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une idée incomplète, imprécise à la vérité, de la morphologie du trou de conjugaison.
Pour étudier l’anatomie du trou de conjugaison osseux nous avons examiné à la Société d'Anthropologie, grâce à l'obligeance de M. le professeur Manouvrier, 60 squelettes adultes appartenant à diverses races.
Région cervicale. — 7roisième, quatrième, cinquième, sixième, septième, huitième trous cervicaux. — Nomenclature. — Le premier espace intervertébral étant situé audessus de l’atlas, première vertèbre cervicale, les trous portent donc le même numéro que la vertèbre sous-jacente. Le huitième fait seul exception à la règle et se trouve situé au-dessus de la première vertèbre dorsale.
Selon Poirier, le trou de conjugaison se trouve derrière la vertèbre sous-jacente, qui forme son bord antérieur. En arrière, c'est surtout la colonnette osseuse de l’apophyse articulaire de la vertèbre sous-jacente qui forme son bord postérieur. Le bord supérieur est relativement épais et se trouve prolongé en dehors par la face inférieure de l’apophyse transverse sus-jacente. Le bord inférieur, concave, se continue en dehors, dans la gouttière de l’apophyse sous-jacente. Le large trou transversaire, qui perce cette gouttière, la divise en deux portions : une antérieure où chemine l'artère vertébrale verticale; l’autre postérieure, pour le paquet vasculo-nerveux du trou de conjugaison qui la parcourt presque horizontalement.
Constatations personnelles. — Voici ce que nous avons observé :
La forme du trou de conjugaison revêt le plus souvent, l'aspect d'un bissac à grand axe oblique en bas et en arrière: la saillie qui étrangle le trou, à la partie moyenne étant constituée par J’apophyse semi-lunaire de la vertèbre
sous-jacente.
- Plus le trou est'haut situé sur la colonne cervicale (3°), plus la portion antéro-interne du trou est développée, car le pédicule de cette vertèbre s’attache plus près du bord supérieur que du bord inférieur du corps. Sur les vertèbres inférieures le pédicule tend à s’attacher de plus en plus bas, si bien que les septième et huitième trous n’ont que très rarément la forme en bissac, la partie supérieure s'étant progressivement aplatie, et le trou étant placé en majeure partie derrière la vertèbre sous-jacente.
Une mention particulière doit être faite pour le {roisième trou cervical, le premier trou véritable, puisque les deux premiers sont en réalité de larges fentes. Placé derrière l’axis, il est généralement arrondi et tous ses diamètres sont plus grands que ceux des autres trous cervicaux.
D'une manière générale, les trous cervicaux sont de dimensions nettement supérieures, dans les deux sexes, à ceux des autres régions rachidiennes. Cette disposition résulte de la faible hauteur des pédicules qui ne dépassent guère un demi-centimètre, et doit être rapprochée de la grande mobilité de ce segment rachidien.
Mais ce qui caractérise le trou cervical, encore mieux que sa forme c’est sa direction. À cause de l'étroitesse du corps vertébral, et de la position latérale des apophyses articulaires, les pédicules se dirigent non pas tant en arrière qu'en dehors, par suite le trou cervical est orienté presque directement en avant, et très peu en dehors. Cette direction se trouve masquée chez l'adulte :
1° Par la gouttière de l’apophyse transverse, qui au lieu de suivre la direction du trou de conjugaison tend à se diriger au dehors plutôt qu’en avant ;
2° Par le rebord antérieur de cette gouttière, très accentué dans sa partie interne, ou il s'attache à l’apophyse semilunaire du corps vertébral.
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