‹ Le troubadour Guilhem MontanhagolChapitre 1 sur 84 · IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE EDOUARD PRIVAT · texte numérisé non relu

IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE EDOUARD PRIVAT

CE petit livre sort de renseignement donné à la Sorbonne par M. Antoine Thomas^ & lui est dédié. C'est lui qui, en iSçS, voulant consacrer une de ses conférences de philologie romane à des exercices critiques, proposa à ses auditeurs Tétude des poésies de Guilhem Montanhagol : on devait préparer les matériaux d'une édition qui serait publiée en commun. Malheureusement, des trois membres de cette conférence deux, MM. Poux & Collinet, furent bientôt, par l'approche des examens, mis dans l'impossibilité d'y prendre une part active. Puis, M. Thomas lui-même, pris par d'autres travaux, dut renoncer à la collaboration &c me laissa le soin d'achever l'œuvre entreprise. Mais, s'il ne put s'en occuper comme il l'aurait voulu^ jamais il ne s'en est désintéressé. 11 m'a souvent dirigé, conseillé, corrigé, &, s'il n'a pas voulu que ce livre qui lui doit tant portât son nom, c'est pour son élève un devoir de l'inscrire en tête de ces pages

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comme un témoignage de reconnaissance Se d affection.

Le plan de cette édition est le suivant : on s'est efforcé d'établir le texte des poésies de Montanhagol, puis, autant qu'il était besoin, de les expliquer, enfin d'y relever tout ce qui pouvait intéresser soit l'histoire du tempsj soit celle de la langue & de la poésie provençales.

Nous avons collationné nous*même tous les manuscrits de Paris, Se nous avons pu obtenir les collations des manuscrits d'Italie', à l'exception de celles des trois pièces contenues dans le manuscrit de Modène {d)^. Une courte notice en tête de chaque pièce établit non un classement tout à fait rigoureux de ces manuscrits, mais les rapports que nous avons cru découvrir entre eux & qui nous ont guidé dans l'établissement du texte. Quant à l'orthographe, nous avons suivi, sauf quelques légères modifications^, celle de C qui contient presque tou-

1. En particulier, nous sommes reconnaissant à M. Pio Rajna, le savant professeur de Florence, d'avoir bien voulu, à la demande i^e M. Thomas, collalionner pour nous les pièces contenues dans le manuscrit J. — Pour le manuscrit /), nous avons utilisé la copie qu'en a laite Lacurne Sainte-Palaye &. qui est conservée à la Bibliothèque de TArsenal (n* 3 096).

2. On est d'accord pour reconnaître l'insignihance de ce manuscrit qui n'est qu'une copie de K; c'est ce qui nous a permis de le négliger. Cf. Groeber, Die Lledersammlungen der Trobadors, p. 472.

3. Par exemple, nous avons toujours représenté les sons / mouillée & n mouillée par la notation //r, nh. Nous avons écrit onor^ erba, &c., au lieu de honory herba, &c.; & au lieu de homSj hom, nous avons écrit la forme invariable om.

tes les pièces & qui, tant par sa date que par roilgine de son auteur, doit présenter un état de la langue assez voisin de celui qua connu Montanhagol •. Trois pièces seulement ne se trouvent pas dans C; nous avons, sans trop de rigueur, conformé leur orthographe à son système. On trouvera, du reste, jointes aux variantes de texte les vaiiantes purement graphiques les plus importantes. Nous n'avons pas cru devoir modifier pour la publication des pièces Tordre dans lequel les donne Bartsch ^ ; s'il y a quelque intérêt à les considérer

dans leur ordre chronologique, ou à comparer les pièces de même genre, 1 étude qui les précède y suffira. Au lieu de rejeter le commentaire à la fin du volume, il nous a paru préférable de joindre à chaque pièce les notes Se éclaircissements qui nous semblaient nécessaires. On trouvera peut être que nous avons péché par excès. Notre excuse est que nous avons tenu à expliquer entièrement le texte que nous venions d établir ou tout au moins à faire voir comment nous lentendions nous-même. Ceux qui savent combien il est difficile de lire les poésies des troubadours nous sauront gré davoir cherché à fixer le sens des poésies que nous publiions; c'est à eux que nous dédions les traductions que nous

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