‹ Le trouvère = Il trovatoreChapitre 13 sur 213 · SCENE II AZUCENA, LE TROUVÈKE · texte numérisé non relu

SCENE II AZUCENA, LE TROUVÈKE

LE TUOUVÈRE, se levant.

Nous voilà seuls... Quelle est cette histoire terrible?

AZUCKNA.

Tu l'ignores aussi?

Oui... ta jeunesse à la gloire sensible,

N'eut pas d'autre souci.

De ton aïeule, hélas ! c'était l'histoire. 0 mon fils, pourras- tu me croire?

lin seigneur orgueilleux Taccusa faussement D'avoir osé sur un enfant Jeter un- sortilège î...

LE TROUVÈftE.

0 sacrilège!...

A/UCENA.

RÉCIT

C'est là qu'ils l'ont traînée^

En larmes, enchaînée,

Victime infortunée.

Aux flammes condamnée I

De loin par moi suivie,

A l'heure d'agonie,

Ma mère tant chérie

M'a vue et m'a bénie...

Une horde sauvage

Me ferme le passage ;

Et puis des cris de rage

L'accablent sous Toutrage...

A cette dernière heure,

tt Vengeance!... » a-t-elle dit..,

— Maudite que je meure

Si ma haine faiblit ! .. .

LE TROUVÉRK.

Et ta veng(îancc?

AZUCENA.

Un jour je prends le fils du comte...

Je remmène avec moi... Déjà la flamme monte...

LE TROIJYÈRE.

La flamme I... ô ciel!... un crime!...

iS LE TROUVÈRE.

AZUCENA.

Comme il pleurait!... Ppivre victime!...

Mon cœur brisé, palpitant.

S'attendrit un instant...

Soudain, scène effroyable!...

Un spectre lamentable ■*

A mes regards se lève...

ï) me poursuit sans trêve...

Oéiire... horrible rêve... Je vois l jffreux bûcher... Ma pauvre mère avance.

J'entends encor ce mot fatal: Vengeance! J'étends ma main tremblante... Aussitôt, dans le feu La victime lancée a satisfait mon vc?u... La vision se passe et disparaît rapide... La flamme seule brille, et le bûcher est vide...

Là... de mes yeux hagards

Se tournent les regards.

Que vois-je? ô ciel!...

Effroi suprême!...

AZUCENA.

C'était mon fils que moi j'avais brûlé moi-mêm*» l ! !

0 Terreur !

Jour de crime et de fureur!...

AZUCENA.

Ah! trop fatale erreur!...

Mes cheveux se dressent d'horreur!..

LE TBOUVfRK.

Je ne suis pas ton fils !... eh bien, qui suis-je?...

AZUCENA.

C'est toi, mon fils!

C'est toi, ma mère...

Oui, moi, te dis-je.

Quand je sens revenir

Ce fatal souvenir.

Mon esprit rêve encore une folle chimère. Ah! dis, îîe sais-tu pas tout mon amour de mère?

Oui, je vouscroi

AZUCKNÀ. -

C'est moi.

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