IV, 37 sq., & XIÎ, 17 sq
leur s'élève par-dessus la plus hautes » Il connaît pourtant les défauts de son héros, il le sait faible de caractère*, il doit le mettre en garde contre les dangers qu'il ne voit pas^; Se cela fait honneur à sa clairvoyance, mais nebranle pas sa fidélité. Contre les Français qu'il exècre, il excite les Anglais, en leur montrant leurs possessions menacées^, il appelle le secours du roi d'Aragon, le vainqueur des Turcs, & qui aurait vite raison des vaincus des Croisades^. On dirait que plus le triomphe des Français est prochain, plus le poète s'obstine à espérer. En 1342, alors que la plupart des conjurés ont déjà fait leur paix avec le roi de France^, que les Anglais négocient & restent inactifs "7, que le roi d'Aragon ne sort pas de la neutralité^, Montanhagol espère en la vaillance de Raymond. En 1246, après le mariage de Béatrix, quand la Provence est déjà devenue française, il espère encore : Jacques I*"^ n'aurait qu'à s'allier à Raymond , à déclarer la guerre aux Français; leurs progrès seraient arrêtés & le Midi resterait libre 9. Cet espoir, Montanhagol n'était pas seul à l'avoir : il était celui de Raymond VII lui-même, qui, jusqu'à sa mort, avait cherché, soit par un mariage, soit par un coup de