ACTE III, SCÈNE HJ. tlO
je t'assure, quand j'appris par l'intendant du prince que son maître avait un neveu...
Qu'il déshéritait pour vous... OUI c'est mal, ça, Mam* zelle..'.
Que veux-tu?... on avait noirci le jeune homme à ses yeux... D'ailleurs, il était dissipé, joueur, mauvaise tête... mais il était malheureux aussi... Alors^ je ipe fis un serment I...
CANDIDE
Un serment?...
FANCHONKETTE.
Je jurai de lui rendre tous ses biens... tout ce que je tenais de son oncle...
CANDIDE
Ah! voilà une bonne pensée!...
Oui, si tu crois que c'est facile , de se débarrasser comme ça d'une grande fortune!... Je fis écrire au jeune gentilhomme...
CANDIDE
Qui répondit que vous étiez un ange du bon Dieu?...
Qui refusa tout... et par la lettre la plus insultante.. Quand je pense à ses odieux soupçons, j*en pleure encore de honte et de douleur!...
120 LA FANGHONNETTE,
Et, vous ne pouviez pas le détromper, Fanchonnette?...
Non... car jamais le prince de Listenay n'aurait rien accepté de moi...
CANDIDE, vivement.
Le prince de Listenay?... C'est lui?
C'est lui!... et je ne savais plus comment tenir mon serment, lorsque je découvris qu'il avait une vieille parente!... une tante, qu'il n'a jamais vue, et qui est arrivée dans cet hôtel !...
CANDIDE-
Et c'est près d'elle que vous avez passé la nuit!... Oh ! pardon, Fanchonnette, pardon!... (Il tombe à genoux.)
Oui... mais il faut que je te dise encore...
BOISJOLY, au deliors.
Superbe!
GASTON, de même.
Admirable!...
C'est le prince!... il a laissé ses amis à table, pour aller à la rencontre de sa fiancée... Viens!... tu vas tout savoir... (Elle entraîne Candide et disparaît avec lui par la gauche.)
AGTE-UÏ, SCÈNE IV. 121