SCENE II AZUCENA, LE TROUVÈKE
LE TUOUVÈRE, se levant.
Nous voilà seuls... Quelle est cette histoire terrible?
AZUCKNA.
Tu l'ignores aussi?
Oui... ta jeunesse à la gloire sensible,
N'eut pas d'autre souci.
De ton aïeule, hélas ! c'était l'histoire. 0 mon fils, pourras- tu me croire?
lin seigneur orgueilleux Taccusa faussement D'avoir osé sur un enfant Jeter un- sortilège î...
LE TROUVÈftE.
0 sacrilège!...
A/UCENA.
RÉCIT
C'est là qu'ils l'ont traînée^
En larmes, enchaînée,
Victime infortunée.
Aux flammes condamnée I
De loin par moi suivie,
A l'heure d'agonie,
Ma mère tant chérie
M'a vue et m'a bénie...
Une horde sauvage
Me ferme le passage ;
Et puis des cris de rage
L'accablent sous Toutrage...
A cette dernière heure,
tt Vengeance!... » a-t-elle dit..,
— Maudite que je meure
Si ma haine faiblit ! .. .
LE TROUVÉRK.
Et ta veng(îancc?
AZUCENA.
Un jour je prends le fils du comte...
Je remmène avec moi... Déjà la flamme monte...
LE TROIJYÈRE.
La flamme I... ô ciel!... un crime!...
iS LE TROUVÈRE.
AZUCENA.
Comme il pleurait!... Ppivre victime!...
Mon cœur brisé, palpitant.
S'attendrit un instant...
Soudain, scène effroyable!...
Un spectre lamentable ■*
A mes regards se lève...
ï) me poursuit sans trêve...
Oéiire... horrible rêve... Je vois l jffreux bûcher... Ma pauvre mère avance.
J'entends encor ce mot fatal: Vengeance! J'étends ma main tremblante... Aussitôt, dans le feu La victime lancée a satisfait mon vc?u... La vision se passe et disparaît rapide... La flamme seule brille, et le bûcher est vide...
Là... de mes yeux hagards
Se tournent les regards.
Que vois-je? ô ciel!...
Effroi suprême!...
AZUCENA.
C'était mon fils que moi j'avais brûlé moi-mêm*» l ! !
0 Terreur !
Jour de crime et de fureur!...
AZUCENA.
Ah! trop fatale erreur!...
Mes cheveux se dressent d'horreur!..
LE TBOUVfRK.
Je ne suis pas ton fils !... eh bien, qui suis-je?...
AZUCENA.
C'est toi, mon fils!
C'est toi, ma mère...
Oui, moi, te dis-je.
Quand je sens revenir
Ce fatal souvenir.
Mon esprit rêve encore une folle chimère. Ah! dis, îîe sais-tu pas tout mon amour de mère?
Oui, je vouscroi
AZUCKNÀ. -
C'est moi.