‹ Le Trou de Conjugaison vertébral et l'Espace epiduralChapitre 5 sur 61 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Embryologie

On sait que la colonne vertébrale dérive chez tous les vertébrés d’un premier organe, la corde dorsale non segmentée, qui, entourée un peu plus tard par une couche squelettogène, s'atrophie peu à peu, laissant place à une colonne vertébrale segmentée, d’abord membraneuse, puis cartilagineuse, enfin osseuse.

Pour les anciens auteurs (Remak, van Baer) les « segments primordiaux » qui manifestent chez l'embryon et chez les vertébrés les plus inférieurs, la métamérisation primitive,constitueraient l’'ébauche primordiale de la colonne vertébrale et formeraient autour de la corde les protovertèbres.

Mais comme on avait remarqué que la segmentation vertébrale à partir du stade cartilagineux ne correspondait pas à ces protovertèbres on en conceluait qu’il devait se produire une segmentation secondaire de la colonne dont la conséquence était la formation de vertèbres secondaires ou définitives.

Cette segmentation secondaire n’est plus admise aujourd'hui. De même, il est peu probable que l'on puisse invoquer avec Froriep, l’existence d’un déplacement secondaire des protovertèbres vers l'extrémité céphalique.

Bien plus simplement,avec V. Ebner, Hertwig,on èst conduit à penser que la segmentation de la colonne vertébrale n’est que secondaire,et n'apparaît qu’au stade cartilagineux :

La métamérisation primitive est représentée par les segments primordiaux, origine des myomères et séparés entre eux par des ligaments intermusculaires. Les fibres musculaires de chaque myomère sont insérés, d'une part à la face postérieure du ligament intermusculaire précédent, d'autre part à la face antérieure du ligament suivant. Au moment où la corde dorsale indivise s’atrophie pour faire face à la colonne segmentée, le tissu cartilagineux n’apparaît qu'à la hauteur des ligaments musculaires qui s'épaississent; dans l'intervalle la corde se transforme en disques intervertébraux.

Aissi, les corps vertébraux alternant avec les segments musculaires, chacun de ceux-ci s’insèrent, sur deux vertèbres comme il s’inséraient primilivement sur deux ligaments intermusculaires.

Cette disposition donne à la colonne ses qualités maitresses de résistance et de flexibilité.

Lorsque l’arc postérieur vertébral s'est développé et que le corps vertébral a poussé son bourgeon sur l’apophyse articulaire, le trou de conjugaison, trou intervertébral, ainsi formé, se trouve correspondre à l’ancienne fente protovertébrale, ouverte en dedans. Il w’est donc point étonnant que, correspondant au myomère primitif, il contienne à son centre comme principal organe, la branche nerveuse que le tube neural lui envoie, c’est à-dire le nerf rachidien.

Quant au dernier stade, celui de l'ossification, il commence chez l’homme (Hertwig) à la tin du deuxième mois de la vie intra-utérine ; le point d'ossification latéral de chaque vertèbre débutant au niveau de l’apophyse articulaire, le pédicule, qui le réunit au point médian, reste longtemps cartilagineux et n’est tout à fait ossifié que dans la deuxième année de la vie extra-utérine.

Ainsi parmi toutes les portions de la colonne verté-

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brale, la région du trou de conjugaison est une de celles qui semble le plus longtemps cartilagineuse et malléabie aux pressions extérieures.

Telles sont les notions admises dans les ouvrages classiques.

Recherches personnelles. — Nous avons examiné tant au Muséum d'Histoire naturelle qu’au Muséum d'Anthropologie 9 squelettes de fœtus de différents âges, de taille variant de 11 centimètres (fin du 3 mois) à 33 centimètres (7° mois) (1) ainsi que deux fœtus frais au 5° mois, et voici les remarques que nous avons faites concernant l’état des trous de conjugaison à la période de transition de la colonne cartilagineuse :

Dimensions. — La hauteur du trou de conjugaison est, chez le fœtus, bien plus considérable que chez l'adulte. Cela est dû à la grande épaisseur des cartilages intervertébraux alors que les corps vertébraux sont peu développés, et au fait que les pédicules qui le limitent en bas et en haut restent longtemps cartilagineux et peu élevés. Mais le diamètre antéro-postérieur du trou de conjugaison est luimême agrandi, le trou revêt done une forme réellement cir- culaire, ou même ovalaire à grand axe horizontal. Les trous cervicaux notamment chez le fœtus du 3° au 5° mois paraissent avoir uñe hauteur verticale nettement supérieure à la hauteur des corps vertébraux correspondants.

Axe. — Les trous de la région cervicale, situés sur les cotés et non en arrière des corps vertébraux regardent presque directement en avant, alors qu’à la région dorsale et lombaire, leur plan tend à devenir parallèle au plan sagittal.

L'orientation des trous cervicaux est particulièrement visible à la période fœtale, car l’apophyse costiforme de la

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