgie, nous l'avons vu, correspond à celui de la racine, c’est un trouble pseudo-radiculaire, et pour en identifier la topographie, il n y aura qu'àse reporter aux schémas d’innervation sensitive de Thorbumet de Sherrington. Déjerine, dans sa séméiologie du système nerveux (35) a développéla description de ces territoires d'une manière très précise et pratique, qui permet de s y adresser chaque fois que l'on veut vérifier une localisation. Quant aux troubles moteurs, ils sont habituellement légers ou absents, car, d'une part, les fibres motrices présentent une résistance bien plus grande que les sensitives aux agressions extérieures, et,de plus,chaque funicule dissémine ses fibres dans un groupe musculaire où il s’associe avec les funicules adjacents, si bien que l'atteinte d’un seul est insuffisante à troubler gravement la motricité.
Si nous examinons dans l’ensemble les altérations du trou de conjugaison, nous voyons qu'il peut être touché soit dans son contenant soit dans son contenu.
Tantôt c’est le pourtour osseux (fractures, luxations, mal de Pott) qui se déforme ; tantôt les articulations apophysaires (arthrites aiguës) ; ou les ligaments jaunes etles ménisques (spondylose).
Dans d’autres cas ce sont les organes du trou de conjugaison qui se modifient dansun orifice aux contours intacts : les veines, le cas est rare; les lymphatiques (cancer vertébral secondaire, scoliose secondaire), cela est plus fréquent ; les artères, ce serait possible, d’après Tanon. Le tissu cellulo-graisseux enfin, qui paraît être le siège de beaucoup le plus constant de linflammation du trou de conjugaison, soit qu’il soit atteint d'une manière primitive
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(épidurite, cellulite) soit qu’il réagisse aux irritations du voisinage (arthrites, ligamen tites). Quant au funicule luimême, s’il est rarement pris pour lui-même, il réagit à toutes les altérations du voisinage par la douleur irradiée.
Nous avons résumé dans le tableau suivant le mécanisme de l'atteinte du trou de conjugaison.