‹ Le troubadour Guilhem MontanhagolChapitre 38 sur 84 · Cf. XIH, 35 sq · texte numérisé non relu

Cf. XIH, 35 sq

ÉTUDE SUR GUILHEM MONTANHAGOL. Sj

£aiire encore après eux de belles chansons nouvelles & agréables'... Et mes chansons sont bien nouvelles puisque je dis ce qu'on n'a jamais dit*. Car Amour me donne ma science 8c m'inspire si bien que si la poésie n'était pas, je la créerais^. • Et, en effets dans la même pièce, nous trouvons, sinon les formules les plus caractéristiques de la nouvelle doctrine, du moins quelques-unes des idées qui s'y rattachent & sur lesquelles le poète est plusieurs fois revenu. Il semble donc revendiquer la gloire de l'invention. Ses prétentions étaient-elles fondées? A-t-il vraiment créé ce nouvel idéal de la vie courtoise, cette conception de l'amour? A-t-il fait luimême cette transformation de la matière lyrique? Tout ce que l'on peut dire, c'est que ni chez Sordfel ni ailleurs nous ne trouvons ces idées nouvelles aussi nettement, aussi complètement exprimées.

Mais cela seul, mieux que les mérites que nous lui avons reconnus, suffît à lui assurer parmi les troubadours une place considérable. Cette poésie provençale, qui doit bientôt succomber sous l'inimitié du clergé, semble d'abord s'être efforcée de désarmer son adversaire. Accusée d'immoralité & poursuivie comme complice de l'hérésie^ elle veut se conformer à l'orthodoxie 8c à la morale chrétiennes afin de conserver le droit de vivre. C'est une tentative intéressante & une des périodes les plus curieuses de l'histoire de la poésie provençale. Il

Page 1