AVANT-PROPOS
Parmi les syndromes névralgiques observés en pathologie, il en est qui relèvent de l'atteinte des troncs nerveux dans la région où, quittant l’enveloppe protectrice de la cavité cranienne ou du canal rachidien, ils s'engagent soit dans les conduits osseux, soit dans les fentes ou des trous ostéo-fibreux.
Les premiers de ces canaux se rencontrent surtout à la base du crâne à l'émergence des diverses paires craniennes et en particulier du tronc du facial et des branches périphériques du trijumeau ; leur inflammation constitue pour une grande part, les névralgies dites essentielles du trijumeau, et sans doute aussi la paralysie faciale à frigore. Quant aux secondes, elles sont surtout représentées par les trous de conjugaison vertébraux, siégeant de part et d’autre de la ligne médiane, en arrière des corps vertébraux et livrant passage aux nerfs rachidiens qui viennent de se former dns le canal rachidien, par la fusion des racines antérieure et postérieure. C'est l’inflammation de ces zones sensibles où les troncs nerveux peuvent être enserrés dans des conduits inextensibles que notre Maître Sicard, a le premier individualisée, sous le nom de névrodocites (x). À part les cas nombreux, où cette importante zone de passage, faite, de tissus osseux, fibreux, ligamentaire et d’articulations, propices à l'inflammation, est atteinte pour son propre compte il en est d’autres, fréquents aussi, où des affections vertébrales caractérisées, telles que le rhumatisme chronique, le mal de
J. Forestier 2
Pott, sans compter les accidents traumatiques, se développent vers le trou de cohjugaison.
Dans l’un et l’autre cas, la souffrance locale retentit par un certain nombre de signes cliniques que nous chercherons à individualiser.
C'est en 1914 que mon attention fut tout d'abord attirée par mon père (2) sur le trou de conjugaison sacro-vertébral entre la V°lombaire et le sacrum, où il voyait l'origine d’un certain nombre de névralgies sciatiques. Et c'est grâce à l'appui et aux conseils de notre Maître J.-A. Sicard que nous avons entrepris l’étude du trou de conjugaison vertébral.
Nous avons donc jeté les bases d’une vue d'ensemble sur la pathologie du trou de conjugaison. Nous avons assemblé sur chaque chapitre les indications bibliographiques qu'il a été possible de découvrir et porté l’eflort de nos recherches personnelles sur les points où nous avons eru primordial de le faire.
Sur un sujet aussi vaste nous ne pouvions prétendre à creuser chaque partie également, mais l'intérêt du trou de conjugaison étant reconnu au point de vue pathologique, ce sera l'annonce de recherches futures. 1%
Notre étude comportera donc une première partie d'étude anatomique normale, avec son corollaire l’embryologie.
Dans une deuxième partie, nous envisagerons successivement les lésions anatomiques et leur conséquences physiologiques. La troisième partie sera consacrée à l'exploration radiographique des trous de conjugaison et de l’espace épidural. La quatrième partie traitera de l'aspect clinique et du diagnostic des affections de la région en utilisant les observations recueillies pendant notre internat. Enfin dans une dernière partie nous envisagerons les différents procédés thérapeutiques tant médicaux que chirurgicaux mis à notre disposition. ;
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Dans cette étude, force nous sera en certains des points, d'étendre un peu nos recherches aux alentours du trou de conjugaison, car celui-ci, importante région physio-pathologique procède anatomiquement des diverses parties de la colonne vertébrale et du tissu ligamenteux qui l’entourent et se continue avec l’espace épidural sans aucun celoisonnement.
Nous nous limiterons à l'étude des véritables trous de conjugaison vertébraux, c'est-à-dire ceux qui sont en rapport avec un segment mobile de la colonne vertébrale depuis celui qui, étendu en une fente, se trouve entre la base de l’occipital et l’axis, et laisse passer le premier nerf cervical, jusqu'à celui qui sépare la Ve lombaire de la base du sacrum, et livre passage au cinquième nerf lombaire.
Afin d'apporter à nos descriptions clarté et précision, nous désignerons chaque trou de conjugaison par le nom et le numéro du nerf rachidien qui s’en échappe.
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