‹ Le troubadour Guilhem MontanhagolChapitre 24 sur 84 · IV, I sq · texte numérisé non relu

IV, I sq

troubadours, que le premier devoir du riche est la libéralité'. S'il se plaint des clercs, cest pour leur reprocher ce que leur a reproché tout le moyen âge, leur feint détachement des biens temporels &c leur cupidité réelle^. Mais, pas plus chez Montanhagol que chez les autres troubadours, la présence de ces idées générales, de ces lieux communs, ne doit nous faire illusion. Ils ne servent que de supports à des idées, à des développements plus particuliers, Se c'est peut-être une gaucherie de les laisser ainsi subsister au premier plan; mais cela ne doit pas nous faire nier ni méconnaître la part d'actualité qu'ils nous masquent.

Nous avons déjà vu que deux des sirventes (III &c V) de Montanhagol se rapportent au grand fait historique qui, à quelques années d'intervalle, met les deux comtés de Toulouse & de Provence, toute la France méridionale, sous l'influence & sous la domination françaises. Les allusions qu'ils contiennent nous ont même paru assez précises pour nous permettre de les dater avec vraisemblance. Ce qui les caractérise, c'est l'attachement à Raymond VII, qui personnifie la patrie méridionale, c'est la haine des Français Se c'est enfin l'obstination à espérer un salut qui ne viendra pas. « Comte de Toulouse, dit le poète, plus j'examine les puissants, plus je vous vois au (aite de l'honneur, 8c je souhaite que Dieu m'accorde son amour, aussi vrai que votre noble va-

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