Op, cit. y pp
nhagol aurait été Tâme Se lorganisateur de la ligue de 1342 i tout ce qui arriva dans les années 1240- 1245 : divorce, projets de mariage de Raymond Vil, serait son œuvre. Il le fait conseiller du comte de Toulouse & invoque une charte d'Arles de 1240, dans laquelle Montanhagol figurerait avec ce titre. Malheureusement, il oublie de désigner plus exactengient ce texte, qu^il n'a sans doute jamais vu, 8c son affirmation n'est pas plus fondée que quand il nous dit que Montanhagol fut excommunié Se le comte lui-même pour avoir fait du poète son conseiller'. En réalité, le nom de Montanhagol ne figure dans aucune charte du temps, 8c tout ce que nous pouvons dire d'après la lecture de ses poésies, c'est qu'il s'intéressa vivement aux événements contemporains 8c qu'il les vit, sans doute, d'assez près. Mais sa seule qualité de troubadour, qui lui assurait une place dans l'entourage immédiat du comte de Toulouse, suffit à nous Texpliquer, sans qu'il soit besoin de faire de lui un conseiller 8c un politique de profession.
Telle est la biographie, très incomplète 8c rudimentaire de Montanhagol, que l'étude de son œuvre nous permet d'établir. Ce que nous savons de plus sûr, c'est qu'il s'appelait Guilhem Montanhagol , qu'il était de Toulouse, qu'il y épousa la sœur d'un autre troubadour, Pons Santolh, 8c qu'il vivait dans
I. M. Paul Meyer a déjà montré {Romania, X, p. 405) la confiance qu'il faut avoir dans les affirmations de Balaguer, en qui semble revivre un peu de Tesprit de Nostre-Dame.
le second tiers du treizième siècle. Nous savons encore qu'il était auprès de Jacques I", roi d'Aragon, au temps de la conquête de Valence, Se il semble bien qu'après i25o il alla vivre à la cour du roi de Castille. Mais la plus grande partie de sa vie s'écoula dans le Toulousain, auprès du comte Raymond VII, à la cause duquel il resta fidèlement attaché. Il vit la fin de l'ancienne maison de Toulouse Se de la nationalité méridionale. Il assista à l'établissement de la domination française Se du pouvoir religieux, sous l'oppression desquels la poésie provençale allait bientôt disparaître. Et c'est parce que nous allons trouver dans son œuvre la trace profonde de ces deux grands faits qu'elle conserve une véritable valeur.