Cf. la pièce V
ÉTUDE SUR GUILHEM MONTANHAGOL. 3l
nationale. Enfin, s'il retourna un jour en Espagne, si même nous ne savons qu'il en soit jamais revenu, c'est que peut-être, après la mort de son comte, le Toulousain, devenu Français, n'était plus une patrie pour Montanhagol. Toutes ces démarches, ces allées 8c venues, s'expliquent dans l'hypothèse de son origine toulousaine. La plupart des noms que nous avons relevés ou que nous relèverons dans son œuvre sont ceux de personnages qui ont eu des rapports avec le comte de Toulouse. Nous savons enfin qu'il avait épousé la sœur de Pons Santolh ', un autre troubadour qui, lui, était bien de Toulouse. Et si, sans doute, rien de tout cela ne nous prouve positivement l'origine toulousaine de Montanhagol, l'ensemble de ces faits fortifie singulièrement la tradition conservée par le manuscrit C, qui appelle parfois notre poète : Guilhem Montanhagol de Tholo'^a.
Bien des questions se posent encore. On voudrait savoir quelle était sa famille, quels rapports l'unissaient au comte de Toulouse, quel rôle il eut dans les événements de son temps. Malheureusement, ni dans ses poésies ni ailleurs nous n'avons de témoignage positif. Rienj en tout cas, ne vient confirmer la tradition que voudrait accréditer le
I. Cf. Appendice y II. — Ce Pons Santolh, dont le nom mal lu est parfois devenu Pons Saurelh ou de Saurel, ne nous est du reste connu que par la rubrique dont le manuscrit C fait précéder son planh sur la mort de Montanhagol. L'hypothèse de la Biographie Toulousaine (Paris, iSiS, tome II], qui en fait un des sept maintcneurs de la Gaie Science, ne repose sur aucun fondement.
biographe provençal, quand îl l'appelle un cavaliers de Provence &c paraît lui attribuer une naissance noble. Il semblerait, au contraire, qu'il fut de petite naissance. Dans une de ses chansons ', il blâme les dames qui ne veulent aimer que leurs égaux Se croiraient déchoir en agréant les hommages d'un soupirant de condition moindre. Il supplie sa dame de bannir de telles pensées : « Amour, lui dit-il, veut que vous aimiez, non selon le rang social, mais le plus fidèle, même s'il est de moindre noblesse^. » Il n'eût certes pas songé à attaquer la « ricor » des nobles dames, ni à désarmer celle de son amie, si comme tel troubadour, Folquet de Romans, par exemple, il eût été d'une bonne maison^. Notre supposition se trouve en partie confirmée par le fait qu'il épousa la sœur d'un de ses confrères en poésie qui, lui, assurément n'était pas noble. Il chantait dans ses vers les grandes Se nobles dames , maïs quand il voulut se marier, il épousa une femme de condition plus humble &, sans doute, plus rapprochée de la sienne.
Cenains voudraient cependant faire de Monlanhagol une sorte de grand personnage dont le comte de Toulouse aurait recherché les avis 8c qui aurait joué un rôle important dans les événements dont il parle. Si l'on en croyait Balaguer/*, Monta -